En juin 2026, le gouvernement du Kazakhstan a constaté une diminution significative de 50 % de l’activité de jeu illégal en ligne, selon le rapport de la société d’intelligence marketing Blask. Cette baisse spectaculaire a suivi des directives émises en mai pour restreindre les paiements mobiles et mettre en place des blocs télécoms contre les casinos en ligne illégaux. En ciblant les infrastructures qui soutiennent le marché noir, le Kazakhstan semble avoir trouvé un moyen efficace d’attaquer le secteur illégal, car l’intervention a coupé les principales voies d’accès et de transaction utilisées par les opérateurs du marché gris.
Les casinos en ligne sont strictement interdits au Kazakhstan, et seuls quelques bookmakers kazakhs sont autorisés à offrir des paris sportifs en ligne. Cette approche, en frappant à la périphérie du marché noir, devient de plus en plus courante alors que les autorités cherchent de nouvelles méthodes pour combattre le secteur illicite.
En parallèle, des pays voisins comme l’Ouzbékistan et le Tadjikistan ont également enregistré des baisses de 49,5 % et 40,5 % respectivement dans l’activité de jeu en ligne, grâce à des mesures similaires de blocage des télécommunications. Blask prévoyait que ces actions de blocage inaugureraient un nouveau statu quo pour le jeu au Kazakhstan, avec de larges pans du marché noir « systématiquement éliminés » du pays.
Le mois dernier, au Vietnam, la police a arrêté Pham Ngoc Manh, PDG de la société de marketing numérique Super Thi Seo Media Services. Les autorités accusent Manh et son entreprise d’avoir dirigé du trafic vers des sites de jeu illégaux tout en se faisant passer pour une société de marketing légitime. Selon la police, l’entreprise aurait généré environ VND3,7 milliards (environ 105 830 livres sterling) depuis le début de 2026 en promouvant des sites illégaux, y compris 22 plateformes de jeu en langue vietnamienne. Aux côtés du PDG, 17 autres managers et employés ont été arrêtés pour suspicion de participation à l’opération.
En Europe, lors de la conférence Gaming in Holland, la Directrice des Licences et de la Supervision de l’Autorité néerlandaise des jeux de hasard (KSA), Ella Seijsener, a déclaré que la KSA envisage de passer des amendes à une approche plus structurelle, en ciblant l’infrastructure entourant le marché noir. Elle a expliqué : « Nous avons l’intention de démanteler l’infrastructure autour des fournisseurs illégaux et de rendre impossible leur opération sur nos marchés néerlandais. Nous sommes ouverts sur le fait que les amendes sont presque impossibles à collecter et donc rarement payées. Ce qui est plus efficace, c’est notre approche globale en travaillant avec les hébergeurs, les banques, les fournisseurs de services de paiement et les entreprises de marketing. »
Cependant, certains experts mettent en garde contre le fait que ces mesures pourraient pousser le marché noir à se réinventer. Une telle répression pourrait inciter les opérateurs illégaux à trouver de nouveaux moyens plus sophistiqués pour contourner les restrictions. L’adaptation rapide aux nouvelles législations pourrait devenir un jeu de chat et de souris, où chaque mesure répressive est suivie d’une contre-mesure.
De plus, l’impact économique de ces actions est à considérer. Les restrictions rigides peuvent affecter indirectement les entreprises légitimes qui dépendent de services de télécommunications et de paiement. Une entreprise de télécommunications locale a confié qu’elle était préoccupée par les pertes potentielles de revenus dues à la réduction des services, tout en reconnaissant l’importance de soutenir les efforts du gouvernement pour éliminer le jeu illégal.
Toutefois, l’opposition à ces mesures reste marginale, car la majorité des acteurs économiques et politiques soutiennent ces actions comme un moyen de protéger les consommateurs et d’assurer un environnement de jeu régulé et sécurisé.
Dans l’ensemble, le Kazakhstan semble déterminé à maintenir sa position ferme contre le jeu illégal, et le modèle pourrait inspirer d’autres nations confrontées à des défis similaires dans la lutte contre les opérations de jeux clandestins. La question reste de savoir jusqu’où les opérateurs illégaux sont prêts à aller pour sauvegarder leur part de marché face à une pression réglementaire accrue.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
