Le 21 juillet 2026, la Kansspelautoriteit (KSA), l’autorité néerlandaise des jeux de hasard, a infligé une amende de 21 500 euros à Casino Zoetermeer BV. Cette sanction découle de la découverte que l’établissement a permis à des joueurs inscrits dans le registre d’exclusion Cruks, connu sous le nom de Gokstop, de jouer dans sa salle de jeux. Une enquête menée en 2022 a révélé ces manquements, mais la publication de l’amende a été provisoirement retenue à la demande de Casino Zoetermeer.
Malgré les objections de l’opérateur aux conclusions de l’enquête, le régulateur a jugé celles-ci non fondées. Bien que Casino Zoetermeer ait fait appel de cette décision, une juridiction a déclaré ces motifs d’appel infondés sur le fond, ce qui a conduit à la publication par la KSA. Cependant, l’appel a été partiellement retenu, car la durée raisonnable de la procédure avait été dépassée. En conséquence, le tribunal a réduit l’amende initiale de 25 000 euros à 21 500 euros.
Cruks est une exigence obligatoire pour tous les opérateurs terrestres et en ligne aux Pays-Bas, visant à protéger les joueurs des dangers liés aux jeux d’argent excessifs. Environ 118 000 personnes sont actuellement inscrites dans ce registre. Les opérateurs doivent vérifier l’identité de leurs joueurs, et l’enquête de la KSA a déterminé que Casino Zoetermeer ne respectait pas adéquatement cette mesure.
L’enquête a constaté que l’opérateur avait « admis deux joueurs inscrits au Cruks à ce moment-là », ce que l’autorité néerlandaise a jugé « inacceptable ». La KSA a souligné l’importance de Cruks : « Les joueurs qui choisissent d’être exclus le font pour se protéger et doivent pouvoir compter sur le fait que cela les empêche de jouer avec des opérateurs agréés tenus de consulter Cruks. C’est un outil essentiel pour lutter contre l’addiction au jeu et protéger les joueurs des méfaits associés aux jeux de hasard à haut risque. »
Au-delà des amendes, la KSA a intensifié son approche de la protection des joueurs, visant notamment les entreprises de médias sociaux comme Meta pour leur rôle dans la publicité d’opérateurs illégaux. Le régulateur a déploré que « pas assez » soit fait pour lutter contre la prolifération de publicités illicites sur ces plateformes.
Ella Seijsener, directrice de la licence et de la supervision à la KSA, a mentionné lors de l’événement Gaming in Holland plus tôt cette année que le régulateur avait dû envoyer 26 000 rapports à Meta concernant la publicité illégale en mai, s’ajoutant à plus de 4 600 envoyés en avril. Elle a précisé que la KSA doit désormais dépasser les simples amendes, qui se sont avérées largement inefficaces, pour combattre un marché noir en pleine expansion alors que le marché réglementé stagne. « Nous avons l’intention de démanteler l’infrastructure autour des fournisseurs illégaux, rendant impossible leur fonctionnement sur nos marchés néerlandais. Nous sommes ouverts sur le fait que les amendes sont presque impossibles à recouvrer et donc presque jamais payées. Ce qui est plus efficace, c’est notre approche globale en collaboration avec les fournisseurs d’hébergement, les banques, les prestataires de services de paiement et les sociétés de marketing. »
La KSA a également critiqué récemment deux autres opérateurs, TonyBet et VBet. TonyBet a été critiqué pour une publicité qui représentait des individus dont les numéros de maillot, chemises nationales et caractéristiques physiques faisaient clairement référence à des footballeurs professionnels internationaux bien connus, violant ainsi l’interdiction d’utiliser des modèles pour des fins promotionnelles. Parallèlement, la KSA a émis un avertissement à SCGO Limited, opérant aux Pays-Bas sous le nom de VBet, pour avoir repris l’offre d’options de paris interdites après qu’il eut été trouvé qu’elle proposait des paris en direct sur des événements tels qu’une touche, une faute, un corner ou un hors-jeu.
Bien que la KSA maintienne une pression continue sur les opérateurs pour se conformer aux réglementations, certains critiquent l’autorité pour son approche jugée trop stricte, pouvant étouffer la croissance du marché réglementé. Ces voix soulignent la nécessité d’un équilibre entre réglementation stricte et encouragement de l’innovation et de la compétitivité dans l’industrie, affirmant que l’environnement réglementaire doit évoluer avec le marché dynamique des jeux d’argent. Le débat persiste quant à savoir si la réglementation actuelle favorise réellement un environnement de jeu plus sûr ou si elle entrave le développement d’une industrie saine et compétitive.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
