Andrea Pirlo, légende du football italien, ne sera pas le prochain entraîneur de l’équipe nationale italienne en raison de ses liens avec la société de paris russe Fonbet. Le célèbre milieu de terrain avait été pressenti pour succéder à Gennaro Gattuso après que l’équipe italienne ait échoué pour la troisième fois consécutive à se qualifier pour la Coupe du Monde de la FIFA.
La relation de Pirlo avec Fonbet, une société de paris basée à Moscou, a suscité une vive réaction au sein du paysage politique italien. Ces critiques affirment que son association avec la société continue de promouvoir les intérêts russes malgré l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.
Fonbet a été fondée en 1994 par Anatoly Machulsky, un grand maître d’échecs russe, et s’est imposée comme un acteur majeur sur les marchés de paris de détail et en ligne en Russie. L’entreprise a également élargi ses activités au Kazakhstan et à la Biélorussie. En parallèle, Fonbet Chypre opère sous une licence chypriote détenue par Fortune Entertainment RG Limited, couvrant les marchés chypriote et grec.
En 2021, Fonbet a signé des partenariats avec des clubs prestigieux comme le Paris Saint-Germain, le Real Madrid et l’AC Milan, l’ancien club de Pirlo. Cependant, ces accords ont été annulés après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022. La marque continue de sponsoriser divers clubs et ligues en Russie, notamment en tant que sponsor principal de la Coupe de Russie et de la Ligue professionnelle de hockey sur glace, la KHL.
Fonbet s’est également impliquée dans des initiatives visant à soutenir les vétérans blessés du conflit avec l’Ukraine, notamment par le biais de compétitions de hockey luge, de football pour amputés et de volley-ball assis. Ces actions ont conduit certains critiques de la candidature de Pirlo à le qualifier de pro-guerre.
Le sénateur de l’opposition, Carlo Calenda, a déclaré aux médias italiens : « Toute personne qui promeut ou a promu la Russie après 2022 ne devrait pas occuper de fonction nationale. » De même, Pina Picierno, vice-présidente du Parlement européen, a affirmé que l’embauche de Pirlo irait à l’encontre du changement culturel nécessaire pour redresser les fortunes de l’équipe de football italienne.
L’implication de Pirlo avec Fonbet a débuté en octobre, peu après sa nomination par le club de United FC de la Ligue professionnelle des Émirats arabes unis. Il avait été rapporté que cet accord était lié à Sergey Lomakin, propriétaire de United FC et ayant des connexions avec Fonbet. Cependant, à la suite de la controverse, United FC a nié tout intérêt de Lomakin dans la marque russe.
Au printemps dernier, Pirlo a été critiqué pour avoir assisté à un événement au stade Luzhniki à Moscou, en compagnie de son ancien coéquipier et champion du monde Marco Materazzi, ce qui a coïncidé avec des frappes significatives sur Kyiv par l’armée russe.
Dans un message Instagram publié le dimanche 26 juillet, Pirlo a exprimé sa « grande tristesse » de ne plus être en lice pour diriger l’équipe nationale italienne. Il a décrit sa relation avec Fonbet comme une « collaboration professionnelle exclusivement commerciale et sportive ».
« Attribuer une signification politique à cette collaboration, c’est m’attribuer des convictions que je n’ai jamais exprimées et qui ne me représentent pas », a-t-il ajouté. « Je regrette qu’une décision sportive ait été si rapidement transformée en débat public, me prêtant des intentions qui ne me représentent pas. »
Paolo Maldini, directeur technique de la Fédération italienne de football (FIGC), a maintenant pour tâche de trouver un successeur à Gattuso après que l’Italie ait perdu contre la Bosnie-Herzégovine lors d’un match de barrage pour la Coupe du Monde. Pep Guardiola et Carlo Ancelotti ayant déjà décliné le poste, l’attention de la FIGC se tourne maintenant vers Antonio Conte et Roberto Mancini après la controverse entourant Pirlo.
Cette situation met en lumière les tensions persistantes entre la politique et le sport, exacerbées par le contexte géopolitique actuel. Tandis que certains considèrent le désistement de Pirlo comme une perte pour l’équipe italienne, d’autres soutiennent que cette décision est nécessaire pour maintenir des positions fermes face à des enjeux internationaux complexes. D’un côté, la continuité et le succès sportif sont cruciaux pour la renommée internationale de l’Italie ; de l’autre, il est impérieux de tenir compte des implications éthiques et politiques des alliances sportives.
Ainsi, le débat sur la nomination de Pirlo nous rappelle que le sport ne peut être totalement isolé des réalités politiques, et le choix du prochain entraîneur de l’équipe nationale italienne pourrait bien être influencé par une multitude de facteurs au-delà du simple domaine sportif.

Bernard Leroy est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos virtuels. Il a débuté sa carrière il y a + de 10 ans en écrivant des articles sur les stratégies de poker et de blackjack e ligne pour différents sites web spécialisés.
