Le Premier ministre Andy Burnham a récemment introduit une politique phare dans sa première semaine en fonction : la réduction de 20 % des taxes commerciales sur les pubs, clubs sociaux et salles de musique live. Cette mesure vise à soutenir ces établissements, essentiels à la vie communautaire au Royaume-Uni. Cependant, lors d’une interview récente, Burnham a pratiquement confirmé une augmentation des taxes sur les centres de jeux pour adultes (AGCs) pour financer cette politique, en soulignant que ces lieux causent plus de préjudices sociaux.
Il semble donc inévitable que les machines de jeux ressentent les effets de ces nouvelles politiques fiscales. Les machines de type B2 pourraient être les premières visées, suivies des machines B3, omniprésentes dans les pubs à travers le pays. Burnham doit aborder cette question avec prudence, car cela pourrait nuire au secteur qu’il souhaite pourtant préserver.
En 2018, lors de l’introduction des machines de jeux par le géant des pubs Wetherspoons, les présentations aux investisseurs indiquaient que ces machines représenteraient environ 25 % des bénéfices du groupe. Selon le Financial Times, en supposant une marge bénéficiaire de 5 % pour d’autres aspects de l’entreprise, la part des bénéfices provenant des machines à sous devrait atteindre 27 % pour l’année fiscale 2026, contre 30 % pour la restauration.
Bien que les recettes alimentaires aient atteint 807,9 millions de livres en 2025 contre 73 millions pour les machines à sous, les marges bénéficiaires respectives montrent l’importance des machines de jeux pour les ressources financières de Wetherspoons. L’année dernière, lors du budget d’automne dirigé par Rachel Reeves, le propriétaire de Wetherspoons, Sir Tim Martin, avait averti qu’une augmentation de la taxe sur les machines à sous aurait un impact sévère sur les bénéfices de la chaîne. Reeves envisageait d’augmenter la taxe de 20 % à 50 %, comme suggéré par l’ancien Premier ministre Gordon Brown. Martin a expliqué que cela aurait réduit de 48 % les bénéfices après impôts de l’entreprise.
Les résultats financiers de Wetherspoons indiquent que le groupe a payé 18,2 millions en taxes sur les jeux en 2025, contre un total de 837,6 millions de livres en impôts. Bien que le secteur des jeux de détail ait été largement épargné par le plan économique de Reeves, il est désormais sous le microscope alors que Burnham et son nouveau Chancelier, John Healey, cherchent à redresser une économie britannique en difficulté.
Wetherspoons est unique dans l’industrie des pubs britanniques en fournissant des détails sur les revenus tirés des jeux. On peut supposer que des chaînes de pubs similaires génèrent également des revenus significatifs grâce aux machines, à un moment crucial pour le secteur. Avec la fermeture de deux pubs par jour au cours des trois premiers mois de 2026, entraînant 2 400 pertes d’emplois, il est clair pourquoi le secteur est une priorité pour le nouveau Premier ministre.
Cependant, bien que la réduction de 20 % des taxes commerciales devrait faire économiser à chaque pub plus de 1 000 livres par an, le gouvernement risque de réduire cet avantage s’il décide d’élargir sa cible sur le secteur des jeux au-delà des centres de jeux pour adultes. L’approche de Burnham a suscité des débats, certains soutenant que ces mesures permettront de compenser les pertes fiscales grâce à une meilleure santé économique générale, tandis que d’autres craignent que les pubs ne subissent des conséquences financières imprévues.
En outre, l’idée selon laquelle les taxes sur les jeux pourraient être augmentées pour financer d’autres secteurs a également été remise en question. Un expert du marché a suggéré que la diversification des sources de revenus pour le financement public pourrait être une approche plus équilibrée. En fin de compte, trouver le juste équilibre entre soutien aux pubs et taxes sur les jeux demeure un défi complexe pour le gouvernement.
La stratégie de Burnham, bien intentionnée, pourrait, en introduisant ces nouvelles taxes, compromettre les efforts pour stabiliser le secteur des pubs. Le débat continue sur la meilleure façon de stimuler l’économie tout en minimisant les effets négatifs sur des secteurs vitaux.
