La semaine dernière, l’industrie iGaming a connu des bouleversements significatifs, notamment au Royaume-Uni. Bally’s, dirigé par le PDG Robeson Reeves, a vu dans le ralentissement de la consolidation du marché britannique de nouvelles opportunités plutôt qu’un motif d’inquiétude. Reeves explique que « la pression croissante sur les petits opérateurs après la Coupe du Monde et la saison fiscale d’automne » pourrait offrir des occasions intéressantes pour des entreprises comme la sienne. Alors que les prévisions anticipaient un impact immédiat de l’augmentation du duty sur le jeu en ligne au Royaume-Uni, les derniers rapports financiers n’ont pas confirmé ces attentes, du moins pour le moment. Reeves reste confiant : alors que Bally’s se prépare à finaliser l’acquisition d’evoke, l’entreprise espère capitaliser sur les éventuels départs d’opérateurs plus petits.
D’autres voix dans le secteur se montrent plus prudentes, surtout face aux changements réglementaires. Jon Lahive, ancien employé de William Hill, a exprimé sur LinkedIn ses préoccupations quant à l’avenir des paris de détail au Royaume-Uni. Il juge que « le vent a tourné » pour ce secteur sous l’œil critique des politiciens, et s’inquiète des fermetures de boutiques et de l’arrêt des paiements de droits médiatiques aux courses, ce qui pourrait nuire à toute une industrie et entraîner des pertes d’emplois. Selon lui, « il n’y a pas de conscience des emplois perdus pour ce qui est principalement un plaisir inoffensif pour la majorité des clients. »
En Finlande, l’approche du marché réglementé iGaming s’accompagne de changements juridiques notables. Le Chef de la conformité chez Hippos ATG, Antti Koivula, a salué une décision de la Cour administrative suprême qui a limité la méthode de taxation des jeux de machines à sous en ligne opérés hors de l’EEE. Désormais, les sessions de jeu plutôt qu’une approche tour par tour seront utilisées pour déterminer les taxes, une avancée qui suscite l’optimisme parmi les opérateurs et fournisseurs.
Au Royaume-Uni, la communication sur l’abordabilité dans le secteur du jeu retient également l’attention. Sam Douglas, directeur du jeu responsable au Hippodrome Casino, souligne que demander trop d’informations trop tôt peut nuire aux relations avec les clients plutôt que de les protéger. Douglas prône des conversations claires et un suivi proportionné pour aider les joueurs à comprendre et utiliser les outils à leur disposition. Pour lui, « la relation avec le client est aussi cruciale que les outils de protection des joueurs mis à leur disposition. »
Le Portugal, quant à lui, fait face à un défi singulier dans son marché en ligne. Miguel Luis, responsable de la conformité chez LeBull.PT, avertit que le marché illégal pourrait valoir autant que le marché légal, soit environ 24 milliards d’euros. Il insiste sur le fait que chaque inscription sur une plateforme non réglementée est une occasion manquée pour le système de protéger les joueurs vulnérables. La menace du marché noir reste donc significative, ciblant spécifiquement les joueurs les plus à risque. Luis souligne que la discussion sur la conformité doit prendre en compte à la fois le marché gris et le marché réglementé.
Alors que l’industrie iGaming continue d’évoluer, les entreprises doivent naviguer avec attention parmi ces défis et opportunités, tout en équilibrant innovation et conformité réglementaire.
