En août 2026, l’Association des Bookmakers Sud-Africains (SABA) a vigoureusement dénoncé la prolifération des marchés de prédiction dans le pays, soulignant leur statut d’offres non licenciées posant un défi unique à l’industrie du jeu. La SABA a récemment appelé à l’interdiction de ce secteur après avoir constaté l’ampleur de l’engagement des Sud-Africains dans ces marchés.
L’un des principaux problèmes soulevés par Sean Coleman, Directeur Général de la SABA, est que les opérateurs de marchés de prédiction se présentent comme de simples facilitateurs de transactions entre participants, plutôt que comme parties prenantes du pari. Selon lui, cela crée un vide réglementaire. Ces produits, bien qu’ils soient décrits ou commercialisés autrement, sont en substance des produits de pari de type bourse. Actuellement, en Afrique du Sud, aucun cadre législatif spécifique n’autorise ou ne régule explicitement les marchés de prédiction. Les opérateurs offshore qui proposent ces produits aux Sud-Africains posent des défis juridiques et de mise en application importants.
Coleman a également indiqué que des sanctions réglementaires pourraient être envisagées pour les plateformes facilitant ces événements de marché illégaux. Les activités de jeu illégales impliquant des consommateurs sud-africains pourraient entraîner des conséquences légales en vertu de la législation actuelle sur les jeux de hasard. Toutefois, la difficulté pratique réside dans l’application des lois contre des entités offshore n’ayant aucune présence physique, obligation de licence ou surveillance réglementaire en Afrique du Sud.
Nkopane Tshehla, Directeur Général de Larocure Advisory et conseiller stratégique à l’Eastern Cape Gambling Board, a souligné que les activités des marchés de prédiction sont considérées comme une infraction punissable dans tout le continent. Lors de la Conférence de Jeu d’Enugu 2026, Tshehla a expliqué que la loi nationale sur les jeux de hasard de 2004 prévoit déjà plusieurs dispositions importantes pertinentes à ce débat. Il a précisé que le principe général établi par la section 8 de la loi est qu’aucune personne ne peut s’engager dans une activité de jeu à moins d’être licenciée ou autorisée par la loi. La section 11 va plus loin en stipulant qu’aucune personne ne peut participer à un jeu interactif à moins d’être autorisée en vertu de la loi ou d’une autre loi nationale.
La question de savoir si une plateforme de marché de prédiction facilite un pari sur des événements futurs incertains pour un gain financier peut amener les régulateurs à conclure que la plateforme propose une activité de jeu non autorisée. Si une telle conduite est constatée comme contredisant la loi nationale sur les jeux, des sanctions pénales peuvent en découler. Cependant, Tshehla note que les marchés de prédiction posent une question légale importante car la législation existante n’a pas été conçue en tenant compte de ces produits numériques pair-à-pair.
Selon certains rapports, plus de R700,000 (environ 41,750 dollars) ont été misés par des Sud-Africains sur l’identité du prochain maire de Johannesburg via la plateforme populaire Polymarket. Tshehla a nuancé ces affirmations, indiquant qu’il serait prudent de ne pas affirmer que les marchés de prédiction sont répandus, car il n’existe pas de preuves publiquement vérifiées de leur prévalence. Ces plateformes numériques dépassent les frontières provinciales, posant des défis aux régulateurs provinciaux qui traditionnellement supervisent les activités de jeu licenciées.
D’un autre côté, Coleman avertit que les consommateurs eux-mêmes courent des risques significatifs en participant à ces marchés. Indépendamment de la revendication de la plateforme d’agir seulement comme facilitateur, les participants misent de l’argent sur des événements futurs incertains pour un gain financier, sans bénéficier des protections offertes par les lois de protection des consommateurs sud-africains, des mesures de jeu responsable, des mécanismes de résolution des litiges ou de la surveillance réglementaire locale.
Nkopane souligne que les marchés de prédiction peuvent avoir des applications légitimes dans la prévision économique et la recherche lorsqu’ils sont correctement réglementés. Le problème survient lorsqu’ils deviennent des produits de jeu non licenciés opérant en dehors des sauvegardes réglementaires établies. Les régulateurs doivent examiner la substance du produit au-delà de son étiquetage pour éviter l’arbitrage réglementaire.
La loi nationale sur les jeux de hasard incarne un principe de politique publique important : le jeu ne doit se dérouler que dans un environnement réglementé qui protège les consommateurs, promeut le jeu responsable, prévient le blanchiment d’argent, sauvegarde l’intégrité sportive et démocratique et génère des recettes fiscales appropriées. Les marchés de prédiction devraient être évalués par rapport à ces objectifs plutôt que par rapport à la terminologie choisie par leurs opérateurs.
En fin de compte, les consommateurs devraient se poser une question simple : si une plateforme n’est pas licenciée, réglementée ou responsable en Afrique du Sud, qui protège le joueur lorsque les choses tournent mal ? C’est précisément la question de politique publique que les marchés de prédiction ont maintenant mise en lumière.

Bernard Leroy est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos virtuels. Il a débuté sa carrière il y a + de 10 ans en écrivant des articles sur les stratégies de poker et de blackjack e ligne pour différents sites web spécialisés.
