Le 30 mars 2026, la Cour suprême d’Autriche a statué que les directeurs exécutifs pourraient être personnellement responsables des litiges liés aux jeux d’argent en ligne, violant les lois sur les délits. Cette décision suit le jugement récent de l’avocat général de la CJUE, Nicholas Emiliou, sur le long conflit de l’affaire Wunner. En janvier, Emiliou, de Chypre, a déterminé que les pertes liées aux jeux en ligne peuvent être imputées selon les lois sur les délits des États membres, une branche du droit civil concernant les préjudices physiques, personnels ou financiers.
Cette détermination s’applique à un conflit de longue date en Autriche, cherchant à obtenir des compensations pour les pertes des joueurs auprès d’opérateurs de jeux d’argent en ligne non licenciés sur le marché intérieur. Cette application a été contestée par Malte, invoquant l’illégitimité du jugement selon le Bill 55. Avec le soutien du jugement de l’avocat général, la Cour suprême croit que l’accountabilité du différend peut dépasser les « limitations structurelles » en s’appliquant à la gestion des licences de jeux en ligne.
Les tribunaux autrichiens peuvent désormais utiliser les « ordonnances et lois protectrices » prévues par la loi autrichienne sur les jeux de 1989. Cette décision offre un nouveau mécanisme aux tribunaux autrichiens pour tenir la gestion des opérateurs de jeux d’argent en ligne responsable, là où, jusqu’à présent, la responsabilisation des pertes était considérée comme une discipline d’entreprise.
Les médias autrichiens ont noté que la décision de la Cour suprême marquait un déplacement de la protection corporative vers le risque personnel, les tribunaux autrichiens cherchant à surmonter les obstacles à l’application transfrontalière. En étendant la responsabilité aux directeurs, la Cour suprême a effectivement percé le voile corporatif, permettant aux plaignants de poursuivre les individus plutôt que de s’appuyer uniquement sur l’entité juridique.
Cette intervention de la Cour suprême pourrait remodeler considérablement les litiges liés aux jeux d’argent par les tribunaux autrichiens, notamment dans les cas où les réclamations d’entreprise sont difficiles à appliquer à travers les juridictions.
Malte défend ses protections selon le Bill-55
La position de l’Autriche continue de s’opposer à la défense de Malte de son régime de licences. En 2025, Malte a adopté le Bill 55, introduisant l’article 56A de la loi sur les jeux de Malte. Cette disposition a été conçue pour empêcher les tribunaux maltais de reconnaître ou d’appliquer des jugements étrangers contre les opérateurs licenciés à Malte lorsque ces jugements sont jugés contraires à la politique publique nationale.
Malte maintient que le Bill 55 est une sauvegarde législative légitime, protégeant l’autorité de la Malta Gaming Authority et l’intégrité de son cadre réglementaire. Les officiels maltais soutiennent que de nombreuses réclamations autrichiennes et allemandes concernent des périodes de transition réglementaire.
En Allemagne, les litiges concernent principalement la phase pré-2021 avant la mise en œuvre du quatrième traité d’État sur les jeux d’argent (GlüStV 2021). Concernant l’Autriche, Malte pointe du doigt les cadres réglementaires incomplets, le jeu en ligne restant sous un monopole d’État dirigé par Win2Day des loteries autrichiennes.
Les tribunaux maltais estiment que les cadres irréguliers de l’Autriche et de l’Allemagne compromettent la crédibilité des réclamations transfrontalières. En 2026, Malte a renforcé sa position de longue date selon laquelle les opérateurs ont été soumis à des actions d’application rétrospectives et disproportionnées, sapant la gouvernance de la Malta Gambling Authority (MGA).
Malgré la résistance de Malte, la Cour suprême autrichienne a indiqué que les tribunaux nationaux doivent pouvoir appliquer rigoureusement les lois sur les délits et, si nécessaire, les étendre aux « individus derrière les structures corporatives. »
L’Autriche… La responsabilité par tous les moyens nécessaires
Le jugement ne crée pas de nouvelle législation mais réinterprète les principes de responsabilité existants pour renforcer les résultats de l’application de la loi autrichienne sur les jeux, indépendamment de tout besoin de modernisation des dispositions réglementaires. En tant que cour suprême d’un État membre de l’UE, la Cour suprême affirme qu’elle doit fournir toutes les voies raisonnables pour recouvrer des dommages lorsque l’application corporative s’avère inefficace.
Pour l’industrie au sens large, les implications sont significatives. L’extension de la responsabilité aux directeurs introduit un nouveau niveau d’exposition pour les opérateurs actifs dans les marchés gris ou non licenciés. Bien que les défis liés à l’application transfrontalière persistent, la direction est claire: les tribunaux européens sont de plus en plus disposés à explorer des voies alternatives vers la responsabilité, le risque juridique n’étant plus confiné à l’entité corporative mais s’étendant à ceux qui dirigent ses opérations.
Pourtant, toute application ou règlement reste incertain alors que Malte ne montre aucun signe de céder du terrain. Après deux décennies de bourbier juridique, ce différend semble destiné à se poursuivre en 2026 et au-delà.

Bernard Leroy est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos virtuels. Il a débuté sa carrière il y a + de 10 ans en écrivant des articles sur les stratégies de poker et de blackjack e ligne pour différents sites web spécialisés.
