Le 8 avril, le Service de Régulation et d’Inspection des Jeux (SRIJ) du Portugal a lancé une nouvelle plateforme pour faciliter le processus d’auto-exclusion pour les joueurs et non-joueurs auprès de tous les opérateurs de jeux en ligne agréés. Cette initiative marque une nouvelle étape dans l’effort de simplification et d’amélioration de l’expérience utilisateur.
La nouvelle plateforme, annoncée par le SRIJ, propose une interface « plus simple et intuitive », permettant aux utilisateurs d’effectuer des demandes d’auto-exclusion plus rapidement et plus efficacement. En outre, elle a été optimisée pour les appareils mobiles, répondant ainsi aux besoins des utilisateurs modernes.
Le SRIJ a déclaré : « Avec cette nouvelle plateforme, le SRIJ renforce la qualité de ses services numériques et l’efficacité des mécanismes de contrôle des jeux de hasard mis à disposition des joueurs. »
Les joueurs ont la possibilité de s’auto-exclure pour une période déterminée, avec un minimum de trois mois, ou de manière indéfinie, offrant ainsi une flexibilité adaptée à leurs besoins.
Depuis le début de la régulation en 2015, le marché des jeux au Portugal a connu une croissance significative, comprenant désormais 17 opérateurs agréés. Au quatrième trimestre 2025, le marché a généré 337,6 millions d’euros, soit une augmentation de 4,5 % par rapport à la même période en 2024.
Le jeu responsable reste un pilier central de tout marché régulé, et l’évolution du service d’auto-exclusion du Portugal témoigne de cet engagement. Cependant, des voix s’élèvent pour mettre en garde contre les effets potentiellement négatifs de ces mesures si elles ne sont pas correctement équilibrées.
Miguel Luis, responsable de la conformité chez l’opérateur portugais Lebull, souligne que le Portugal doit apprendre des autres marchés pour éviter que les mesures mises en place n’incitent les joueurs à se tourner vers le marché noir. « Le plus grand défi est de maintenir une expérience engageante et sans friction tout en protégeant le joueur des comportements à risque. Les mesures de jeu responsable les plus courantes, comme les limites de mises, de dépôts ou de pertes, sont souvent perçues par les joueurs comme une ‘interférence’ dans leur temps de loisir. »
Selon lui, l’équilibre idéal réside dans l’investissement dans une expérience utilisateur/ interface utilisateur (UX/UI) éducative, avec des éléments qui résonnent auprès des joueurs, en créant des expériences où les outils de jeu responsable sont présentés non pas comme des barrières, mais comme des éléments de valeur pour l’utilisateur. Ces outils doivent être communiqués comme une bonne chose, accessible au joueur, et non comme quelque chose de simplement « là », ou imposé unilatéralement.
Luis insiste également sur la nécessité d’une véritable collaboration intersectorielle entre les parties prenantes pour qu’un régime de jeu responsable soit efficace.
D’une autre perspective, certains experts soulignent que, malgré l’importance des outils d’auto-exclusion, l’éducation des joueurs et la promotion d’une culture de jeu conscient restent cruciales. Il est essentiel que les régulateurs et les opérateurs travaillent ensemble pour s’assurer que les outils de protection sont perçus positivement et utilisés volontairement par les joueurs. Cela implique également de comprendre les comportements et motivations des joueurs pour mieux adapter les outils disponibles.
En conclusion, le lancement de cette plateforme remaniée par le SRIJ représente une avancée notable dans le cadre du jeu responsable au Portugal. Toutefois, le défi reste de s’assurer que ces outils sont non seulement efficaces mais également perçus comme bénéfiques par les joueurs. En équilibrant protection et engagement, le Portugal peut espérer maintenir un marché de jeu en ligne sain et régi, tout en minimisant les risques associés aux comportements de jeu problématiques.
