En août 2026, le secteur iGaming en Finlande a accueilli avec soulagement la décision de la Cour suprême administrative qui a mis fin à un projet de taxation controversé. Selon le magazine financier nordique Taloustaito, la Cour a annulé une tentative de la direction fiscale finlandaise d’imposer une taxe sur les jeux de machines à sous en ligne opérés en dehors de l’Espace économique européen (EEE) selon un modèle de taxation par tour.
La décision de la Cour, adoptée à une majorité de 3 contre 2, a été saluée par Miika Härkönen, avocat fiscaliste à l’Association des contribuables finlandais. Il a souligné que l’importance majeure de cette décision résidait dans le rejet par la Cour de l’interprétation de l’administration fiscale selon laquelle chaque jeu devait être traité comme un événement entièrement distinct.
Cependant, Härkönen a averti qu’il restait des zones d’ombre concernant ce qui constitue une session de jeu unique ou la durée nécessaire entre les mises pour considérer qu’une nouvelle session commence. À son avis, une session de jeu s’étendrait sur des jeux ayant une connexion temporelle et fonctionnelle claire, et pourrait inclure des pauses, comme aller manger ou utiliser la salle de bains.
Antti Koivula, directeur de la conformité chez Hippos ATG, a mis en avant que, selon la Cour, c’est chaque session de jeu qui doit déterminer le montant fiscal à payer. Dans un message sur LinkedIn, il a précisé que bien que la Cour ait freiné l’approche fiscale par tour, les pertes d’une session ne pourraient pas être compensées par les gains d’une autre, ce qui pourrait toujours entraîner une imposition significative pour les joueurs de machines à sous.
En parallèle, la législation finlandaise pourrait subir d’autres révisions, notamment en matière de marketing d’affiliation, de paiements en crypto-monnaies et de restrictions de bonus. Jari Vähänen, co-fondateur et partenaire de The Finnish Gambling Consultants, s’attend à des modifications, bien qu’elles ne soient pas immédiates. Il a fait part de sa certitude qu’une seconde phase législative était inévitable, mais que le processus serait long, la prochaine législation potentielle étant attendue avant la fin du prochain mandat gouvernemental en 2031.
Vähänen a expliqué que le contenu de ces changements dépendrait du taux de canalisation et du nombre de problèmes liés aux jeux. Si le taux de canalisation reste faible et que le nombre de problèmes n’augmente pas, il prévoit des assouplissements, notamment pour les affiliés et potentiellement pour les bonus de bienvenue. En revanche, une augmentation des problèmes de jeu pourrait entraîner des restrictions plus sévères.
Les premières licences de jeu finlandaises pour opérateurs commerciaux sont prévues pour entrer en vigueur le 1er juillet 2027. En juin, le Bureau national de la police de Finlande, Poliisi, a indiqué avoir reçu 50 demandes de licence, chacune soumise à des frais de traitement de 29 000 €. Le traitement des demandes devrait prendre environ six mois, mais le processus étant continu, il n’y a pas de date limite pour la soumission.
Cette décision marque un tournant pour l’industrie iGaming finlandaise, offrant une opportunité de croissance sous une réglementation plus cohérente et potentiellement plus avantageuse pour toutes les parties concernées. Cependant, les acteurs du marché restent vigilants quant aux futures évolutions législatives, conscientes que l’équilibre entre régulation et flexibilité est crucial pour le succès durable du secteur.
