Le 17 février 2026, Victor Negrescu, vice-président du Parlement européen, a proposé l’instauration d’une taxe « unionisée » sur les opérateurs de jeux en ligne au sein de l’Union européenne. L’objectif de cette initiative est de financer des projets sociaux, éducatifs et de reconversion professionnelle.
Victor Negrescu, membre du Parti social-démocrate de Roumanie, joue un rôle essentiel dans l’élaboration du cadre budgétaire de l’UE. Lors d’une récente intervention à Bruxelles, il a plaidé pour l’examen d’une taxe sur les jeux en ligne à l’échelle de l’UE, dans le cadre de discussions plus larges sur la réforme budgétaire.
Il a souligné que « le marché des jeux d’argent en ligne est l’une des industries numériques à la croissance la plus rapide en Europe ». Générant des dizaines de milliards d’euros chaque année, ce secteur échappe en grande partie à une taxation équitable, les règles restant fragmentées au niveau européen.
Bien que le projet n’ait pas encore été détaillé, Negrescu propose que les recettes de cette contribution soient affectées à des initiatives éducatives approuvées par l’UE, telles que la reconversion professionnelle. En outre, il souhaite que le financement issu de ces taxes soit réservé à des programmes de prévention des addictions et de soutien à la santé mentale, renforçant ainsi les systèmes de santé des États membres.
Pour Negrescu, « si nous voulons une Union qui investit dans les gens et l’avenir, nous devons avoir le courage de repenser nos sources de financement ». Il insiste sur le besoin de ressources crédibles pour financer des priorités comme l’éducation, les compétences et la cohésion sociale. Selon des estimations présentées au Parlement, une simple taxe à l’échelle de l’UE pourrait rapporter entre 2 et 4 milliards d’euros par an, créant potentiellement jusqu’à 28 milliards d’euros de capacité fiscale supplémentaire sur le cycle budgétaire à long terme de l’UE.
Un des principaux arguments en faveur de cette proposition est l’harmonisation fiscale. Negrescu a souligné que les régimes fiscaux sur les jeux varient considérablement entre les États membres, allant de taux à un chiffre à plus de 40 % dans certaines juridictions. Cette disparité crée des distorsions et une concurrence fiscale déloyale entre les pays, déplore-t-il.
Cependant, il présente également la taxe commune comme un moyen de lutter contre le marché noir au sein du bloc. En contribuant à une taxe à l’échelle de l’UE, les opérateurs seraient certifiés pour les audiences européennes, aidant ainsi les autorités à distinguer les opérateurs conformes des plateformes illégales ciblant les consommateurs nationaux. Il a déclaré qu’une contribution harmonisée pourrait servir de base pour identifier les « bons acteurs » au niveau de l’UE, renforçant ainsi la surveillance et soutenant l’application coordonnée contre les opérateurs offshore ou non licenciés ciblant les consommateurs européens.
En 2025, la présidence polonaise du Conseil européen avait demandé aux présidents et aux exécutifs de l’UE de considérer de nouvelles directives pour lutter contre le jeu illégal et le marché noir considéré comme une menace économique pour l’UE. Negrescu, en réponse, défend son initiative tout en soulignant le respect de l’autonomie individuelle des États membres, qui pourront toujours définir leurs propres lois sur les jeux et leurs régimes fiscaux nationaux. La taxe proposée, indique-t-il, « viendrait en complément et non en remplacement des cadres nationaux sur le droit des jeux ».
La proposition de Negrescu a suscité l’attention dans le cadre des discussions budgétaires à Bruxelles. Cependant, il n’a pas encore fourni de calendrier formel pour la publication d’un projet législatif. Les propositions économiques et budgétaires du Parlement européen doivent passer par un examen législatif à plusieurs étapes avant toute autorisation. Pour les décisions législatives majeures après une « approbation initiale », l’adoption nécessite une majorité absolue des membres, soit au moins 376 votes sur 751 députés.
Pour l’instant, le projet de Negrescu s’inscrit dans un débat plus large sur le renforcement des « ressources propres » de l’UE, mais il souligne que la taxation des jeux en ligne et l’alignement réglementaire entrent de plus en plus dans les débats de politique fiscale de l’UE.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
