Madagascar a initié une refonte de son cadre réglementaire en matière de jeux de hasard après que le Parlement a présenté le projet de loi n° 019/2026. Ce projet de loi propose une surveillance accrue des licences de jeu, la mise en place de stratégies crédibles pour la protection des joueurs et des exigences strictes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.
Depuis sa légalisation en 1971, le secteur du jeu à Madagascar opérait principalement dans une zone grise, sous l’administration du Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation. Ce n’est qu’en 2022 que le pays a modernisé ses opérations en délivrant des licences aux casinos terrestres pour offrir des jeux électroniques. Avec ce nouveau projet de loi, les opérateurs licenciés seront intégrés dans un système de surveillance plus étendu. Des mesures plus sévères seront instaurées pour créer un écosystème de jeu numérique plus conforme.
Les contrevenants aux nouvelles règles risquent jusqu’à cinq ans de prison, tandis que les amendes pourraient atteindre entre 10 à 50 millions d’ariary dans les cas les plus graves. La loi fixera également l’âge minimum pour jouer à 21 ans, et tous les opérateurs seront tenus de mettre en place des mécanismes de jeu responsable, tels que des portails d’auto-exclusion, des modèles de vérification de l’âge et des limites de dépôt et de mise.
En attente du consentement présidentiel, cette démarche représente une avancée significative pour le pays vers le renforcement d’une industrie qui a largement dépassé ses méthodologies de surveillance initiales. Un responsable anonyme a confié que cette réforme pourrait enfin aligner Madagascar avec les normes internationales, rendant le secteur plus attractif pour les investisseurs étrangers.
Ces réformes interviennent alors que plusieurs pays africains, ces derniers mois, ont entrepris de moderniser leurs cadres juridiques pour s’adapter à l’expansion de l’industrie dans la région. Des marchés plus avancés tels que le Nigeria, le Ghana, le Kenya et l’Afrique du Sud ont déjà fait des progrès considérables. Cependant, les régions qui opéraient auparavant dans une zone grise, notamment pour les opérations en ligne, ont commencé à adopter des régulations concrètes pour éviter des pertes de revenus.
H2 Gambling Capital prévoit que si les marchés de paris sportifs non réglementés et d’iGaming à travers l’Afrique ne sont pas contrôlés, cela pourrait entraîner une fuite de revenus de plus de 11 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années. Dans cette lignée, le Zimbabwe a récemment cherché à moderniser son système réglementaire via la Loi sur les loteries et les jeux, tandis que le Mozambique a ouvert une nouvelle ère de réglementation de l’iGaming en encadrant spécifiquement les activités de jeu électronique.
Le Rwanda prend également des mesures plus fermes depuis la réorganisation de son secteur, tandis que l’Angola traverse un régime de transition dicté par les régulations de la Loi sur l’activité des jeux.
Certains observateurs estiment que la réforme de Madagascar est une chance de réduire le jeu illégal et de mieux protéger les joueurs vulnérables. D’autres, cependant, expriment des préoccupations quant à l’impact de régulations plus strictes sur les petites entreprises locales, redoutant qu’elles soient incapables de se conformer aux nouvelles exigences. Une voix sceptique dans le secteur a murmuré que des règles excessivement rigides pourraient asphyxier l’innovation et éloigner les opérateurs potentiels.
Dans l’ensemble, la réforme à Madagascar, bien que coûteuse à court terme pour les opérateurs, semble être un pas nécessaire pour garantir un environnement de jeu plus sécurisé et régulé, conforme aux tendances mondiales et protecteur des intérêts économiques du pays.
