Le 1er septembre 2026, les régulateurs financiers canadiens ont pris une position ferme sur les marchés de prédiction, déclarant que les contrats basés sur des événements sportifs et de divertissement ne devraient pas être réglementés par les législations fédérales sur les valeurs mobilières et les dérivés. Un communiqué conjoint des Administrateurs canadiens des valeurs mobilières (ACVM) et de l’Organisation canadienne de réglementation des investissements (OCRI) a fourni des orientations sur les contrats de marché de prédiction.
Ces marchés continuent de susciter l’intérêt au Canada, particulièrement après leur croissance significative aux États-Unis ces dernières années. Le personnel des ACVM et de l’OCRI a exprimé son opinion sur les cadres réglementaires applicables à ces produits.
Les régulateurs ont publié leurs avis pour déterminer si les contrats de marché de prédiction relèvent du cadre des législations sur les valeurs mobilières ou les dérivés, ou s’ils peuvent relever d’un autre cadre réglementaire applicable dans les provinces ou territoires canadiens.
Le personnel des ACVM a noté que ces contrats d’événements « peuvent entrer dans les larges définitions des valeurs mobilières ou des dérivés », mais ils ont cité la législation, les règles connexes et les directives qui « prévoient que certains instruments sont en dehors du cadre, ou autrement exclus, en fonction des faits et des circonstances ».
Dans leur déclaration, le personnel des ACVM a exprimé que les contrats d’événements basés sur des événements ou résultats sportifs et de divertissement ne devraient pas être régis par les législations sur les valeurs mobilières et les dérivés. L’OCRI a ajouté qu’il n’estime pas approprié de faciliter ou d’approuver une demande de ses membres négociants pour échanger ces types de contrats d’événements.
Actuellement, seules Wealthsimple et Interactive Brokers Canada ont été autorisées à faciliter les marchés de prédiction. En juin, Wealthsimple a annoncé un partenariat avec Kalshi, lançant une plateforme Wealthsimple Predict qui héberge environ 4 000 contrats d’événements de Kalshi.
En réaction à cette déclaration, Paul Burns, Président et Directeur Général de l’Association canadienne du jeu, a salué la clarté des régulateurs sur leur position concernant les contrats de marché de prédiction. Pour lui, cette directive apporte une clarté sur une question qui revêt une grande importance pour les consommateurs canadiens, les gouvernements provinciaux et l’industrie du jeu licenciée : les paris sportifs sont du jeu sportif, quelle que soit la plateforme, et ils doivent être régis par le cadre que les provinces ont spécifiquement construit pour les réglementer.
Les ACVM et l’OCRI continuent également d’évaluer si d’autres catégories de contrats d’événements relèvent de leur compétence. Le communiqué conjoint a précisé que les membres négociants de l’OCRI autorisés à faciliter le commerce des contrats d’événements sont soumis à certaines conditions imposées par l’OCRI, en consultation avec le personnel des ACVM. Selon ces termes, ils ne peuvent faciliter le commerce que d’un ensemble limité de contrats d’événements échangés et compensés par certaines bourses et chambres de compensation américaines régulées, notamment celles basées sur des indicateurs économiques, environnementaux ou financiers.
Paul Burns a ajouté que les jeux en ligne et les paris sportifs sont des produits de divertissement. L’association reconnaît que davantage d’entreprises peuvent chercher à entrer sur les marchés de prédiction et que les réglementations sur les valeurs mobilières peuvent évoluer au fil du temps. L’Association est prête à collaborer avec les ACVM, l’OCRI et les régulateurs provinciaux lors de l’élaboration d’autres directives, et à soutenir les efforts pour assurer une norme élevée de protection des consommateurs pour les paris sportifs à travers le Canada, indépendamment de la structure ou du marketing d’un produit.
Cependant, tous ne partagent pas cet enthousiasme. Certains experts de l’industrie suggèrent que cette approche pourrait limiter l’innovation dans le domaine des marchés de prédiction. Ils font valoir que l’absence de réglementation stricte pourrait freiner l’entrée de nouveaux acteurs sur le marché, ce qui pourrait à son tour restreindre la diversité et la compétitivité des offres disponibles pour les consommateurs canadiens. Dans cette perspective, l’argument est que des réglementations plus claires et plus inclusives pourraient aider à sécuriser et à dynamiser ce segment émergent du marché.
Dans le cadre des discussions en cours, il est clair que le débat sur la meilleure façon de réglementer les marchés de prédiction au Canada est loin d’être terminé. Pour l’instant, la position prise par les ACVM et l’OCRI offre un cadre de référence, bien qu’il reste à voir comment celui-ci évoluera en réponse aux dynamiques du marché et aux avancées technologiques futures.
