Le 11 juin 2026, lors du symposium Gamble Alert qui s’est tenu à Lagos, l’accent a été mis sur le besoin urgent de réglementations renforcées pour combattre la publicité excessive et non sollicitée dans l’industrie du jeu à travers l’Afrique. Cet événement a réuni des régulateurs, des travailleurs de la santé mentale et des dirigeants d’opérateurs pour discuter des défis posés par la publicité incontrôlée.
Gamble Alert est une organisation non gouvernementale de premier plan qui milite pour des pratiques de jeu plus sûres en Afrique. Au cours du symposium, Akande Adewale, directeur juridique et de la conformité chez Bet9ja, a souligné le schéma préoccupant de la publicité manipulatrice adoptée par certains opérateurs. Selon lui, il est essentiel que les messages diffusés par les influenceurs soient objectifs et équilibrés pour éviter de tromper les parieurs par des promesses fallacieuses de gains importants.
Adewale a mis en garde : « Souvent, les influenceurs incitent les parieurs à jouer en affirmant que quelqu’un a gagné une somme importante, ce qui n’est souvent pas vrai. Chez Bet9ja, nous ne révélons pas nos gagnants, bien que certains exploitent cette information pour attirer les clients. Les opérateurs doivent veiller à ce que les messages des ambassadeurs de marque permettent aux consommateurs de prendre des décisions éclairées. »
Un consensus s’est dégagé parmi les régulateurs présents sur l’urgence d’améliorer les réformes réglementaires en Afrique pour protéger les joueurs. Bashir Are, PDG de la Lagos State Lotteries and Gaming Authority, a mentionné le lancement de SafePlay, un outil national d’auto-exclusion qui permet aux joueurs de se retirer volontairement des jeux d’argent s’ils le jugent nécessaire. Il a insisté sur l’importance de renforcer les procédures de connaissance du client (KYC) et de surveiller les infrastructures de paiement pour empêcher l’accès des mineurs.
Olajide Boladuro, Directeur général de l’Oyo State Gaming and Lottery Board, a ajouté que le bien-être du joueur doit être la priorité des décisions réglementaires en Afrique. Sans joueurs, a-t-il affirmé, il n’y aurait ni opérateurs ni régulateurs, soulignant ainsi le rôle crucial du joueur dans l’écosystème du jeu.
En outre, Bashiru Donbine, commissaire adjoint pour la stratégie et la croissance à la Ghana Gaming Commission, a noté que l’utilisation de la carte Ghana, obligatoire pour les transactions financières, a facilité la supervision des jeux d’argent au Ghana, renforçant ainsi la protection des joueurs.
L’Afrique a récemment connu une augmentation alarmante des cas de dépendance au jeu chez les mineurs. Une enquête de la GamblePause Initiative Africa a révélé que 57,2 % des enfants de moins de 18 ans au Nigeria ont admis avoir déjà parié. Les statistiques montrent également que 60% à 80% des dommages liés au jeu touchent principalement les jeunes dans les communautés africaines.
Face à ces défis, Gamble Alert a réitéré lors du symposium l’importance d’accroître la sensibilisation aux dangers du jeu et de renforcer les stratégies de protection des joueurs dans un secteur qui connaît une expansion rapide en Afrique.
Cependant, certains opérateurs soutiennent que la publicité est une composante essentielle de leur stratégie de croissance et de communication. Ils affirment que, tant qu’elle est conforme aux régulations et éthique, elle joue un rôle clé pour informer le public des possibilités de jeu. Ils plaident pour une approche équilibrée qui respecte à la fois la liberté commerciale et les obligations de protection des joueurs.
Le débat continue de faire rage autour de la manière de trouver un juste équilibre entre la promotion des jeux d’argent et la protection des joueurs, alors que l’industrie africaine du jeu continue de croître. Les régulateurs, opérateurs et acteurs de la société civile sont appelés à travailler ensemble pour développer des solutions durables qui protégeront les communautés et garantiront un jeu plus sûr pour tous.
