La proposition de taxe sur les jeux en ligne par l’UE suscite des critiques de l’EGBA

L’Association Européenne des Jeux et Paris (EGBA) a vivement critiqué une proposition visant à instaurer une taxe européenne sur les jeux en ligne qui viendrait s’ajouter aux taxes nationales en vigueur, qualifiant ce projet de « fondamentalement impraticable ». Cette taxe, selon l’EGBA, profiterait uniquement aux opérateurs illégaux, au détriment de la protection des consommateurs et des revenus fiscaux des États membres.

Le Comité du Budget du Parlement Européen a voté à 26 voix contre 9, avec cinq abstentions, en faveur du prochain budget pluriannuel de l’UE (Cadre Financier Pluriannuel) pour la période 2028-2034. Ce budget mentionne des sources potentielles de nouveaux revenus directs, y compris une taxe sur les jeux en ligne au niveau européen. Le cadre va maintenant passer à l’étape suivante, mais Maarten Haijer, Secrétaire Général de l’EGBA, appelle les législateurs à reconsidérer cette taxe en raison de son impact potentiel sur l’industrie.

Haijer a déclaré que le vote d’aujourd’hui est un appel conditionnel aux États membres pour explorer l’idée d’une taxe sur les jeux en ligne au niveau européen. Il ne s’agit ni d’une proposition ni d’une décision. Actuellement, le secteur du jeu n’est pas harmonisé au niveau de l’UE et il n’existe aucune base légale pour définir, administrer ou percevoir une telle taxe. Haijer a souligné qu’en mettant de côté ces obstacles juridiques, ajouter une taxe supplémentaire sur des opérateurs déjà imposés à des taux dépassant 50 % des recettes brutes des jeux dans certains États membres ne profiterait qu’aux opérateurs illégaux.

En février, Victor Negrescu, Vice-Président du Parlement Européen, a proposé une taxe unifiée sur les fournisseurs européens de jeux et paris en ligne lors d’une session plénière, affirmant qu’elle pourrait générer “2 à 4 milliards d’euros par an” de financement supplémentaire. La taxe nécessiterait l’accord unanime des 27 États membres au sein du Conseil de l’UE pour devenir une nouvelle source de revenus directs pour le budget de l’UE.

Le Parlement Européen devrait voter sur l’avis du Comité lors de sa session plénière fin avril, après quoi les négociations formelles sur le Cadre Financier Pluriannuel débuteront, avec une conclusion attendue d’ici la fin de 2026. Haijer a ajouté que, puisque les opérateurs illégaux ne paient pas de taxes, ils peuvent déjà offrir aux joueurs des produits et prix plus attractifs sans aucune des garanties de protection des consommateurs que fournissent les opérateurs agréés. Ajouter une taxe de l’UE aggraverait cette situation : en augmentant le marché noir, en nuisant à la protection des consommateurs européens et en réduisant les revenus fiscaux globaux des États membres.

Cependant, certains législateurs estiment qu’une taxe européenne sur les jeux en ligne pourrait uniformiser les conditions de concurrence et fournir un financement essentiel pour des initiatives paneuropéennes. Ils soutiennent que, bien que complexe, une telle taxe pourrait être structurée de manière à renforcer la réglementation tout en soutenant financièrement des projets transnationaux essentiels. La difficulté réside dans la conciliation des divers régimes fiscaux nationaux et des approches réglementaires pour instaurer une taxe qui soit à la fois juste et efficace.

D’autres voix au sein du Parlement soulignent qu’en l’absence d’une approche coordonnée, les États membres risquent de continuer à perdre des revenus importants à cause des opérateurs de jeux en ligne basés en dehors de l’UE. Si une telle taxe était mise en œuvre avec soin, elle pourrait potentiellement combler ces lacunes et garantir que les activités transfrontalières soient équitablement taxées.

Quelle que soit l’issue des négociations, ce débat souligne la complexité de la gestion du secteur des jeux en ligne au sein d’une UE composée de diverses juridictions, chacune avec ses propres priorités fiscales et réglementaires. Alors que l’industrie continue de croître et d’évoluer, la recherche d’un équilibre entre réglementation efficace, protection des consommateurs et maximisation des revenus fiscaux reste un défi permanent pour les législateurs européens.

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