Merkur AG, le géant allemand des jeux d’argent appartenant à la Gauselmann Family Foundation, a conclu un accord pour acquérir la Société Française de Casinos, qui gère sept casinos terrestres en France. Cette transaction, qui devrait être finalisée au premier trimestre 2027, marque la troisième acquisition d’un opérateur de casinos terrestres français au cours des 18 derniers mois.
En juillet, le groupe Banijay, maison mère de Betclic, a accepté d’acquérir le groupe JOA et ses 33 complexes en France. Plus tôt, en janvier 2025, un autre groupe allemand, Novomatic, a acquis les 11 établissements de Vikings Casinos pour un montant non divulgué.
En acceptant de payer 6,20 € par action de SFC, Merkur paie une prime de 196 % sur la valeur des actions du groupe, qui se négocient actuellement à 2,40 €. SFC prévoit de générer cette année des revenus bruts de 22,5 millions d’euros, des revenus nets de jeux de 13,3 millions d’euros et un EBITDA d’environ 3,5 millions d’euros.
Au-delà des chiffres, cette transaction accroît inévitablement les spéculations sur la probabilité d’un effort concerté pour légaliser les casinos en ligne en France. Cela impliquerait un modèle réglementaire qui suit de près le projet JADE proposé ces dernières années par le groupe de commerce Casinos de France, qui représente les plus grands opérateurs de casinos du pays.
Il semble impensable, selon les observateurs du secteur, que ces trois groupes dépensent des millions d’euros uniquement pour le prestige de posséder des casinos français, aussi bien connus soient-ils. Comme souligné lors de la transaction Banijay-JOA : « D’un point de vue du développement réglementaire, il est difficile de ne pas voir que l’accord place Banijay dans une position unique : en tant que fer de lance pour plaider en faveur des opérateurs en ligne et en tant qu’un des trois principaux opérateurs terrestres, capable d’influencer un éventail de conversations clés sur le plan réglementaire et commercial. »
Le fait que la SFC ne fasse pas partie des CdF n’aurait pas d’importance, puisque tous les casinos terrestres en France seraient inclus dans un projet réglementaire de type JADE. Merkur et Novomatic bénéficient également du modèle unique de la France en matière d’exploitation de casinos terrestres, où les machines à sous doivent être achetées via des sociétés appelées « sociétés de fourniture et de maintenance » (SFM).
Comme les deux groupes allemands fabriquent leurs propres machines, ils n’ont plus besoin de les acheter via les SFM pour leurs propres complexes, ce qui augmente leurs marges, tout en continuant à fournir leurs propres produits à d’autres opérateurs français.
Le fait que la SFC soit cotée en bourse est un autre point d’intérêt. Étant donné que Vikings Casinos est un groupe privé, il n’a pas été possible de savoir combien Novomatic a payé pour lui. Mais avec Vikings exploitant 11 casinos et SFC sept, les observateurs de l’industrie auront noté combien Merkur a été prêt à payer pour le groupe et auront tiré leurs propres conclusions quant aux futures cibles de fusions et acquisitions.
Bien sûr, rien de tout cela ne garantit que la réglementation des casinos en ligne se concrétisera en France. Cependant, avec Betclic, Merkur et Novomatic, ainsi que les groupes belges Circus et Golden Palace, le pays dispose d’acteurs de casino possédant les complexes physiques, l’expertise en ligne et l’envergure nécessaires pour s’imposer dans le domaine des jeux et paris en ligne.
