Cette semaine, le procès très attendu de Yorgen Fenech a débuté, le millionnaire héritier d’un empire de casinos et d’hôtels à Malte étant accusé d’avoir orchestré le meurtre de la journaliste Daphne Caruana Galizia. Ce cas a attiré une couverture internationale en raison de la nature explosive de ses révélations sur le milieu criminel maltais.
Depuis son arrestation en 2019, Fenech a nié les accusations, et ses avoirs ont été gelés dans la foulée. Les retards répétés pour amener l’affaire devant le tribunal ont suscité des critiques généralisées de la part des militants ainsi que de la famille de la victime.
Daphne Caruana Galizia a été assassinée en 2017 lors d’un attentat à la voiture piégée. Cinq personnes ont déjà été condamnées pour leur implication dans le meurtre. L’affaire a également conduit à la chute du Premier ministre de l’époque, Joseph Muscat, accusé d’avoir créé un climat d’impunité pour les auteurs du meurtre.
Le ministère public soutient que Fenech a orchestré le meurtre de Caruana Galizia, car elle enquêtait sur la corruption le concernant, notamment à travers une société offshore basée à Dubaï, appelée 17 Black. Au cœur de l’accusation se trouve le témoin vedette, Melvin Theuma, qui a reçu une grâce présidentielle en 2019 afin de révéler plus d’informations sur le meurtre.
Selon l’accusation, Theuma a été engagé par Fenech pour trouver quelqu’un qui tuerait Caruana Galizia avant qu’elle ne dévoile des informations compromettantes sur l’homme d’affaires maltais. En tant qu’intermédiaire dans l’affaire, Theuma aurait enregistré des conversations avec Fenech après le meurtre pour renforcer sa position de témoin clé.
Déjà incarcérés pour leur rôle dans le meurtre, Alfred et George Degiorgio sont au centre de l’affaire, avec l’accusation affirmant que Fenech a financé leur défense lors du procès. Le monde entier a les yeux rivés sur Malte alors que Fenech risque la perpétuité s’il est reconnu coupable.
Bien que souvent confiné dans un centre de détention provisoire depuis son arrestation, les liens de Fenech avec le secteur du jeu ne sont pas complètement éradiqués. L’année dernière, la Kansspelautoriteit (KSA), l’autorité néerlandaise de régulation des jeux, a soutenu sa décision de rejeter une demande de licence d’un opérateur maltais après avoir découvert qu’un de ses anciens actionnaires était Fenech.
L’opérateur, dont le nom n’a pas été révélé, avait initialement demandé une licence pour entrer sur le marché néerlandais en 2023. Cependant, la KSA a statué que l’entreprise ne satisfaisait pas aux critères d’intégrité du pays. En réponse, l’opérateur a contesté la décision en justice, mais un juge a confirmé le verdict de la KSA.
Les lacunes dans la demande de l’opérateur reposaient sur le manque d’informations fournies concernant un ancien actionnaire spécifique de l’entreprise. Le régulateur a conclu qu’il y avait un manque d’informations suffisantes dans les déclarations de l’entreprise et que des faux rapports avaient été fournis, justifiant ainsi le rejet de la demande. Le tribunal a jugé que la base de cette décision était justifiée.
En dépit de ces controverses, un autre point de vue suggère que l’affaire pourrait influer positivement sur la transparence et la régulation dans le secteur du casino à Malte. Certains dans l’industrie estiment que l’attention internationale pourrait servir de catalyseur pour des réformes nécessaires au sein du secteur. « Cela pourrait être le choc dont nous avons besoin », pensent certains experts, espérant que cela incitera à une meilleure gouvernance.
Tandis que le procès se poursuit, Malte reste sous le regard vigilant du monde entier, illustrant à la fois les défis de la lutte contre la corruption et la quête incessante de vérité et de justice. Le sort de Fenech reste incertain, mais l’impact de cette affaire pourrait résonner bien au-delà des frontières de l’île.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
