Le Chili ordonne aux télécoms d’appliquer le blocage DNS des sites de jeux d’argent en ligne

Le 10 août, la Cour d’appel de Santiago a annoncé sa décision concernant l’application des ordonnances de blocage DNS et IP visant les entreprises de télécommunications chiliennes. Depuis 2025, les opérateurs télécoms du pays, tels que Claro, Entel, GTD, Telefónica, WOM et VTR, sont tenus d’interdire l’accès aux sites de jeux d’argent en ligne opérant sans autorisation légale ou administrative.

Cette obligation découle d’un arrêt de la Cour suprême du Chili daté de septembre 2025, qui a donné raison à la Lotería de Concepción dans sa lutte juridique contre les principaux fournisseurs d’accès à Internet chiliens. La loterie soutenait que les entreprises de télécommunications ne devraient pas faciliter la transmission ou la promotion de services de jeux d’argent en ligne non autorisés par la loi chilienne.

Cependant, l’application de ce jugement a été remise en question par les opérateurs télécoms, invoquant des difficultés techniques quant à la mise en œuvre des ordonnances de blocage sans affecter involontairement les sites ou services légitimes partageant la même infrastructure.

Pour résoudre ce conflit, la Cour d’appel a approuvé le blocage DNS comme moyen approprié pour faire respecter le jugement de la Cour suprême. Un processus en cinq étapes sera utilisé pour identifier, vérifier et bloquer les domaines associés aux plateformes de jeux d’argent non autorisées.

La Lotería de Concepción et la Polla Chilena de Beneficencia pourront signaler les domaines suspects, sous-domaines, redirections et sites miroirs à la Superintendencia de Casinos de Juego (SCJ). Celle-ci sera chargée de déterminer si les sites signalés sont des sites de paris ou de jeux d’argent en ligne non autorisés. Une fois vérifiées, ces informations seront transmises à la Subsecretaría de Telecomunicaciones (SUBTEL), qui fournira aux opérateurs télécoms la liste des domaines et sous-domaines à ajouter à leurs systèmes de blocage DNS.

Les opérateurs devront alors mettre en œuvre les restrictions dans le délai déterminé par la SUBTEL et rendre compte de leur conformité à la Cour d’appel de Santiago. Le mécanisme prévoit également un processus de révision continue pour identifier et restreindre les sites miroirs et les domaines alternatifs utilisés pour contourner les ordonnances de blocage existantes.

La décision a été saluée par Felipe Dalgalarrando, président de la Polla Chilena de Beneficencia, qui a déclaré que celle-ci offrait aux autorités et aux entreprises de télécommunications un processus simplifié pour appliquer l’arrêt de la Cour suprême. Dalgalarrando a insisté sur l’importance de mettre en œuvre le mécanisme rapidement afin de limiter l’accès aux plateformes de jeux non autorisées.

Toutefois, l’Agrupación Chilena de Plataformas de Apuestas en Línea (aPAL), qui représente les intérêts des paris en ligne au Chili, s’est montrée moins enthousiaste. aPAL a remis en question la portée de l’autorité de la Cour, soulignant que le conflit révélait le besoin pressant pour le Chili de légiférer sur la régulation des jeux d’argent en ligne plutôt que de s’en remettre aux litiges judiciaires. « En raison de la complexité de cette activité, le Chili doit avancer sur le projet de loi régulant les paris en ligne actuellement débattu au Sénat, avec des règles claires définissant les pouvoirs, responsabilités et conditions sous lesquelles cette activité est exercée », a souligné aPAL.

Le Sénat chilien devient donc le centre de l’attention, devant déterminer si le marché évoluera vers un cadre réglementé de licences ou s’il continuera à appliquer les lois existantes aux opérateurs offshore. Le jugement a réglé la question immédiate de l’application des ordonnances de blocage, mais la question plus vaste de la régulation des paris en ligne reste entre les mains du Congrès.

Pour les opérateurs internationaux visant le Chili, les conséquences deviennent de plus en plus claires. Un mécanisme permanent de blocage DNS fournira aux autorités un moyen reproductible de répondre aux nouveaux domaines et sites miroirs, évitant ainsi des actions judiciaires individuelles. Jusqu’à ce que le Congrès traite la question, l’application continuera de se faire sous les lois existantes, avec le SCJ et la SUBTEL disposant désormais d’un processus détaillé pour identifier et restreindre les sites non autorisés.

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