Le régulateur du jeu plaide contre le renversement fiscal au Kenya

Le 29 mai 2026, le régulateur du jeu au Kenya a exhorté le gouvernement à abandonner son projet de rétablir un impôt de 20 % sur les gains, un an seulement après avoir abaissé ce taux à 5 %. Cette proposition pourrait nuire gravement à l’industrie du jeu, selon l’autorité. Moins de douze mois se sont écoulés depuis que la décision a été prise de réduire l’impôt à 5 %, un montant prélevé lors du retrait d’un joueur de son portefeuille de paris. Or, les décideurs veulent désormais faire passer ce taux à 20 % sur les gains, déduction faite de la mise du joueur.

Cette décision rapide de revenir à un taux plus élevé ne serait pas favorable à l’industrie, déjà sous pression avec l’imposition d’une taxe de 5 % sur « tous les fonds destinés au jeu ». Le projet de loi précise : « Les dépôts désignent la valeur totale de l’argent ou de l’équivalent monétaire payé, transféré ou autrement mis à disposition à des fins de paris ou de jeu. Que ce soit fourni par un joueur ou un opérateur, en espèces ou en équivalents de trésorerie, que cette somme soit détenue ou non dans un compte géré par un joueur, un opérateur ou une personne agréée, ou convertie en jetons, tickets, crédits, ou instruments similaires. »

Une lutte continue se déroule dans le pays, et l’intervention récente du régulateur auprès du Comité national des finances et de la planification nationale à Nairobi ne fait qu’exacerber cette tension. Le régulateur conteste également la définition proposée des gains, avertissant qu’elle apporterait un réel manque de clarté sur le marché et sur la façon dont le pays est imposé pour le jeu.

Ils ont particulièrement souligné la nécessité d’abandonner l’impôt de 20 % sur les gains issus de compétitions de prix et de loteries à court terme, jugé inutile et impraticable pour le marché. L’autorité a notamment remis en question les modalités de collecte de cet impôt lorsque le prix est un bien, tel qu’une machine à laver ou une voiture, contrairement à un prix en espèces.

En outre, le régulateur a observé que la collecte de l’impôt a augmenté sous le régime actuel de 5 %, par rapport à la période où l’impôt sur les gains était de 20 %. Au cœur de cet appel à la pause se trouve le besoin d’une simplification de l’impôt, car le cadre proposé manque de clarté et de nuances, éléments pourtant essentiels dans un secteur aussi complexe.

Le débat autour de la fiscalité du jeu au Kenya s’inscrit dans un contexte plus large de politiques économiques qui cherchent à équilibrer la croissance des recettes fiscales et la santé du secteur des jeux. D’un côté, le gouvernement espère accroître les revenus en augmentant les impôts, tandis que l’industrie et le régulateur soulignent les risques d’une telle mesure. Un acteur du secteur a exprimé une frustration croissante : augmenter les impôts aussi rapidement pourrait affaiblir les investissements et nuire à la compétitivité du marché kényan par rapport à d’autres pays africains.

En contrepoint, certains économistes soutiennent que l’augmentation de l’impôt pourrait en effet contribuer à une meilleure distribution des bénéfices économiques issus du jeu, en finançant des projets d’infrastructure nationale ou des programmes sociaux. Selon eux, un impôt sur les gains plus élevé pourrait aider à stabiliser l’économie et à réduire les inégalités.

Cependant, la question cruciale reste la mise en œuvre efficace de ces politiques fiscales sans compromettre la vitalité du secteur des jeux, qui représente une part significative de l’économie kenyane. La recherche d’un équilibre entre ces objectifs divergents sera essentielle pour garantir que les intérêts à la fois du gouvernement et de l’industrie soient pris en compte, tout en protégeant les consommateurs et en assurant une transparence fiscale.

Le dialogue entre le gouvernement, le régulateur et l’industrie sera décisif dans les mois à venir, alors que le pays cherche à naviguer dans ce paysage complexe de politiques de jeu et de fiscalité. Le défi consistera à trouver un terrain d’entente qui permette de maintenir un secteur dynamique tout en assurant des recettes fiscales suffisantes pour soutenir le développement économique du pays.

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