Le 2 mars 2026, l’Autorité des Jeux de Malte (MGA) a appelé les acteurs de l’industrie à s’engager dans une consultation à l’échelle de l’UE sur les directives de lutte contre le blanchiment d’argent. L’objectif est de veiller à ce que les changements soient «ancrés dans les réalités opérationnelles du secteur du jeu».
L’Autorité Européenne de Lutte contre le Blanchiment d’Argent (AMLA) mène actuellement des consultations pour mettre à jour trois projets de normes techniques réglementaires. Ces normes sont axées sur la diligence raisonnable envers les clients, l’identification des relations d’affaires, les transactions occasionnelles et liées, ainsi que la détermination de seuils inférieurs et le signalement des faiblesses matérielles.
La MGA a souligné que «un engagement précoce et significatif est essentiel, car des contributions bien informées peuvent aider à garantir que les normes techniques résultantes restent proportionnées, bien calibrées et réactives aux risques spécifiques au secteur». Dans le cadre de la transition vers une législation européenne plus unifiée et axée sur les risques, cette phase de consultation offre aux titulaires de licence une occasion précieuse de se familiariser avec les mesures proposées et de contribuer par des retours reflétant les réalités opérationnelles, tant dans le secteur des jeux en ligne que terrestre.
Fondée en 2024, l’AMLA supervise l’application de la directive AML de l’UE, renforçant ainsi la coordination centralisée entre les autorités à travers l’Union. Ce dernier cycle de consultations vise à affiner les normes techniques et à intégrer la perspective de secteurs non financiers, comme le gaming, qui n’avaient pas été consultés lors de l’examen précédent mené par l’Autorité Bancaire Européenne.
La consultation sur la diligence raisonnable doit se terminer le 9 mars, les deux autres prenant fin le 8 mai.
Le risque accru de blanchiment d’argent dans l’iGaming
L’industrie des jeux d’argent a depuis longtemps attiré l’attention des autorités en matière de blanchiment de capitaux, comme en témoigne les dernières directives émises par le gouvernement de l’île de Man. Cette juridiction, souvent comparée à Malte en raison de leur statut respectif de pôles de jeu en Europe, a récemment mené une évaluation nationale des risques (NRA).
L’évaluation a classé le secteur global du jeu et celui des jeux en ligne comme présentant un risque moyen-élevé de blanchiment d’argent. En revanche, le secteur des jeux terrestres a été classé comme moyen-faible en raison de sa taille plus réduite et de volumes de transactions moindres par rapport à l’iGaming.
Le NRA a cité plusieurs facteurs pour cette évaluation, notamment la propriété et le contrôle criminels des entreprises de jeu par des entreprises fictives, l’exploitation par des groupes criminels organisés, en particulier d’Asie de l’Est et du Sud-Est, ainsi que l’utilisation d’identités fausses ou volées par les criminels pour accéder aux services de jeu. Il a également mis en garde contre la menace croissante de l’intelligence artificielle, utilisée pour créer des deepfakes, obscurcir les identités et automatiser la fraude.
Concernant ces résultats, la Commission de Supervision des Jeux de l’île de Man (GSC) a exprimé sa reconnaissance envers les préoccupations légitimes des opérateurs agréés et des parties prenantes, dont beaucoup ont observé une incertitude croissante dans les marchés et les régimes réglementaires. Des efforts sont déjà en cours pour renforcer les contrôles, améliorer la surveillance et renforcer la coopération entre le gouvernement, les régulateurs et l’industrie. Ces conclusions contribueront à garantir que l’île de Man maintient un secteur des jeux résilient, responsable et internationalement reconnu, en adéquation avec notre stratégie plus large de lutte contre la criminalité financière.
Cependant, certains sceptiques dans l’industrie soulignent que les efforts de réglementation doivent se garder d’être trop intrusifs, risquant de freiner l’innovation et de nuire à la compétitivité. Un observateur du secteur a noté que, bien que la conformité aux normes AML soit essentielle, il est tout aussi important de ne pas étouffer la croissance économique par des réglementations excessives. La recherche d’un équilibre entre sécurité et agilité demeure un défi constant pour les autorités et les entreprises de jeu.
En conclusion, alors que l’UE avance vers une réglementation plus stricte et coordonnée du blanchiment d’argent, la participation active des parties prenantes de l’industrie est cruciale pour façonner un cadre législatif qui protège efficacement contre les risques financiers tout en soutenant l’innovation et la croissance dans le secteur des jeux d’argent. Les consultations en cours offrent une plateforme pour influencer ces discussions, garantissant que les réalités du marché sont prises en compte dans les normes futures.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
