Le 31 mars 2026, Gamban a confirmé son exclusion du processus de financement orchestré par l’Office for Health Improvement and Disparities (OHID), alimentant ainsi la controverse autour du nouveau prélèvement statutaire destiné à lutter contre les méfaits du jeu. Ce changement de financement, qui a marqué l’arrêt des opérations de GambleAware, a surpris de nombreux acteurs du secteur.
Gamban, reconnu comme un outil efficace pour bloquer l’accès aux plateformes de jeux de hasard sur tous types d’appareils, a été écarté du processus de financement en raison de son statut de société à responsabilité limitée. En conséquence, Gamban a annoncé qu’il ne pourrait plus offrir ses services gratuitement. Désormais, l’utilisation de l’application coûtera 4,99 £ par mois ou 29,99 £ par an, alors qu’elle était précédemment gratuite via des références comme TalkBanStop.
La décision de l’OHID a été vivement critiquée par Gamban, qui considère que son statut de société ne devrait pas être un motif d’exclusion, surtout lorsque la qualité de ses services est avérée. Matt Zarb-Cousin, co-fondateur de Gamban, a qualifié les critères de sélection de « déroutants », remettant en question l’amélioration potentielle des services sous ce nouveau système de prélèvement.
Mark Conway, consultant en prévention des méfaits du jeu, a souligné que l’exclusion de Gamban était une issue inévitable mais regrettable du processus de financement. Selon lui, même sous le régime précédent de « Don volontaire pour la recherche et le traitement » (RET), le statut commercial de Gamban aurait posé problème aux commissaires. Il a déploré le manque d’ajustements pour intégrer des outils précieux comme Gamban dans le nouveau système.
Le Réseau d’Expérience Vécue du Jeu (GLEN) a également critiqué l’approche de l’OHID, qualifiant le processus de mise en place du prélèvement de « gestion maladroite ». Le réseau a déclaré que l’exclusion d’experts et d’intervenants du secteur de la planification stratégique et des décisions était un exemple flagrant des conséquences d’une telle approche.
D’autres voix de l’industrie ont aussi exprimé leur désaccord. Jordan Lea, fondateur de Deal Me Out, a critiqué le processus dès le début, redoutant un virage vers un message de santé publique plus agressif. Lors du Sommet sur la Prévention du Jeu Illégal, il a souligné que ses craintes initiales se réalisaient, entraînant des pertes d’emploi significatives et la fermeture de nombreuses organisations caritatives clés, y compris le départ de GambleAware.
Consciente des problèmes croissants liés à la mise en œuvre du nouveau prélèvement, le gouvernement britannique a lancé la semaine dernière le Fonds de Transition du Prélèvement sur le Jeu (GLTF), fournissant trois mois de financement supplémentaire pour les organisations n’ayant pas obtenu de financement dans le cadre initial. Le ministère de la Culture, des Médias et des Sports a reconnu le « changement générationnel » apporté par cette transition.
Malgré l’introduction du GLTF, de nombreuses organisations, y compris GambleAware qui a publié un rapport d’héritage avant sa fermeture, avertissent que le nouveau modèle de financement pourrait fragmenter les services de traitement au Royaume-Uni, compromettant ainsi la qualité des soins pour les utilisateurs. Il est crucial, selon le rapport, d’agir délibérément pour éviter que ces risques n’érodent les progrès réalisés dans la prévention et l’intervention précoce.
D’un autre point de vue, certains observateurs estiment que la réorganisation du financement pourrait à long terme améliorer la transparence et l’efficacité du système de soutien en matière de jeux de hasard. Toutefois, cette vision optimiste repose sur une révision attentive et continue des processus de sélection et de financement pour garantir qu’ils soutiennent véritablement les organisations les plus efficaces et les plus innovantes.
En conclusion, la situation actuelle reflète une transition tumultueuse où la nécessité d’un équilibre entre innovation, efficacité et accès universel aux services de prévention des jeux de hasard reste un défi majeur à relever pour l’avenir du secteur. Les débats autour de l’inclusion d’acteurs comme Gamban ne sont qu’un exemple des questions complexes auxquelles les autorités et les parties prenantes doivent répondre pour améliorer les politiques publiques dans ce domaine.
