En juin 2026, l’industrie des jeux d’argent en Éthiopie est confrontée à un tournant crucial après l’interdiction totale des jeux d’argent en ligne imposée par le Service de la Loterie de l’Éthiopie (ELS) en décembre dernier. Ce coup d’arrêt brutal a conduit à une suspension immédiate de toutes les licences d’opérateurs, ordonnant également aux banques, passerelles de paiement et intermédiaires financiers de cesser de faciliter toute transaction liée aux jeux d’argent.
Cependant, si l’ELS décide de relancer un marché régulé, les opérateurs agréés pourraient faire face à une concurrence acharnée de la part des marques offshore, qui ont attiré un afflux de joueurs ces derniers mois. Cette situation a suscité des questions : le régulateur a-t-il effectivement laissé tout le marché aux opérateurs étrangers ?
L’industrie des jeux d’argent en Éthiopie, autrefois en pleine expansion, se retrouve en difficulté. Avant l’interdiction, le pays, deuxième plus peuplé d’Afrique avec environ 139 millions d’habitants, était reconnu pour avoir l’un des marchés des jeux d’argent les plus dynamiques du continent. La décision de l’ELS de révoquer les licences intervient après que 22 bookmakers ont été sommés de cesser leurs activités, accusés d’avoir dissimulé des recettes pouvant atteindre Br100 milliards (€1,5 milliard).
Six mois après l’interdiction, les observateurs de l’industrie à Addis-Abeba notent que l’ELS continue d’organiser des jeux de loterie et de hasard en ligne, ce qui soulève des interrogations sur un éventuel monopole d’État. Pendant ce temps, la demande pour les paris n’a pas diminué. Les parieurs se tournent vers des solutions alternatives, notamment les sites offshore et les opérateurs non réglementés, créant une prolifération des activités de marché noir.
Abenezer Zewedu, PDG de RVT Technologies PLC, estime que les préoccupations du gouvernement vont au-delà des jeux d’argent. Selon lui, « les autorités ont cité des évasions fiscales présumées, des flux financiers illicites, des préoccupations de blanchiment d’argent, ainsi que des risques plus larges pour l’intégrité financière et la sécurité nationale. Ces préoccupations ne doivent pas être sous-estimées. »
Zewedu observe que la fermeture des opérateurs agréés n’a pas éliminé la demande pour les paris sportifs. « Beaucoup d’Éthiopiens qui utilisaient auparavant des plateformes agréées n’ont pas cessé de parier. Une partie de cette activité semble s’être déplacée vers des opérateurs non agréés et offshore qui continuent de servir les utilisateurs éthiopiens. »
En conséquence, l’interdiction indéfinie de jeux d’argent autorisés pourrait continuer à alimenter un marché parallèle non régulé, offrant peu de protection aux joueurs et privant le gouvernement de recettes fiscales. Zewedu souligne que les opérateurs illégaux offrent souvent une expérience utilisateur similaire, mais en dehors des systèmes de paiement formels et de la surveillance réglementaire, rendant l’application des lois, la taxation et la protection des consommateurs beaucoup plus difficiles.
Il pose une question cruciale : « L’élimination des opérateurs agréés, alors que les alternatives non agréées restent accessibles, réduit-elle vraiment l’activité de jeu ou la pousse-t-elle simplement vers des canaux moins transparents ? La question n’est pas de savoir si les jeux d’argent sont nuisibles, mais plutôt qui est autorisé à en tirer profit. »
En dépit de la situation actuelle, certains experts estiment que la réglementation pourrait encore être réintroduite, offrant une chance de réorganiser le marché avec des mesures de protection renforcées. D’autres, cependant, craignent que la situation n’entraîne une dépendance accrue aux marchés non régulés, avec des conséquences potentielles pour les joueurs et l’économie éthiopienne.
En conclusion, le futur des jeux d’argent en Éthiopie est incertain. Le défi pour les autorités sera de trouver un équilibre entre réglementation, protection des consommateurs et profit économique, tout en empêchant l’évasion vers des canaux illégaux et non régulés. La voie à suivre nécessitera une réflexion approfondie et une stratégie bien définie pour assurer un marché équitable et transparent, capable de résister à la concurrence offshore tout en protégeant ses citoyens.

Bernard Leroy est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos virtuels. Il a débuté sa carrière il y a + de 10 ans en écrivant des articles sur les stratégies de poker et de blackjack e ligne pour différents sites web spécialisés.
