En 2026, l’audit le plus récent en Roumanie a révélé que les défaillances réglementaires déjà identifiées en 2022 et 2023 persistent encore aujourd’hui. Cette situation soulève de profondes inquiétudes au sein de l’Office National des Jeux de Hasard (ONJN), qui peine à imposer un cadre de régulation efficace.
Le secteur des jeux d’argent en Roumanie, bien établi en Europe de l’Est, continue d’attirer de nombreux opérateurs grâce à un régime de licences commercialement attrayant. Cependant, malgré cet attrait, le manque de capacité de régulation technique et d’infrastructures internes a conduit à des failles systémiques. Le rapport de 2026 a confirmé que l’ONJN s’appuie trop sur les déclarations des opérateurs sans les vérifier systématiquement à l’aide de données techniques ou de modifications de logiciels, avant de renouveler les licences.
Stasya Yautodzyeva, chef de l’analyse chez 4H Agency, observe que le développement rapide du marché dépasse la capacité de régulation du pays. Selon elle, la tension entre les partis politiques sur la portée des réformes complique encore la situation. Les acteurs du marché expriment leur frustration face à cette inertie, alors que de nombreux opérateurs en profitent pour fournir des informations incomplètes ou se limiter à une conformité formelle dans un cadre où la vérification significative semble improbable.
Les défaillances du système se manifestent principalement par une surveillance trop dépendante des déclarations des opérateurs et des processus manuels. Bien que les titulaires de licence puissent tirer parti de cette surveillance insuffisante, la responsabilité principale incombe à l’ONJN, qui n’a pas su mettre en place un système de contrôle efficace.
La réforme actuelle en Roumanie vise à corriger ces déséquilibres en passant d’une surveillance basée sur des documents à une régulation continue et axée sur les données. Les mesures annoncées comprennent la numérisation et la réorganisation interne de l’ONJN, le renforcement des contrôles fiscaux et techniques, et l’amélioration du cadre d’auto-exclusion. Les municipalités ont également reçu plus de contrôle sur les établissements terrestres, certains de ces changements étant déjà en cours.
Malgré les défis, la Roumanie a des raisons de croire que le marché peut être redressé. Le pays est un lieu attractif pour les opérateurs, en raison de sa base de joueurs active, de la forte demande pour les jeux d’argent en ligne et de son environnement numérique développé. Un système de régulation robuste ne doit pas simplement réduire le marché, mais le rendre gouvernable tout en maintenant son attractivité.
Cependant, une approche trop restrictive pourrait entraîner des risques clairs : la demande de jeux d’argent ne disparaît pas simplement en diminuant l’offre légale, mais pourrait se déplacer vers des plateformes offshore moins transparentes. Les autorités cherchent donc à regagner le contrôle du régime de licences, à restaurer la confiance du public et à garantir que le secteur génère des recettes fiscales prévisibles tout en assurant une protection crédible des joueurs. L’objectif est de préserver un régime réglementé attrayant et compétitif, tout en renforçant la supervision et l’application des règles.
Avec ces réformes, le défi pour la Roumanie est de ne pas réduire le marché coûte que coûte, mais de s’assurer qu’il est gérable et qu’il inspire confiance.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
