Le 16 avril 2026, l’Autorité australienne des communications et des médias (ACMA) a pris des mesures décisives en bloquant 19 sites de jeux d’argent en ligne opérant sans licence sur le marché australien, incluant le site au nom évocateur, Mafia Casino. Cette décision fait partie d’une stratégie inflexible adoptée par les autorités australiennes pour contrer les opérateurs non autorisés.
Les sites récemment bloqués incluent Bass Bet, BetWhale, CasinOK, Cleobetra, Diva Spin, FatPirate, Free Spinz, Gransino, JackBit, Legiano, Mafia Casino, Magius, Monster Win, NewLucky, Nonbetstop.com, Slotexo, Talismania, Tiki Casino et Vegas Hero. L’ACMA a souligné que malgré une apparence légitime, ces services ne garantissent pas les protections essentielles pour les consommateurs, exposant les utilisateurs australiens à des risques financiers.
La lutte contre les sites illégaux présente un défi de taille pour les régulateurs, les opérateurs contournant souvent les restrictions par le biais de rebranding. Parallèlement, l’AMCA a émis un avertissement formel à l’opérateur de paris sportifs Chasebet après qu’une enquête a révélé que l’entreprise n’avait pas suffisamment promu Betstop – le programme d’auto-exclusion australien – dans certaines de ses communications marketing. Chasebet a toutefois rectifié cette non-conformité rapidement, la faute ayant été attribuée à une erreur logicielle.
Cette situation met en lumière l’ampleur du marché noir des jeux en Australie, alors que les politiciens continuent de débattre de nouvelles réformes concernant les lois sur la publicité des jeux d’argent. Depuis le renforcement de l’application des lois en 2017, l’AMCA a bloqué plus de 1 640 sites de jeux illégaux, tandis que 230 autres ont quitté le marché australien.
Le gouvernement travailliste, dirigé par le Premier ministre Anthony Albanese, a proposé de restreindre les publicités télévisées à trois par heure entre 6h et 20h30, ainsi que d’interdire les publicités autour des événements sportifs en direct et aux heures définies de dépôt et de ramassage scolaires. De plus, le gouvernement envisage un « triple verrou » sur les contenus de jeux distribués numériquement, exigeant que les plateformes de médias sociaux et les sites web demandent aux utilisateurs de se connecter, de confirmer leur majorité et de leur permettre de se désinscrire de la visualisation de contenus liés aux jeux d’argent.
Cependant, ces propositions ont été critiquées comme « inapplicables » par certains députés de l’opposition, qui remettent en question la faisabilité du triple verrou, notant que les adultes et les enfants partagent souvent des comptes sur des plateformes comme Spotify et YouTube. L’indépendante Kate Chaney a exprimé ses doutes : appeler cela un ‘triple verrou’ donne une impression de sécurité plus grande qu’elle ne l’est réellement – la plupart des familles partagent des comptes de streaming et, à moins que les parents ne prennent le temps de désactiver manuellement chaque option sur chaque plateforme, les publicités de jeux continueront d’être vues.
Un porte-parole d’Anika Wells, la ministre des Communications, a confirmé que des définitions spécifiques seront publiées pour éviter les failles avant la mise en œuvre de la législation.
Analyse d’iGaming Expert : Bien que la réforme des jeux d’argent en Australie soit vivement débattue depuis la publication du rapport Murphy en 2023, les désaccords entre les partis risquent de fragiliser le marché réglementé et d’encourager les opérateurs illégaux. Il est crucial pour la santé du secteur réglementé que le gouvernement travailliste trouve une solution qui assure une meilleure protection des joueurs tout en favorisant la croissance du marché pour les opérateurs agréés.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
