Le 8 juillet 2026, la Commission des jeux d’argent a émis un appel au calme concernant l’impact des Évaluations des Risques Financiers (ERF) sur l’expansion du marché noir. Malgré cela, des sources ont révélé à iGaming Expert que l’inquiétude dans l’industrie ne fait qu’augmenter.
Malgré les efforts de la Commission, les avertissements sur le manque de clarté dans la mise en œuvre des ERF persistent. Un membre de l’industrie a indiqué que cette mesure représente une « manne financière » pour le marché illégal, alors que les préoccupations concernant une migration vers le marché noir ne s’apaisent pas chez les joueurs qui estiment « qu’ils devraient pouvoir dépenser leur argent comme ils le souhaitent ». Selon cette source, le gouvernement ne fait qu’accentuer la pression sur le secteur régulé en soutenant les ERF après avoir déjà augmenté de manière significative les taxes sur le secteur des jeux en ligne en novembre dernier.
La colère au sein de l’industrie a été exprimée par la Directrice Générale du Betting and Gaming Council (BGC), Grainne Hurst, qui, ce matin, a critiqué cette décision sur BBC Radio pendant l’émission Wake Up To Money. Hurst a accusé la Commission de mettre en œuvre les ERF sans « répondre aux préoccupations fondamentales » identifiées lors de l’étude pilote de la Commission. Elle a remis en question la cohérence des agences de notation de crédit, mettant en garde contre les obstacles que cela créerait pour les opérateurs, les forçant à intervenir auprès des joueurs et alimentant ainsi le marché noir.
Elle a expliqué que les agences de crédit attribueraient aux opérateurs de paris un score vert, ambre ou rouge. Un même client pourrait être classé vert par une agence, signifiant aucun risque, et rouge par une autre, indiquant un risque élevé. Cela pose des difficultés pour les opérateurs, car ils doivent ensuite demander des documents personnels privés aux clients. « Si nous devons demander des informations personnelles, nous devons être certains de la véracité des faits sous-jacents, et les entreprises doivent poser ces questions », a-t-elle conclu.
La Commission a tenté d’apaiser les craintes liées à la fuite vers le marché noir par une mise en œuvre prudente et progressive des ERF, en commençant par les plus grands opérateurs. Les joueurs avec des dépôts nets de plus de 5 000 £ sur une période de 24 heures seront soumis à une ERF par une agence de crédit. Pendant ce processus, la Commission a promis que la majorité des contrôles seraient sans friction pour les joueurs.
Toutefois, la muraille de peur entourant les ERF ne semble pas s’effondrer, et actuellement, l’industrie montre une réticence significative à adopter cette nouvelle approche en matière d’abordabilité.
La British Horseracing Authority (BHA) a également vivement critiqué la décision, estimant que les craintes concernant l’impact sur l’industrie des courses ont été ignorées par les décideurs clés. Selon la BHA, « les preuves objectives à travers le monde montrent clairement que cette décision constitue une auto-mutilation à grande échelle qui aura des implications économiques et sociétales néfastes. » La décision de la Commission, prise de manière unilatérale, illustre une nette démission de ses devoirs par le Département de la Culture, des Médias et des Sports, incapable de maîtriser ce processus ou de considérer correctement les conséquences néfastes de la décision.
Lors d’un briefing donné aux journalistes avant l’annonce officielle de la mise en œuvre des ERF, la Directrice Générale par intérim de la Commission, Sarah Gardner, a souligné l’importance essentielle des ERF pour garantir que les joueurs financièrement vulnérables ne soient pas laissés pour compte. Une fois pleinement mises en œuvre, les ERF s’appliqueront aux clients âgés de 25 ans et plus avec des dépôts nets dépassant 1 000 £ sur 24 heures ou 3 000 £ sur 90 jours ; pour les moins de 25 ans, ces seuils seront réduits à 750 £ sur 24 heures ou 2 000 £ sur 90 jours.
Gardner a assuré, comme à chaque étape de ce processus, que la grande majorité des comptes ne nécessitera pas de vérification, et parmi ceux qui le seront, une part significative restera sans friction. Cependant, ces premiers signes de mécontentement au sein de l’industrie rappellent à la Commission la longue route à parcourir pour obtenir le soutien des principaux acteurs, une démarche essentielle pour garantir la mise en œuvre harmonieuse des ERF dans le secteur.
Néanmoins, certains experts soutiennent que l’application stricte des ERF est nécessaire pour protéger les joueurs vulnérables et maintenir l’intégrité du marché. En effet, le cadre régulatoire pourrait à long terme renforcer la confiance des consommateurs, réduisant ainsi les fuites vers le marché noir. Un expert a noté, « C’est une étape difficile mais cruciale pour l’avenir responsable des jeux d’argent. » Le débat reste donc ouvert sur l’équilibre entre protection des joueurs et liberté de choix.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
