Le 26 juin 2026, le Sénat dominicain a donné son approbation à la première lecture du projet de loi visant à réguler les jeux de hasard, y compris les loteries, dans le pays.
Cette nouvelle mesure législative représente une avancée majeure pour la régulation du secteur du jeu en République dominicaine. Elle vise à établir des règles pour l’autorisation, la supervision et la surveillance des individus et entités légales impliqués dans le développement, l’exploitation ou la commercialisation de toute activité de jeu ou de pari sur le territoire national. Présenté par le sénateur Guillermo Lama, le rapport du comité a été soumis à l’examen du Sénat, demandant son inclusion dans l’agenda de la session en cours.
Derrière ce projet de loi, on retrouve le vice-président du Sénat Pedro Catrain et le sénateur Félix Ramón Bautista Rosario. Leur proposition unifiée repose sur la version de Catrain, dans le but de structurer un cadre législatif solide pour le secteur. Le projet souligne une expansion significative du secteur des jeux en République dominicaine au cours des dernières années, touchant les casinos, les boutiques de paris sportifs, les loteries et les plateformes de paris en ligne.
Les données officielles de la Direction des Casinos et Jeux de Hasard du Ministère des Finances révèlent la présence de plus de 71 000 points de vente de loteries et de paris sportifs enregistrés à travers le pays. Ce chiffre témoigne du dynamisme du secteur et met en évidence la nécessité de renforcer la régulation et la supervision gouvernementales.
Le cadre législatif proposé prévoit de protéger les mineurs contre les paris en ligne en introduisant des systèmes rigoureux de vérification d’identité, des règles strictes en matière de publicité et des exigences spécifiques concernant les produits et événements de paris.
Réforme Fiscale : Impact sur l’Industrie du Jeu et de la Loterie
Parallèlement, l’avocate Yamile Gutiérrez a examiné les implications de la Loi 30-26 récemment approuvée, portant sur les Mesures de Croissance Économique, la Simplification Fiscale et l’Atténuation de la Crise Internationale. Elle a mis en avant la nécessité de trouver un équilibre entre les objectifs de recettes fiscales et la durabilité et compétitivité des opérateurs agréés du secteur.
Gutiérrez a expliqué que cette nouvelle législation marque un tournant pour une industrie déjà largement régulée, étroitement surveillée et qui contribue de manière significative à l’économie dominicaine. Cependant, elle a souligné que les opérateurs agréés devront évaluer avec soin l’impact des nouvelles dispositions sur leurs structures financières et opérationnelles. « La réforme a été approuvée, et la priorité maintenant est de s’assurer que sa mise en œuvre renforce l’économie sans compromettre la compétitivité des entreprises qui se conforment à la loi », a-t-elle commenté.
Elle a insisté sur le fait que l’un des principaux défis du secteur reste l’existence d’opérateurs illégaux qui exercent leurs activités sans licence, sans surveillance gouvernementale et sans respecter les obligations fiscales et réglementaires imposées aux entreprises légalement établies. « Les opérateurs illégaux ne paient pas d’impôts, n’appliquent pas de programmes de lutte contre le blanchiment d’argent, ne protègent pas les consommateurs et n’appliquent pas de mesures de jeu responsable. Ainsi, toute tentative d’augmenter les recettes fiscales doit être accompagnée d’actions décisives pour lutter contre les opérations illégales », a-t-elle conclu.
Cependant, certains critiques estiment que cette régulation accrue pourrait freiner l’innovation dans l’industrie. Ils soutiennent que le fardeau administratif et fiscal croissant pourrait décourager les nouveaux entrants et pousser certains acteurs existants vers des marchés moins régulés. Mais pour d’autres, ces mesures sont essentielles pour garantir la transparence et la confiance des consommateurs.
Alors que le projet de loi continue de progresser dans le processus législatif, il reste à voir comment ces nouvelles régulations influenceront le paysage du jeu en République dominicaine et si elles parviendront à équilibrer efficacement les intérêts de la croissance économique, de la protection des consommateurs et de la lutte contre les activités illicites.
