Le système judiciaire kenyan a pris des mesures décisives pour suspendre l’augmentation des frais de licence de jeu, un mouvement qui a suscité de nombreux débats. Cette décision permet aux entreprises déjà en activité ainsi qu’aux nouveaux entrants de poursuivre le processus de licence sans avoir à s’acquitter des nouveaux frais controversés. Cynthia Seeyian, avocate à la Haute Cour du Kenya, a précisé que, bien que les nouvelles exigences en matière de capital et de frais de licence restent suspendues, les autres réglementations continuent de s’appliquer.
L’augmentation potentielle des frais de licence au Kenya a reçu de vives critiques, certains experts du secteur soulignant que les législateurs de la GRA (Gaming Regulatory Authority) ont peut-être surestimé le marché. Kristof Szucs, consultant en igaming, a exprimé ses réserves, suggérant que les frais annoncés pourraient être une erreur, espérant que quelqu’un a appuyé sur le bouton d’arrêt d’urgence.
Les opérateurs existants s’attendaient à ce que toute transition vers un nouveau régime de licence se fasse de manière raisonnable et proportionnée. Cependant, les plaignants affirment que les nouvelles réglementations, susceptibles de paralyser l’industrie, ont été adoptées sans consultation publique, ce qui pourrait éliminer la plupart des opérateurs incapables de supporter de tels coûts.
En pratique, et en attendant des directives supplémentaires de la GRA, les nouveaux candidats devront se conformer aux exigences de capital et aux frais applicables sous l’ancien régime BCLB. Sous ce régime, les frais de demande pour les bookmakers en ligne étaient d’environ 10 000 KSh (77 $), comparé aux 5 millions KSh (38 766 $) exigés actuellement. Pour le renouvellement des licences de paris et de pools, les frais étaient de 5 000 KSh (38 $), maintenant portés à 2,5 millions KSh (19 383 $).
Pour éviter que l’ordre de suspension du tribunal n’affecte l’autorité du directeur général Peter Karimi et la capacité de la GRA à traiter les demandes, le juge Musyoka a permis que la direction actuelle reste en vigueur à titre intérimaire. Cette décision intervient après que Karimi a exprimé son inquiétude face à l’impact que l’ordre global du 7 août 2026 pourrait avoir sur le traitement des licences.
Le juge Musyoka a déclaré qu’il était crucial de maintenir un gouvernement efficace et une supervision du secteur du jeu et des paris. Il a donc permis que certaines mesures provisoires continuent pendant la pendance de la motion datée du 11 août 2026, ou jusqu’à nouvel ordre.
Cette situation met en lumière les défis auxquels fait face le secteur du jeu au Kenya, alors que les autorités tentent d’équilibrer la réglementation avec la croissance économique. D’un côté, l’augmentation des frais pourrait générer des revenus significatifs pour le gouvernement, mais de l’autre, elle risque de nuire gravement à l’industrie, réduisant ainsi l’emploi et l’innovation.
Certains analystes estiment que les frais devraient être ajustés pour refléter les réalités du marché kenyan, qui, bien que prometteur, ne peut pas encore soutenir des coûts aussi élevés. Une approche plus modérée pourrait encourager une plus grande participation et stimuler l’économie locale.
La question reste donc de savoir si la GRA choisira de revenir définitivement aux anciens frais ou de proposer une solution intermédiaire satisfaisante pour tous les acteurs concernés. Les prochains développements seront cruciaux pour l’avenir de l’industrie des jeux d’argent au Kenya, un secteur clé pour son potentiel économique et social.
