Le 10 juin 2026, la République d’Arménie avance sur un programme de réforme du jeu à double voie qui vise à élargir considérablement les protections et limites pour les joueurs tout en renforçant les pouvoirs d’application contre les opérateurs non agréés. Les mesures prévues introduiraient certains des contrôles de capacité financière les plus restrictifs d’Europe dans les marchés des jeux de hasard de la région du Caucase/Eurasie. Ilya Machavariani, PDG et associé principal chez 4H Agency, explique que le gouvernement arménien fait évoluer ses lois et politiques en matière de jeux vers une réglementation basée sur la capacité financière. Il se demande si les États voisins suivront cet exemple.
Récemment, les développements de la politique arménienne en matière de jeux semblent progresser à travers deux voies législatives distinctes mais complémentaires : l’une se concentre sur la protection des joueurs et les contrôles de capacité financière, tandis que l’autre renforce l’application contre les opérateurs non agréés et améliore la supervision réglementaire du marché.
Selon le projet de loi P-1281-13.03.2026-TH-011, le cadre de jeu responsable de l’Arménie serait considérablement élargi. La proposition élargit les catégories d’individus dont la participation aux activités de jeu serait restreinte ou interdite, couvrant notamment les personnes en procédure de faillite, les bénéficiaires de programmes de subventions financés par l’État, ainsi que les retraités dont la pension constitue la seule source de revenu.
En outre, le projet exige que tous les opérateurs de jeux en ligne agréés offrent un outil de d’auto-exclusion clairement visible sur leurs plateformes de jeux interactifs. Les demandes d’auto-exclusion resteraient en vigueur pendant cinq ans à partir du jour suivant la soumission, ce délai étant automatiquement renouvelé pour cinq ans supplémentaires sauf demande contraire de l’individu.
La mesure peut-être la plus significative est l’introduction d’une restriction de capacité financière basée sur le revenu déclaré. La proposition stipule qu’un citoyen ne pourrait participer aux activités de jeu que dans la limite de 20% de son revenu annuel déclaré.
Le projet de loi K-1327-20.04.2026-TH-011 constitue une initiative gouvernementale plus large axée sur l’application du marché et le contrôle des activités de jeu non agréées. La proposition introduit un cadre complet ciblant les opérateurs de jeux offshore et non agréés, comprenant le blocage de sites Web et des paiements.
Bien que cette proposition ne soit pas une refonte complète du cadre arménien des jeux, elle renforce le mécanisme d’application contre les opérateurs non agréés, en s’appuyant notamment sur le blocage de sites Web et de paiements, un modèle d’application double souvent utilisé dans les marchés de jeux de hasard plus matures.
Actuellement, aucune des propositions n’a complété le processus législatif ni n’est entrée en vigueur. Le projet 1281 est disponible en version de première lecture et a déjà progressé dans le cadre de l’examen parlementaire. Le projet 1327 reste disponible en tant que paquet de projet de loi gouvernemental.
Les prochains pas les plus probables sont la poursuite de l’examen en comité, les lectures parlementaires suivantes et, si approuvés, l’adoption finale avec la législation secondaire nécessaire pour la mise en œuvre. À ce stade, les deux paquets devraient être considérés comme des initiatives législatives actives avec une perspective réaliste d’adoption, bien que le calendrier précis de mise en œuvre reste incertain.
Dans l’ensemble, le paquet de réformes actuel ne doit pas être considéré comme une restructuration fondamentale du marché des jeux en Arménie. Ni les mesures de protection des joueurs proposées ni les amendements d’application ne modifient de manière significative le modèle de licence, les règles d’accès au marché ou le paysage concurrentiel pour les opérateurs agréés. Au lieu de cela, ils reflètent l’effort des autorités pour resserrer la surveillance, améliorer la traçabilité des activités de jeu et renforcer les garanties de jeu responsable.
Les décideurs arméniens continuent de considérer le jeu comme un secteur légitime mais socialement sensible. Par conséquent, les initiatives réglementaires sont généralement motivées par des objectifs de protection des consommateurs et de politique sociale plutôt que par un désir d’encourager l’expansion du marché. Dans le même temps, les autorités reconnaissent de plus en plus qu’une supervision efficace est plus pratique que des restrictions ou des interdictions répétées, ce qui explique le passage progressif vers des mécanismes de surveillance, de contrôle de capacité financière et d’application plus renforcés.
Pour les opérateurs agréés, les réformes sont peu susceptibles de créer des perturbations commerciales majeures. Leur impact principal sera opérationnel. Les obligations de conformité devraient devenir plus étendues et, dans de nombreux cas, plus coûteuses à mettre en œuvre. Cela est particulièrement pertinent car l’infrastructure de supervision de l’Arménie reste partiellement développée. Bien que la législation prévoie déjà une architecture centrale de surveillance, le système n’est pas encore pleinement opérationnel, tandis que de nombreux processus réglementaires restent relativement manuels par rapport à des juridictions européennes plus matures.
Par conséquent, l’effet principal de l’agenda de réforme actuel n’est pas une transformation du marché lui-même, mais une augmentation progressive de la complexité réglementaire et des coûts d’exploitation pour les opérateurs agréés.
