EGBA s’oppose à la taxe iGaming unifiée proposée par le Parlement Européen

Cette semaine, le Parlement Européen a été informé de la proposition de Victor Negrescu, vice-président du Parti Social Démocrate de Roumanie (PSD) et vice-président du Parlement Européen, visant à instaurer une « taxe iGaming au niveau de l’UE ». Ce projet, encore en cours d’élaboration, vise à coordonner un prélèvement fiscal sur les jeux d’argent en ligne.

Victor Negrescu a présenté cette mesure aux députés comme un moyen de générer des fonds pour des initiatives européennes en matière d’éducation et de requalification, ainsi que pour soutenir les États membres dans le traitement des addictions et de la santé mentale. Occupant actuellement un siège au sein du conseil chargé de l’évaluation des propositions pour le budget de l’UE, le ministre roumain estime qu’une taxe unifiée sur le jeu en ligne pourrait apporter 4 milliards d’euros supplémentaires au budget chaque année, et jusqu’à 28 milliards au cours d’un cycle budgétaire.

Dans son discours, il a souligné que les taxes sur le jeu dans les États de l’UE restent désalignées pour un secteur générant des milliards de revenus. Bien qu’il reconnaisse l’autonomie des États membres pour définir leurs lois et politiques fiscales spécifiques sur le jeu, il a soutenu qu’une taxe commune est nécessaire pour mettre fin à la fragmentation du secteur.

Cependant, la proposition a immédiatement suscité l’opposition de l’Association Européenne des Jeux et Paris (EGBA). En réponse aux discussions au sein de la commission du budget du Parlement, Maarten Haijer, secrétaire général de l’EGBA, a fermement rejeté cette initiative. Selon lui, une telle proposition est foncièrement irréalisable, car le jeu n’est pas harmonisé au niveau européen et il n’existe ni base légale ni mécanisme pour collecter un tel prélèvement.

Haijer a expliqué que, bien qu’une taxe supplémentaire soit envisagée, les opérateurs de jeux en ligne déjà licenciés dans l’UE évoluent dans un environnement fortement taxé et réglementé. Une telle mesure ne ferait qu’avantager les opérateurs illégaux qui ne paient pas d’impôts et nuirait aux opérateurs licenciés. Le syndicat basé à Bruxelles a souligné que cette taxe pourrait déstabiliser les cadres fiscaux nationaux déjà complexes, entraînant des répercussions négatives.

Dans l’ensemble de l’UE, les opérateurs agréés sont soumis à des régimes fiscaux divergents, la majorité des marchés appliquant des taux d’imposition nationaux sur le jeu supérieurs à 40 % des recettes brutes de jeu. L’EGBA soutient que l’introduction d’une charge supranationale, s’ajoutant aux défis réglementaires et économiques existants, aurait un impact fortement négatif sur la canalisation des joueurs, alors que de nombreux États membres luttent déjà contre l’expansion du marché noir.

Maarten Haijer a indiqué que les opérateurs illégaux, ne payant pas d’impôts, peuvent proposer des produits et des prix plus attractifs aux joueurs, mais sans les protections essentielles que les opérateurs licenciés fournissent. Imposer une taxe européenne en plus des taxes nationales existantes ne ferait qu’aggraver cette situation, en augmentant le marché noir, et en nuisant à la protection des consommateurs européens, tout en conduisant à une baisse des recettes fiscales pour les États membres.

L’EGBA, aux côtés d’autres parties prenantes, attend des précisions de Negrescu sur le fonctionnement pratique de sa proposition au niveau européen. Aucune information complémentaire n’a encore été fournie quant au mode de calcul, d’administration ou d’application de cette taxe envisagée à travers 27 systèmes réglementaires distincts.

Toute nouvelle charge budgétaire au niveau de l’UE nécessiterait une négociation approfondie entre le Parlement, le Conseil et la Commission, accompagnée d’une évaluation minutieuse des compétences en matière de fiscalité et de subsidiarité. Actuellement, la proposition de Negrescu est perçue comme faisant partie d’un débat plus large sur le renforcement du budget de l’UE. Cependant, la réaction de l’EGBA indique clairement que toute tentative d’imposer une taxe unifiée sur le jeu en ligne rencontrera une opposition immédiate, considérée comme une menace pour un secteur qui est déjà bien établi et fiscalement efficace au sein de l’UE.

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