Le 10 mars 2026, le marché florissant de l’iGaming au Brésil, depuis son lancement en 2025, subit de fortes turbulences politiques. Un discours récent du président Lula pourrait bien marquer un tournant décisif à l’approche des élections nationales.
Lula est engagé dans une compétition serrée avec Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président. Lors d’un discours pour la Journée Internationale des Femmes, il a clarifié sa position sur le jeu, spécifiquement en critiquant le ‘Jogo do Tigrinho’ – le ‘Jeu du Petit Tigre’ en français, une variante particulière des machines à sous. Lula a dénoncé ce jeu comme une source d’endettement pour les familles brésiliennes, accessible via leurs téléphones portables.
Lors de son allocution, il a évoqué la possibilité d’interdire certains titres de jeux afin de protéger les joueurs. Lula a alerté sur l’impact de la prolifération des produits de jeu sur l’écosystème familial brésilien. Pour lui, l’addiction au jeu est un fléau touchant les foyers, causant une répartition inégale du fardeau sur les femmes. L’argent destiné à l’alimentation, au loyer, et à l’école des enfants disparaît sur les écrans de téléphones, a-t-il souligné. “Nous travaillerons ensemble, le Gouvernement, le Congrès et la Justice, pour faire en sorte que ces casinos numériques ne continuent pas à endetter les familles et détruire les foyers.”
La position de Lula sur le jeu s’est durcie avec le temps. En 2024, il soutenait encore la législation sur le jeu, estimant que l’interdiction était dépassée. Cependant, depuis la légalisation des jeux en ligne, il est devenu de plus en plus critique envers le secteur. Ce discours est d’autant plus alarmant à l’approche des élections.
Depuis la légalisation du jeu, l’imposition au Brésil a également augmenté. Les négociations de fin 2025 ont conduit le Congrès à ajuster la structure fiscale avec la Loi Complémentaire n° 224. Les législateurs ont rejeté la proposition initiale du gouvernement de doubler le taux de prélèvement brut sur les jeux à 24 % en 2026, optant plutôt pour un plan progressif qui augmente de 1 % par an, atteignant 15 % d’ici 2028.
Face à cette révision fiscale, le prélèvement CIDE-Bets a été perçu par les opérateurs comme une taxe additionnelle, mais les députés ont supprimé la surcharge de 15 % du texte final avant l’approbation du projet de loi.
L’élection à venir n’est pas seulement un référendum sur le jeu, car l’avenir de l’industrie semble incertain, quelle que soit la direction des sondages, avec Bolsonaro également critique envers le secteur. Il a précédemment annoncé qu’il s’opposerait à toute législation sur le jeu, s’inscrivant dans un discours conservateur plus large.
Bien que des inquiétudes subsistent quant à l’avenir du secteur du jeu, Lula maintient une position relativement plus souple comparée à Bolsonaro. Cependant, l’élection pourrait accélérer une trajectoire tumultueuse pour l’industrie du jeu au Brésil, indépendamment du vainqueur.
