Conflit Juridique Entre Malte et l’Autriche sur la Loi 55

Le 3 février 2026, le tribunal maltais a invoqué l’Article 56A, plus connu sous le nom de Loi 55, pour contourner les décisions de la Cour de justice de l’Union européenne dans le cadre d’un litige de longue date avec l’Autriche. Cette démarche marque une nouvelle étape dans la bataille juridique entre les deux pays, chacun défendant sa législation sur le jeu en ligne.

En s’appuyant sur l’Article 56A de la loi maltaise sur les jeux, Malte cherche à protéger ses lois nationales, permettant à ses tribunaux de rejeter tout jugement étranger susceptible de remettre en cause la validité des licences de jeu maltaises. Cette initiative se base sur l’Article 56 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), qui garantit le droit de fournir des services librement entre les États membres de l’UE.

Malgré cette position, les tribunaux maltais n’ignorent pas les décisions de la Cour de justice de l’UE mais appliquent des exceptions fondées sur la politique publique en vertu du Règlement Bruxelles I Décision (UE) 1215/2012. Ces exceptions, renforcées par l’Article 56A, visent à bloquer l’application de décisions civiles étrangères qui, selon eux, sapent le cadre réglementaire du jeu à Malte.

Un juge impliqué dans l’affaire a souligné qu’adopter la décision autrichienne affaiblirait la licence de l’Autorité de jeu de Malte (MGA). Les conséquences potentielles sur l’écosystème européen du jeu et sur la capacité d’une licence MGA à offrir des services sur les marchés de l’UE sont importantes. L’été dernier, la Commission européenne a lancé des procédures formelles d’infraction concernant la Loi 55.

À l’avenir, les opérateurs utilisant une licence maltaise pour exercer ailleurs en Europe pourraient être contraints de demander une licence dans chaque juridiction où ils opèrent, si les appels aboutissent en faveur des demandeurs. Cette situation pourrait également survenir si les régulateurs décident de prendre en compte de tels cas dans leur lutte conjointe contre le marché noir.

Malte présente la Loi 55 comme un bouclier pour sa législation nationale, permettant aux tribunaux de refuser les jugements étrangers qui contredisent la validité des licences délivrées par la MGA. Ce différend a des implications significatives pour le paysage du jeu en ligne en Europe, notamment en ce qui concerne l’offre transfrontalière de services par les opérateurs titulaires de licences MGA.

L’affaire semble destinée à s’intensifier, la Cour de justice de l’UE ayant déjà décrit les mesures importantes que les tribunaux européens pourraient prendre pour renforcer l’action contre les opérateurs maltais. Selon l’Avocat général de la Cour de justice de l’UE, le cadre pourrait évoluer pour atténuer l’efficacité de la Loi 55 lorsque Malte cherche à protéger ses opérateurs nationaux.

Dans une saisine significative, l’Avocat général a proposé de permettre aux autorités internationales de geler les actifs des entreprises basées à Malte en cas de violations locales. Bien qu’aucun jugement définitif n’ait encore invalidé l’Article 56A, un Avocat général de la Cour de justice de l’UE a indiqué que les outils d’exécution européens pourraient être interprétés de manière à réduire la capacité de Malte à protéger les opérateurs.

Parmi les options mises en avant, l’utilisation potentielle du Règlement sur l’Ordre de gel européen des comptes (EAPO) pourrait permettre aux autorités étrangères de geler les actifs des entreprises maltaises dans les litiges transfrontaliers, même si les tribunaux maltais refusent d’appliquer les jugements.

Une approche alignée pour traiter les opérateurs non licenciés dans leur juridiction est au cœur des préoccupations des régulateurs européens. L’Autriche, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Portugal, l’Espagne et la Grande-Bretagne se sont unies dans cette stratégie. Les régulateurs soulignent que « le jeu en ligne illégal sape l’ensemble du cadre réglementaire conçu pour protéger l’intérêt public. »

Sa nature sans frontières et la rapidité de l’innovation technologique facilitent l’évasion de la surveillance réglementaire par les opérateurs illégaux. Cela crée des risques importants pour la protection des consommateurs et de la santé publique, met en danger l’ordre public et nuit à l’activité des opérateurs légitimes. Le groupe s’est engagé à partager des informations sur les opérateurs illégaux ainsi que des connaissances et des meilleures pratiques pour identifier, enquêter et sanctionner les opérateurs hors la loi.

Concernant spécifiquement la Loi 55, le GGL a précédemment déclaré: « Nous pensons que cette loi ne devrait pas être compatible avec les exigences européennes pour la reconnaissance des décisions (Règlement (UE) 1215/2002). Cependant, l’évaluation finale de cette question n’est pas de notre ressort. Nous avons informé les États fédéraux de notre évaluation et sommes par ailleurs en contact avec les autorités compétentes. »

Le conflit actuel entre Malte et l’Autriche sur la Loi 55 pose des questions importantes quant à l’avenir du jeu en ligne en Europe et met en lumière les défis d’harmonisation des lois nationales avec les règlements européens. Tandis que la bataille juridique s’intensifie, les regards se tournent vers la Cour de justice de l’UE pour voir comment elle arbitrera ce conflit qui pourrait redéfinir le jeu licite à l’échelle continentale.

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