Le système financier philippin demande un contrôle accru des circuits de casinotiers

En juillet 2026, des institutions financières majeures aux Philippines, telles que la Bangko Sentral ng Pilipinas (BSP), ont intensifié leurs appels pour renforcer la régulation des junkets de casino. Ces circuits, souvent suspects de faciliter le flux d’argent illicite, sont au cœur des préoccupations en raison de l’anonymat qu’ils permettent.

La BSP a souligné l’importance cruciale de vérifier l’identité des clients et de mieux surveiller les transactions. Selon Lyn Javier, gouverneur adjoint de la banque, les opérations financières associées aux junkets peuvent poser des risques accrus de blanchiment d’argent. Javier a insisté sur l’importance pour les institutions financières réglementées de suivre les meilleures pratiques et de repérer les signes avant-coureurs afin d’être des partenaires efficaces dans la lutte contre la criminalité et pour la sauvegarde de l’intégrité du système financier.

Les défis ne s’arrêtent pas là : la supervision des programmes de prévention du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme par les conseils d’administration et la haute direction est également un point crucial, tout comme l’acceptation et l’identification des clients, la surveillance continue et la déclaration des transactions suspectes, ainsi que l’auto-évaluation et la formation.

La BSP appelle en outre les institutions financières à maintenir de bonnes pratiques actuelles, telles qu’une diligence renforcée pour les clients à haut risque, une surveillance automatisée des transactions, une analyse des liens entre clients, une vérification indépendante avec les agences de réglementation et la participation à des initiatives de partage d’informations. Le partage de données pourrait s’avérer essentiel pour accroître l’efficacité dans l’arrêt des transactions illicites dans l’espace des casinos.

Depuis 2024, les Philippines vivent une transformation majeure de leur cadre de jeu, cherchant à s’adapter à la vie après les POGOs (Philippine Offshore Gaming Operators). Cette transition fait suite à la politique du président Ferdinand Marcos visant à mettre fin aux licences pour ces opérations en raison de leurs liens avec des activités criminelles, telles que l’escroquerie financière, le blanchiment d’argent, la prostitution, la traite des êtres humains, les enlèvements, la torture brutale et même le meurtre. Une date limite à la fin de l’année 2024 avait été fixée pour la fermeture de ces opérations.

Depuis lors, les autorités affirment avoir éradiqué les POGOs, avec confirmation qu’il n’existe plus de POGOs officiels ou illégaux, signalant ainsi le succès de la répression menée par le gouvernement sur ce secteur. Cependant, un rapport récent des Nations Unies met en garde contre la prévalence de ce qu’on appelle des opérations de ‘POGO guerrilla’, qui continueraient à fonctionner sans l’autorité de la PAGCOR. Ces opérations illégales se déplaceraient fréquemment pour éviter la détection, se transformant en unités discrètes plus petites, utilisant des condominiums résidentiels plutôt que des tours de bureaux, et opérant comme des cellules d’escroquerie mobiles.

Ce rapport de l’ONU soulève des inquiétudes quant à l’efficacité des mesures de la PAGCOR pour lutter contre le secteur du jeu illégal et appliquer son cadre réglementaire, malgré la mise en place de politiques strictes pour le secteur. D’un autre côté, certains observateurs notent que la pression croissante sur les junkets pourrait en réalité pousser certaines opérations à se cacher davantage, rendant la lutte contre le blanchiment d’argent encore plus complexe.

Cette situation met en lumière un dilemme récurrent dans le secteur des jeux d’argent : comment trouver le juste équilibre entre réglementation stricte et soutien au secteur économique qu’il représente. D’un côté, la régulation stricte est nécessaire pour prévenir les activités criminelles ; de l’autre, elle doit éviter de nuire à l’industrie du jeu, un contributeur significatif à l’économie philippine.

À l’heure où le secteur s’adapte à ces transformations, les acteurs financiers et les régulateurs doivent collaborer étroitement pour s’assurer que le cadre légal évolue en phase avec les réalités du marché, protégeant à la fois l’intégrité du système financier et la prospérité économique du pays.

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