Le 10 mars 2026, la police philippine a arrêté quatre ressortissants coréens accusés de gérer une opération de jeu illégale. Le Groupe Anti-Cybercriminalité de la Police Nationale des Philippines (PNP ACG) a confirmé que les quatre hommes, âgés de 29 à 38 ans, ont été arrêtés après l’exécution d’un mandat de perquisition à Cebu City. Ce coup de filet marque un tournant dans la lutte continue contre le marché noir du jeu dans le pays.
Le Directeur Général Wilson Asueta a expliqué aux journalistes locaux que les unités de terrain avaient mené une surveillance et une cyber-patrouille basées sur des informations fournies par des citoyens préoccupés par la participation d’étrangers à des activités de jeu en ligne illégales. « Ceci semble être un mini-hub, donc nos agents mènent toujours l’enquête », a-t-il déclaré. Les autorités pensent que cette opération était en activité depuis plus de cinq ans, offrant des jeux de numéros et des paris sportifs via les réseaux sociaux. Le groupe aurait généré au moins 10 millions de pesos philippins (environ 126 000 £) chaque mois. Tous les membres arrêtés ont payé une caution et attendent désormais leur procès.
Dans un contexte où le débat sur l’avenir des jeux de hasard aux Philippines s’intensifie, les agences de maintien de l’ordre, y compris le PNP, ont reçu l’ordre de prendre une approche plus proactive pour combattre le marché noir. Cela inclut également la lutte contre la popularité croissante de l’e-sabong, connu sous le nom de combats de coqs.
Le sénateur Erwin Tulfo, bien que reconnaissant la fermeture de certains sites, a exhorté le PNP à intervenir directement sur les lieux où l’e-sabong se déroule et à confisquer les équipements. « Vous avez réussi à fermer quelques sites d’e-sabong, mais c’étaient des opérateurs de petite envergure. Vous n’avez toujours pas réussi à faire tomber le plus grand réseau de tout le pays », a-t-il déclaré, soulignant l’ampleur du défi à relever.
Parallèlement à ces discussions, Alejandro Tengco, Président et Directeur Général de la Philippine Amusement and Gaming Corporation (PAGCOR), a dévoilé des plans pour une plus grande régulation du secteur. Cela inclut l’exploration d’une interdiction totale de la publicité pour le jeu, après avoir déjà mis en place une interdiction des publicités à la télévision et à la radio pendant les heures de grande écoute, entre 17h30 et 20h30. Il a expliqué aux sénateurs que, bien que les stations de radio et de télévision demandent s’il est toujours possible de diffuser ces publicités pendant les périodes de faible audience, l’objectif est de les interdire complètement.
D’un point de vue économique, le jeu représente une source de revenus considérable pour le gouvernement philippin. Cependant, le secteur est souvent critiqué pour ses répercussions sociales, notamment l’addiction et les problèmes de jeu. Certains analystes affirment que renforcer la régulation pourrait mettre un frein à l’expansion rapide du secteur illégal. D’autres, cependant, estiment que des mesures trop strictes pourraient pousser davantage de joueurs vers le marché noir.
En regardant les faits, il est clair que le gouvernement doit trouver un équilibre entre maximiser les recettes fiscales et minimiser les impacts sociaux négatifs. Les discussions sur un éventuel bannissement total de la publicité pour le jeu sont révélatrices des tensions sous-jacentes. D’une part, cela pourrait réduire l’attractivité du jeu et limiter le nombre de nouveaux joueurs. D’autre part, cela risque de toucher les revenus publicitaires des médias.
Face à ces enjeux, certains plaident pour une approche plus nuancée. Plutôt qu’une interdiction totale, ils suggèrent que des campagnes de sensibilisation aux risques liés au jeu pourraient être plus efficaces. « Nous devons éduquer les gens sur les dangers potentiels sans diaboliser l’industrie », affirment certains experts du secteur, soulignant la nécessité d’une réglementation intelligente qui protège les consommateurs tout en préservant les emplois et les revenus générés par l’industrie.
Ainsi, la récente arrestation à Cebu ne fait que souligner la complexité de la situation. Alors que le gouvernement philippin intensifie ses efforts pour réguler l’industrie du jeu, il doit naviguer habilement entre les pressions économiques et les préoccupations sociales. Quelle que soit l’issue des procédures judiciaires contre les ressortissants coréens, il est clair que cette affaire pourrait bien être le précurseur d’une régulation plus stricte et d’une surveillance accrue du secteur du jeu aux Philippines.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
