Le 13 juillet 2026, l’Alberta a lancé son propre marché iGaming régulé, marquant ainsi une journée historique pour la province. Désormais, des dizaines d’opérateurs internationaux, titulaires de licences, peuvent opérer légalement, faisant de l’Alberta seulement la deuxième région au Canada à ouvrir son marché des jeux en ligne aux opérateurs privés.
La réglementation de ce marché est assurée par Alberta Gaming, Liquor & Cannabis (AGLC) et la nouvelle Alberta iGaming Corporation (AiGC). Ces organismes visent à offrir aux joueurs des protections plus robustes et un accès constant à des outils de jeu responsable. L’AGLC est responsable de la supervision réglementaire, tandis que l’AiGC gère le cadre commercial permettant aux opérateurs agréés de se commercialiser auprès des Albertains. Dirigée par le PDG Dan Keene, nommé en avril, l’AiGC veille à ce que les opérateurs respectent les normes financières et de conformité.
Près de 50 opérateurs ont réussi à s’enregistrer pour le lancement, mais seulement une vingtaine étaient prêts à accueillir des clients dès le premier jour, selon Dale Nally, ministre de Service Alberta et de la Réduction de la Paperasserie. Parmi eux figurent des géants comme BetMGM, DraftKings, FanDuel et Caesars, apportant leur expérience des marchés mondiaux. Toutefois, certains acteurs locaux, comme le River Cree Resort and Casino près d’Edmonton, ont annoncé un report de leur lancement en ligne, tout en restant optimistes quant aux opportunités de croissance offertes par l’iGaming.
Par ailleurs, certains opérateurs, tel Coolbet, ont choisi de se retirer du marché albertain plutôt que d’obtenir une licence. Cependant, les joueurs continueront d’avoir accès à une multitude d’options sûres et régulées. Des initiatives caritatives ont été lancées à cette occasion : DraftKings a promis de verser 150 000 CAD à Food Banks Alberta, tandis que FanDuel a fait des dons importants à la Croix-Rouge canadienne en Alberta et à la Dollar a Day Foundation.
Avant ces changements, les résidents avaient le choix entre le site gouvernemental PlayAlberta et des sites de jeux offshore. Bien que PlayAlberta ait offert une protection locale, son catalogue limité et ses prix peu compétitifs ont poussé de nombreux joueurs vers des sites offshore, souvent moins sûrs et fiscaux pour le gouvernement local. L’Alberta espère désormais récupérer une partie de ce revenu perdu, estimant que le nouveau marché pourrait générer 76 millions CAD supplémentaires dès la première année. Une partie de ces recettes sera investie dans des programmes de lutte contre le jeu compulsif et de soutien aux Premières Nations.
PlayAlberta continuera de fonctionner en tant qu’option publique, mais devra s’adapter face à la concurrence privée. Alors que son chiffre d’affaires annuel atteignait 250 millions CAD, environ un tiers des dépenses totales en ligne de la province, son existence n’est pas menacée. Le cadre vise à transférer le jeu du marché gris vers les canaux régulés, sans remplacer l’option publique.
En observant le succès de l’Ontario, qui a lancé son marché concurrentiel en avril 2022, l’Alberta espère des résultats similaires. En quatre ans, l’Ontario a généré près de 10 milliards CAD de revenus iGaming avec un taux de croissance annuel composé impressionnant. Une étude a montré que 91,1 % des joueurs en ligne ontariens préféraient les sites régulés, soulignant la confiance des consommateurs dans la réglementation provinciale.
L’Alberta cherche à atteindre ces succès tout en introduisant des améliorations, notamment l’accès à l’auto-exclusion centralisée dès le lancement, une initiative qu’Ontario n’a adoptée qu’en mai dernier. Les opérateurs doivent promouvoir cette plateforme, et les casinos sont tenus d’annuler ou de rembourser les paris si un joueur s’inscrit à un programme d’auto-exclusion avant l’enregistrement de ceux-ci.
Une autre innovation importante est l’interdiction stricte des paris politiques, contrairement à l’Ontario où ces paris sont autorisés. De plus, l’Alberta impose un taux d’imposition légèrement plus élevé que les 20 % appliqués en Ontario. Le secteur surveille désormais l’Alberta pour évaluer sa capacité à répliquer le succès ontarien, tout en espérant que des provinces comme la Colombie-Britannique et le Québec suivent le mouvement. L’Alberta ouvre la voie à une intégration accrue des opérateurs privés dans le paysage du jeu canadien.

Bernard Leroy est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos virtuels. Il a débuté sa carrière il y a + de 10 ans en écrivant des articles sur les stratégies de poker et de blackjack e ligne pour différents sites web spécialisés.
