Débat sur l’introduction d’une taxe unifiée sur les jeux en ligne dans l’UE

Le 27 mai, les membres du Parlement européen (MEP) se réuniront à Strasbourg pour discuter de l’instauration d’une « taxe unifiée » sur les opérateurs de jeux d’argent et de paris en ligne licenciés au sein de l’Union européenne. Cette discussion sera dirigée par Piotr Serafin, commissaire européen chargé du budget, alors que Bruxelles continue d’examiner des propositions pour soutenir le cadre financier pluriannuel (CFP) de 2 000 milliards d’euros prévu pour 2028-2034.

La création d’une taxe européenne sur les jeux d’argent est une directive initiée par Victor Negrescu, vice-président du Parlement européen et membre du comité budgétaire. De retour à Strasbourg avec sa proposition de prélèvement de 1 %, soutenue par le groupe des Socialistes et Démocrates (S&D), Negrescu vise les principaux opérateurs de jeux d’argent en ligne. Ce prélèvement pourrait débloquer des fonds supplémentaires pour des initiatives dans les domaines de l’éducation, de la jeunesse et de la santé.

Selon le groupe S&D, un prélèvement d’environ 1 % sur les revenus générés par les grands opérateurs pourrait rapporter entre 2 et 4 milliards d’euros par an, atteignant potentiellement entre 14 et 28 milliards d’euros sur le cycle budgétaire de sept ans de l’UE. Cette taxe est présentée comme un moyen de rembourser les emprunts contractés durant la crise du Covid et de financer les priorités européennes futures, telles que les services de santé mentale, les programmes de prévention des addictions et les initiatives pour la jeunesse.

Negrescu a souligné que le secteur des jeux d’argent en Europe représente une des plus grandes industries numériques du bloc, générant « des dizaines de milliards d’euros chaque année » tout en opérant de plus en plus au-delà des frontières grâce au marché unique européen. Il a insisté sur le fait que cette proposition ne doit pas être perçue comme un fardeau supplémentaire pour les consommateurs, mais plutôt comme une contribution ciblée des opérateurs majeurs bénéficiant de l’accès au marché européen. « Chaque jour, nous demandons plus d’investissements, mais les citoyens attendent aussi de nous que nous financions tout cela de manière équitable et responsable », disait-il.

Par ailleurs, Negrescu a fait le lien entre cette proposition et les préoccupations plus larges concernant les activités de jeux illégales, avertissant que le jeu en ligne non réglementé affaiblit les recettes publiques tout en exposant les consommateurs à des risques accrus. « Les estimations du secteur indiquent que le jeu illégal représente déjà environ 71 % du marché en Europe, entraînant des pertes majeures en recettes publiques, une protection des consommateurs affaiblie et des risques accrus liés au blanchiment d’argent et au crime organisé », expliquait-il.

Le groupe S&D soutient que cette taxe devrait être accompagnée de mesures coordonnées à l’échelle de l’UE contre le jeu illégal pour renforcer sa viabilité à long terme en tant que mécanisme de financement permanent. « Avec une taxe de 1 % sur les revenus, l’augmentation de la part de marché de l’industrie en ligne et de nouvelles actions contre les plateformes illégales, cette proposition pourrait générer entre 2 et 4 milliards d’euros par an, atteignant entre 14 et 28 milliards d’euros entre 2028 et 2034 – une somme comparable au budget actuel pour les échanges étudiants Erasmus+. »

Sandra Gómez López, membre du comité et MEP, a décrit cette taxe comme faisant partie d’un ensemble plus large de mesures S&D visant à créer des revenus « durables, prévisibles et résilients » pour le budget de l’Union. « Nous saluons les efforts de la Commission pour identifier de nouvelles ressources », a affirmé Gómez López. Elle a exhorté les États membres à surmonter l’impasse concernant les réformes des revenus de l’UE, appelant à de nouveaux mécanismes de financement capables de générer au moins 60 milliards d’euros annuellement pour soutenir le remboursement de la dette NextGenerationEU.

Cependant, l’European Gaming & Betting Association (EGBA) critique la proposition, la qualifiant de « fondamentalement irréalisable » et avertissant que des taxes supplémentaires à l’échelle de l’UE risquent de fragiliser les opérateurs réglementés tout en profitant aux fournisseurs du marché noir. La Commission européenne a proposé séparément cinq nouvelles sources de revenus à l’échelle de l’UE, incluant des droits sur le tabac, des redevances sur les déchets électroniques et des mesures fiscales sur les entreprises – visant environ 58,5 milliards d’euros annuellement avec ces nouvelles sources de financement.

Toutefois, tout mécanisme fiscal à l’échelle de l’UE nécessitera le soutien unanime des États membres – un obstacle politique qui a souvent freiné les initiatives fiscales communes à Bruxelles, notamment celles liées à l’harmonisation des lois sur le jeu entre les États membres. Pour le secteur des jeux d’argent en Europe, les discussions marquent la première tentative sérieuse de positionner les paris en ligne comme un contributeur direct aux priorités de financement stratégique de l’UE, ouvrant potentiellement un nouveau chapitre dans la manière dont la fiscalité des jeux est débattue à travers le bloc.

Rejoignez notre chaîne Telegram pour recevoir des codes bonus exclusifs chaque semaine ! Restez à l'affût des dernières offres. Rejoignez-nous dès maintenant !

Telegram Icon Rejoignez maintenant ×