Suspension des licences d’opérateurs de jeu au Kenya jusqu’en septembre

Au Kenya, les réformes réglementaires récentes ont été mises en suspens après un décret de la Haute Cour suspendant l’application des Règlements de contrôle du jeu (Licences) 2026. Cette suspension intervient suite à une pétition constitutionnelle contestant la validité de ces règlements, qui étaient déjà en vigueur depuis moins d’un mois.

Le mois dernier, la nouvelle Autorité de régulation des jeux de hasard du Kenya (GRA) avait promulgué un nouvel ensemble de règles réglementaires, marquant potentiellement le début d’une nouvelle ère de cadres de licences. Le conseil d’administration avait confirmé publiquement le début de son premier cycle de licences pour les candidats intéressés. Cependant, une pétition a été déposée par l’avocat spécialisé dans les jeux en ligne, Thomas Buckley Opar Owuor, accompagné d’un deuxième demandeur, Ken Brance. Cette pétition a été dirigée contre le Premier Secrétaire du Cabinet, le Secrétaire du Cabinet pour les Affaires étrangères et de la diaspora, la GRA, et le Procureur général, et se trouve désormais devant le système judiciaire du pays.

L’appel repose principalement sur deux provisions majeures : l’absence de participation publique adéquate et de consentement lors du processus de publication de la loi, et l’absence d’autorité statutaire du Secrétaire du Cabinet pour promulguer les règlements, soulignant que ceux-ci auraient pu être signés par le mauvais ministre. Les procureurs soutiennent que les pouvoirs de création de règlements de ce type appartiennent exclusivement au Secrétaire du Cabinet pour le Service public, Geoffrey Kiringa Ruku, qui avait supervisé l’institution du nouveau conseil en octobre 2025.

En revanche, c’est Musalia Mudavadi, en sa qualité de Premier Secrétaire du Cabinet et de Secrétaire du Cabinet pour les Affaires étrangères et de la diaspora, qui a signé les règlements contestés. Les procureurs affirment ne trouver aucune loi formelle pour une telle action liée aux jeux de hasard dans ses attributions.

L’appel remet aussi en question certaines provisions substantielles concernant les frais annuels de licence d’exploitation et l’augmentation significative des exigences en capital que les candidats doivent atteindre. Les frais de licence sont de 50 millions KES pour les casinos en ligne et les bookmakers en ligne, tandis que les loteries en ligne se voient imposer un tarif de 20 millions KES. Les opérateurs doivent également fournir une caution de sécurité de 200 millions KES pour leurs entreprises.

Face à l’augmentation très médiatisée des frais, le consultant en jeux en ligne Kristof Szucs estime que les législateurs pourraient avoir surestimé leur marché, reconnaissant qu’il est très exagéré selon lui. « Eh bien, c’est un régime coûteux. Mais seul le temps nous dira ce qui se passe. Je suis très sceptique quant aux raisons publiques », confia-t-il à iGaming Expert.

Il a ajouté qu’il espérait que les frais soient plus une erreur de frappe qu’une valeur réelle, et que quelqu’un avait par conséquent appuyé sur le bouton d’arrêt d’urgence, ce qui est une bonne chose selon lui, bien qu’il puisse se tromper lourdement.

Alors que la Cour n’a pas encore déterminé les mérites de la pétition, l’Honorable Juge William Musyoka a accordé une suspension ex parte en attente de l’audience inter partes de la requête. L’affaire est actuellement programmée pour mention le 21 septembre 2026, date à laquelle les défendeurs devront avoir déposé leurs réponses. Il convient de noter que les procédures ne contesteront pas la loi sur le contrôle des jeux de hasard de 2025 elle-même, mais plutôt les législations subsidiaires prises en vertu de celle-ci par le ministre en question.

En parallèle, certains acteurs du marché estiment que les nouvelles réglementations, bien que suspendues, pourraient représenter un cadre plus robuste pour le secteur des jeux au Kenya, renforçant la confiance des investisseurs et des consommateurs. Toutefois, d’autres avertissent qu’une régulation trop stricte pourrait étouffer l’innovation et la croissance dans le secteur. L’industrie des jeux, en plein essor en Afrique, et particulièrement au Kenya, est confrontée à une période de grande incertitude, où l’équilibre entre supervision réglementaire et dynamisme économique est crucial.

Le débat sur la régulation des jeux de hasard ne se limite pas au Kenya. D’autres pays de la région suivent de près cette affaire, car elle pourrait influencer les politiques futures sur la régulation des jeux à travers le continent africain. Les résultats des procédures judiciaires donneront non seulement une direction pour le Kenya, mais pourraient également servir de référence pour d’autres nations confrontées à des défis similaires.

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