En avril 2026, le ministre des Finances de l’Ouganda, Matia Kasaija, a introduit la Loi sur les loteries et jeux (amendement) 2026 devant le parlement du pays. Cette législation, si elle est adoptée, alignerait le taux d’imposition des revenus bruts de jeux de paris sur celui des casinos à 30 %. Auparavant, les paris étaient taxés à 20 %, car considérés comme moins nuisibles que les jeux de casino suite à la Loi sur les loteries et jeux (amendement) 2023.
Si cette nouvelle structure est votée par le parlement, elle entrerait en vigueur le 1er juillet, positionnant l’Ouganda parmi les pays à la fiscalité la plus élevée dans la région en matière de jeu. Cette initiative est vue comme un moyen de capitaliser sur un marché des jeux en plein essor alors que les opérateurs et les politiciens cherchent à augmenter les recettes fiscales en accroissant la charge financière sur les joueurs.
Pour l’année fiscale 2026/27, de nouvelles propositions fiscales prévoient également un impôt à la source de 15 % sur les activités de paris et de jeux, appliqué sur les gains nets. Cet impôt existait auparavant mais avait été supprimé lors de modifications des structures fiscales du pays en 2023. Ce retour à la taxation des joueurs reflète des décisions similaires prises à travers l’Afrique, et survient même alors que la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) appelle à une harmonisation complète de la fiscalité dans la région.
En décembre dernier, le Zimbabwe a confirmé une augmentation de la taxe sur les gains des joueurs de 10 % à 25 %. Pendant ce temps, au Kenya, les joueurs sont taxés à 5 % lors du dépôt de fonds et à nouveau à 5 % lors du retrait de leurs comptes.
Ce renforcement de l’imposition est accueilli favorablement par les autorités ougandaises, qui ont vanté leur nouvelle approche de la régulation des jeux pour avoir boosté les recettes fiscales du secteur. Le Conseil national de régulation des loteries et jeux (NLGRB) d’Ouganda a révélé une augmentation presque huit fois supérieure des recettes non fiscales de l’industrie du jeu, passant de 1,14 milliards de shillings (232 945 £) au cours de l’exercice financier 2019/20 à 8,79 milliards de shillings (1,8 million £) en 2024/25.
Bernard Winyi, directeur exécutif par intérim du conseil des jeux ougandais, a salué la mise en œuvre d’un système national centralisé de surveillance électronique, affirmant qu’il a amélioré la visibilité des opérateurs et des activités dans l’industrie du jeu, en plus des barèmes de frais révisés.
Le marché des jeux en Ouganda a connu une forte croissance ces dernières années, reflétant des tendances plus larges à travers l’Afrique à la suite de l’adoption massive des mobiles et de la popularité croissante des jeux à distance parmi les jeunes. Le NLGRB a rapporté que la collecte annuelle de recettes est passée de 17,4 milliards de shillings (3,6 millions £) en 2015/16 à 323 milliards de shillings (66 millions £) en 2024/25, soulignant la tendance continue du marché vers une croissance significative.
Cependant, cette approche ne fait pas l’unanimité. Certains analystes craignent qu’une imposition plus lourde ne décourage les nouveaux entrants et réduise l’attractivité du marché pour les investisseurs potentiels. La question de savoir si cette stratégie sera durable à long terme reste en débat.
Certains observateurs soulignent également que l’harmonisation fiscale pourrait inspirer d’autres pays de la région à adopter des politiques similaires, mais ils avertissent que chaque pays devra évaluer attentivement l’impact potentiel sur ses propres marchés. « L’équilibre entre la maximisation des recettes fiscales et le maintien d’un secteur des jeux attractif et compétitif est délicat », note un expert du secteur.
Alors que l’Ouganda cherche à tirer parti de cette dynamique économique, il faudra surveiller de près comment ces changements affecteront à la fois l’industrie et les joueurs dans les années à venir. La question de savoir si ce modèle fiscal sera adopté plus largement en Afrique pourrait bien dépendre des résultats observés dans le pays.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
