Le 31 juillet 2026, le procureur général de New York a intenté une action en justice contre Kalshi, accusant la plateforme de marché de prédiction de violer la loi en proposant des paris non réglementés sous couvert de contrats d’événements. Cette action souligne les tensions croissantes entre l’État de New York et le secteur des marchés de prédiction. La gouverneure Kathy Hochul a clairement mis en garde Kalshi : acheter une exemption légale n’est pas envisageable dans l’Empire State.
Kalshi avait proposé de verser une taxe de 6 % sur les traders de marchés de prédiction, espérant ainsi générer 10 milliards de dollars en cinq ans pour l’État. Cependant, Hochul a riposté sur les médias sociaux, affirmant que même une promesse de 100 % des revenus n’achèterait pas un passe-droit. « Si un bookmaker illégal propose à l’État une part de ses profits, nous le fermerons quand même », a-t-elle déclaré.
La poursuite de New York vise à interdire Kalshi et à forcer la société à abandonner tous ses gains, qui pourraient dépasser 36 milliards de dollars. Les marchés de prédiction, estimés à plus de 3 milliards de dollars de revenus annuels, sont devenus un sujet central dans le paysage du jeu au cours des 12 derniers mois.
Face à cette pression, des géants nord-américains comme FanDuel et DraftKings ont intégré des offres de marchés de prédiction pour atteindre des joueurs dans des marchés où les paris sportifs en ligne sont interdits. Ces entreprises, avec Kalshi, soutiennent qu’elles peuvent offrir des contrats sur des événements sportifs malgré les lois sur les paris sportifs, car elles sont réglementées au niveau fédéral par la Commodity Futures Trading Commission (CFTC).
Cependant, les détracteurs affirment que ces plateformes facilitent des paris sportifs illégaux, y compris pour des joueurs de moins de 21 ans, le minimum d’âge requis par la CFTC étant de 18 ans. Cela a conduit à des défis juridiques similaires dans d’autres États américains, tels que l’Ohio, le Massachusetts et le Michigan.
Réagissant à la poursuite, le fondateur de Kalshi, Tarek Mansour, a soutenu que l’opposition à son entreprise est liée à son rôle de « perturbateur » de l’industrie traditionnelle des paris sportifs. Il a comparé les défis légaux rencontrés par Kalshi à ceux auxquels Uber et Airbnb ont fait face avant de devenir des acteurs majeurs du marché. « Le secteur des marchés de prédiction est en pleine croissance, adopté par les consommateurs, et menace une industrie traditionnelle qui n’est pas contente de cela », a-t-il noté.
Michael Selig, président de la CFTC, avait déjà qualifié ces actions judiciaires de « motivées politiquement ». La CFTC avait tenté de stopper la poursuite de New York par une action en justice, mais celle-ci a été rejetée par un tribunal fédéral de New York.
Cette confrontation légale entre Kalshi et New York est complexe et pourrait s’éterniser, mais elle donne le ton pour d’autres batailles juridiques à venir dans le secteur des marchés de prédiction aux États-Unis.
En parallèle, New York a également poursuivi les sociétés de cryptomonnaies Coinbase et Gemini Titan pour leur expansion dans le domaine des paris en ligne, soulignant la détermination de l’État à réguler strictement ce marché émergent.
D’un autre côté, certains experts estiment que la régulation stricte pourrait freiner l’innovation et limiter les options disponibles pour les consommateurs. Ils suggèrent que les marchés de prédiction pourraient offrir une alternative légitime et réglementée aux paris sportifs traditionnels, tout en stimulant l’économie grâce à de nouvelles recettes fiscales.
La question clé est de savoir si les législateurs américains parviendront à un compromis qui protège à la fois les consommateurs et encourage l’innovation dans un secteur en rapide évolution. La bataille entre Kalshi et l’État de New York pourrait bien être le prélude à des discussions plus larges sur l’avenir des marchés de prédiction aux États-Unis.
