Le 24 juin 2026, le directeur marketing de Casumo, Nikola Jellacic, a partagé ses réflexions avec iGaming Expert lors d’un entretien avant sa participation à un débat intitulé « Concevoir des Campagnes Lisibles par les Données » au SBC Summit de Lisbonne. Jellacic a souligné que le coût par acquisition (CPA) ne devrait pas être l’unique préoccupation des affiliés, comparant cette approche à « juger un premier rendez-vous par le prix du stationnement ». À la place, il suggère que les affiliés devraient se concentrer sur des mesures qui engendrent une véritable croissance sur le long terme.
Dans le secteur des jeux en ligne, trop d’entreprises se concentrent sur des analyses à court terme, se laissant séduire par des résultats immédiats sans considérer les stratégies durables. Les métriques instantanées comme les clics et les dépôts peuvent sembler attrayantes, mais elles ne fournissent qu’une vue partielle de la performance réelle. Selon Jellacic, se concentrer uniquement sur les données des dernières heures, c’est comme diriger un navire en ne regardant que l’écume qui se forme autour de la coque.
L’accent doit être mis sur des concepts fondamentaux comme la confiance de la marque et la reconnaissance directe, des éléments qui ne se manifestent pas immédiatement dans les chiffres mais qui sont cruciaux pour une croissance stable. Jellacic affirme que, bien que les données à court terme ne soient pas inutiles, elles doivent être équilibrées avec des objectifs à long terme. Il est essentiel de maintenir deux perspectives : l’une à court terme et l’autre à long terme, et de résister à la tentation de laisser les métriques rapides dicter toutes les décisions.
Il remet également en question la surévaluation de certaines mesures du secteur, notamment le CPA. Cette métrique, bien qu’importante pour attirer des clients, ne dit rien sur la fidélité de ces clients. Pour une vision stratégique, il conseille de prêter attention à la marge de contribution par cohorte sur une période de six à douze mois. En appliquant cette mesure, des canaux qui semblaient auparavant prometteurs pourraient se révéler comme des gouffres financiers.
Dans un contexte où les directeurs marketing doivent jongler entre des métriques à court terme et la construction de marques distinctives, Jellacic propose de protéger une partie du budget pour des initiatives de marque à long terme. Il suggère de ne pas imposer des objectifs de retour sur investissement immédiat à ces dépenses, car la valeur de la marque se mesure différemment, par exemple par l’augmentation des recherches de marque ou du trafic direct.
Avec l’introduction de l’intelligence artificielle (IA) dans le marketing, la capacité à mesurer l’impact des promotions a évolué. L’IA permet désormais une analyse causale plus précise, distinguant entre les clients attirés par une promotion et ceux qui auraient de toute façon effectué un dépôt. Cela représente un avantage significatif dans une industrie où les dépenses inutiles peuvent être coûteuses. Toutefois, l’IA peut aussi donner des réponses trompeuses si elle est mal utilisée, ce qui nécessite une vigilance constante de la part des spécialistes du marketing.
Jellacic souligne également l’importance de filtrer les informations générées par l’IA. Chaque insight doit être passé au crible : est-il réellement actionnable ? Est-il basé sur une causalité ou une simple corrélation ? Et surtout, tient-il la route lors de tests pratiques ? La capacité à différencier le signal du bruit est vitale pour éviter de prendre des décisions basées sur des informations erronées.
Pour améliorer la collaboration entre les équipes créatives et celles axées sur la performance, Jellacic recommande de les unir autour d’un objectif commun, avec des résultats partagés. Cette approche permettrait aux créatifs de comprendre quels éléments engendrent une valeur pérenne, et aux équipes de performance d’articuler clairement les besoins en nouvelles idées et angles d’attaque.
Alors que le marketing devient de plus en plus dépendant de l’IA, il y a un risque de perdre l’originalité en adoptant des outils et des données identiques à ceux de la concurrence. Dans un marché saturé, se fondre dans la masse n’est pas une stratégie viable. Il suggère d’utiliser l’IA pour les tâches répétitives et d’évaluation, tout en laissant les aspects créatifs et différenciants aux humains.
Jellacic se montre enthousiaste quant à la tenue du SBC Summit à Lisbonne du 29 septembre au 1er octobre 2026. Il considère ces événements comme des occasions cruciales pour que l’industrie se rassemble et partage des idées dans un environnement informel et propice à l’apprentissage. Dans un contexte de régulations changeantes et d’attentes croissantes des joueurs, ces échanges sont essentiels pour naviguer dans les incertitudes du marché.
Le SBC Summit réunira 40 000 participants pour trois jours de sessions d’apprentissage, de réseautage et de discussions, tout en présentant une exposition majeure avec des marques leaders à travers le monde. Ces rassemblements offrent une occasion précieuse de calibrer les stratégies et de comprendre si les défis actuels sont partagés ou uniques, une distinction qui vaut souvent bien plus que toute présentation officielle.

Bernard Leroy est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos virtuels. Il a débuté sa carrière il y a + de 10 ans en écrivant des articles sur les stratégies de poker et de blackjack e ligne pour différents sites web spécialisés.
