Napoleon Games s’apprête à prendre les rênes du casino emblématique de Bruxelles après avoir remporté une concession de 15 ans estimée à 750 millions d’euros, renforçant ainsi la position de sa maison-mère, Super Technologies, sur le marché européen des jeux d’argent. Le 19 août 2026, l’Assemblée de la Ville de Bruxelles a attribué la concession du Grand Casino de Bruxelles à ECK NV, la société belge à l’origine de Napoleon Games, à l’issue d’un appel d’offres impliquant six soumissionnaires.
Napoleon prendra possession du site de la Boulevard Anspach dès le 1er janvier 2027, succédant à Viage, qui gère le casino sous Casinos Austria International depuis 2010. Ce nouveau contrat s’étendra jusqu’à la fin de l’année 2041. Selon le Service de l’Immobilier et des Affaires Économiques de Bruxelles, le contrat a été évalué à environ 750 millions d’euros hors TVA pour toute sa durée, plaçant l’appel d’offres bien au-dessus des seuils européens de passation des marchés.
Situé au cœur piétonnier de la capitale belge, le casino s’étend sur environ 14 300 mètres carrés et fait partie des neuf seuls établissements autorisés à opérer sous le cadre de licence de classe I en Belgique. Viage qualifie cet établissement de plus grand casino et lieu de divertissement de Belgique.
Pour Napoleon, cette concession représente une expansion majeure de ses activités terrestres en Belgique. L’entreprise gère déjà le Grand Casino Knokke-Heist et est une filiale du groupe pan-européen de jeux d’argent Super, anciennement Superbet, depuis son acquisition par Waterland Private Equity en 2021. Cette victoire à Bruxelles place un autre actif majeur du jeu européen au sein d’un groupe disposant d’une puissance institutionnelle significative soutenant son expansion.
Blackstone a initialement soutenu Superbet par le biais d’un investissement minoritaire de 175 millions d’euros en 2019. En février 2025, le groupe de jeux d’argent a obtenu un nouveau package de refinancement de 1,3 milliard d’euros de la part de Blackstone et HPS Investment Partners, offrant une capacité financière supplémentaire pour soutenir l’expansion vers de nouveaux marchés, l’investissement technologique et d’éventuelles fusions et acquisitions.
La concurrence pour Bruxelles était intense compte tenu de la rareté des licences de casino en Belgique. Six offres ont été soumises, y compris une tentative de l’exploitant sortant Viage de conserver la concession. Le rival belge Golden Palace a dévoilé publiquement son offre, proposant un investissement de 30 millions d’euros pour transformer le site en une destination de divertissement plus large combinant jeu, gastronomie, culture et tourisme.
D’autres groupes de jeux belges étaient également liés à l’appel d’offres. Cependant, il est notable qu’aucun des principaux opérateurs de casinos français — y compris Partouche, Barrière et JOA — n’a figuré parmi les soumissionnaires rapportés, malgré la proximité de Bruxelles avec le marché français.
Perdre la concession représente un revers significatif pour Casinos Austria International. Viage a établi la propriété de Bruxelles comme l’un des principaux lieux de jeu de Belgique et affirme que le site attire plus de 310 000 visiteurs par an.
La Ville de Bruxelles a accueilli favorablement le résultat, affirmant être ravie de poursuivre le développement d’un « établissement emblématique au centre-ville », soulignant la contribution du casino au tourisme, à l’économie et à l’événementiel de la capitale.
Pour Super, Bruxelles offre un autre point d’ancrage stratégique en Europe de l’Ouest et donne à sa filiale Napoleon le contrôle de deux des propriétés de casino de classe I strictement réglementées en Belgique. La concession souligne davantage les ambitions de Super de s’étendre au-delà de ses bastions traditionnels de paris en Europe centrale et orientale, en utilisant sa capacité financière soutenue par Blackstone pour poursuivre la croissance sur des marchés réglementés et de nouveaux actifs de jeu à travers l’Europe.
D’un autre point de vue, certains sceptiques dans l’industrie estiment que cette expansion rapide pourrait être difficile à gérer à long terme pour Super, considérant les défis inhérents à l’intégration de nouveaux actifs tout en maintenant une croissance durable. « Une expansion si rapide nécessite une stratégie impeccable et une gouvernance rigoureuse, » murmure-t-on parmi les analystes financiers, soulignant les risques liés à la diversification géographique et aux fluctuations réglementaires. Pourtant, avec le soutien financier de Blackstone, beaucoup restent optimistes quant à la capacité de Super à naviguer dans ces eaux incertaines, transformant des défis potentiels en opportunités tangibles pour consolider sa position dominante en Europe.
