Le Marché du Jeu au Nigeria Confronté à une Nouvelle Réforme Fiscale

Le 24 février 2026, les autorités de Lagos ont annoncé l’instauration d’une taxe de 5 % sur les gains des parieurs en ligne. Cette décision suscite des inquiétudes parmi les investisseurs qui voient dans cette mesure un frein potentiel à l’attraction de nouveaux capitaux dans la région. Pourtant, le marché nigérian du jeu continue de croître malgré les spéculations réglementaires.

Bashir Are, directeur général de l’Autorité des loteries et des jeux de Lagos, a expliqué que cette nouvelle taxe fait partie d’une « initiative plus large visant à renforcer la conformité fiscale, la transparence et la responsabilité dans le secteur des jeux en pleine expansion ». Dans un contexte où le marché du jeu se développe rapidement, la régulation fiscale devient un enjeu majeur.

Cette tendance à l’augmentation des taxes sur les gains des jeux n’est pas un phénomène inédit en Afrique. En décembre 2025, le Zimbabwe a relevé sa taxe de 10 % à 25 % sur les gains, tout en augmentant celle des opérateurs de 3 % à 20 %. De son côté, le Sénégal a appliqué une taxe de 20 % sur les gains des joueurs à la même époque.

Cependant, cette décision n’a pas fait l’unanimité dans tous les pays. En Zambie, par exemple, une taxe d’accise de 10 % sur toutes les mises a suscité de vives critiques. Les opérateurs locaux, tels que BetPawa et Betway, ont tenté sans succès de contester cette taxe devant la justice, arguant qu’elle rendait le marché insoutenable. Face à cette situation, Betway a annoncé en octobre son retrait en tant que principal partenaire de la Premier League zambienne, invoquant une impossibilité d’investir durablement.

Par ailleurs, le projet de loi central sur le jeu au Nigeria, qui vise à harmoniser les régulations et les cadres fiscaux des 36 États du pays, a rencontré un obstacle majeur. Fin janvier, le président Bola Ahmed Tinubu a refusé de signer le projet de loi, renforçant ainsi l’idée que centraliser la régulation au niveau fédéral contreviendrait à la constitution nigériane. « Le Nigeria a franchi un seuil constitutionnel important et le pays est passé d’une incertitude législative à une phase de clarté constitutionnelle, » a commenté Are. « Bien que les plateformes en ligne transcendent la géographie, les conséquences sociales des jeux – addiction, dommages aux consommateurs, exposition des jeunes et impact communautaire – restent profondément locales. »

Les partisans de la décision estiment qu’elle permettra aux opérateurs et aux régulateurs étatiques d’agir avec plus de clarté opérationnelle et de développer un cadre qui soutiendra la croissance du marché nigérian des jeux. Super Group, dans ses derniers résultats, a affiché une approche optimiste à l’égard du marché africain, tout en maintenant une évaluation continue de sa stratégie au Nigeria alors que le marché évolue et se stabilise en termes de taux d’imposition.

La progression constante du marché, due à une pénétration mobile accrue, souligne l’importance d’une régulation réfléchie qui apporte un bénéfice économique au gouvernement tout en protégeant les joueurs et en favorisant une croissance supplémentaire. En fin de compte, cette réforme fiscale est vue par certains comme une étape nécessaire pour aligner les intérêts économiques du Nigeria avec une régulation efficace et protectrice du secteur du jeu.

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