Betsson Group utilise l’intelligence artificielle (IA) pour révolutionner sa stratégie marketing pour la Coupe du Monde 2026, le plus grand tournoi jamais organisé. Sous la direction d’Adam Brimmer, Directeur de la Marque et de la Création, l’entreprise a transformé son approche en passant d’une campagne globale à 24 campagnes locales distinctes, chacune adaptée aux spécificités culturelles de chaque marché.
Brimmer explique que l’IA ne doit pas être perçue comme une menace, mais comme un outil précieux qui permet d’enrichir les stratégies de marché. « Dans le passé, quelque chose qui prenait quatre heures à réaliser peut maintenant être fait en une heure grâce à l’IA. Que faire des trois heures restantes ? On peut faire plus de choses, offrir plus de services, introduire plus de variations. C’est ainsi que nous avons pu étendre nos capacités, et l’IA n’est qu’un ingrédient de cette recette. »
L’impact de l’IA sur les processus est subtil mais crucial, surtout lors d’un événement mondial comme la Coupe du Monde. La capacité de personnalisation offerte par l’IA a permis à Betsson d’adopter une approche plus localisée, tout en conservant une identité globale cohérente. « Chaque pays dispose désormais d’un pack unique avec un concept global, mais l’IA nous a permis de le rendre plus localisé », ajoute Brimmer. L’objectif n’est pas seulement de produire plus de contenu, mais de le rendre authentiquement local.
La relation entre les opérateurs et les parieurs est unique et requiert une approche délicate. Brimmer souligne l’importance de l’intégrité dans l’utilisation de l’IA : « Nous sommes une entreprise de jeux en ligne, et la confiance des consommateurs est cruciale. Utiliser l’IA de manière médiocre pourrait nuire à la confiance envers la marque, ce qui est inacceptable. »
En parallèle, l’IA optimise l’efficacité dans les partenariats de sponsoring. Alors que les cadres de parrainage se resserrent et que le retour sur investissement devient crucial, l’IA aide à maximiser les stratégies de partenariat. « Les clubs et ambassadeurs vous donnent un contrat avec des heures fixes par an pour utiliser les joueurs dans des publicités. L’IA nous évite parfois de mobiliser ces heures. Si nous devons rapidement intégrer un ambassadeur dans une publicité, nous pouvons le faire avec leur permission, sans qu’il ait besoin de se déplacer. »
Cependant, Brimmer reconnaît qu’il existe une limite à l’utilisation de l’IA : « Beaucoup de choses peuvent être faites avec l’IA, mais le contenu vidéo reste roi. Nous avons produit des publicités télévisées entièrement en interne grâce à l’IA, mais il est essentiel de maintenir un équilibre entre la technologie et l’intervention humaine. »
La Coupe du Monde 2026 met en lumière les avantages de l’IA pour Betsson, permettant à l’entreprise de s’étendre et de localiser son approche sur divers marchés sans effort considérable. Betsson a créé une bibliothèque de talents et de ressources créatives générées par l’IA, qui a été validée par les marchés locaux.
« Nous avons réalisé une petite production au Cameroun, une publicité de 10 secondes, car nous venions de lancer dans ce marché. La municipalité nous a contactés pour savoir pourquoi nous n’avions pas demandé de permis de tournage. Nous avons dû prouver que nous n’étions pas physiquement présents. Cela les a étonnés, car normalement, les entreprises utilisent des ressources globales, qui ne semblent jamais locales », partage Brimmer.
La Coupe du Monde est une occasion de réflexion, se produisant tous les quatre ans. Lors de la dernière édition, l’IA était encore perçue comme un outil risqué, mais elle est désormais incontournable. « Il y a deux ans, j’aurais dit que l’IA est dangereuse. En un an, notre équipe s’est équipée et formée, transformant notre département en une véritable machine pilotée par l’IA. Nous avons vu de nos propres yeux ce qu’elle peut accomplir. »
Tandis que Betsson continue d’explorer les capacités de l’IA, le débat sur son utilisation responsable persiste. Certains sceptiques mettent en garde contre une dépendance excessive à la technologie, soulignant la nécessité de préserver l’aspect humain des campagnes marketing. Ils craignent que l’authenticité ne soit compromise par des contenus trop standardisés.
En conclusion, bien que l’IA permette à Betsson de se démarquer sur le marché mondial grâce à des campagnes innovantes et personnalisées, l’entreprise veille à maintenir l’équilibre entre le progrès technologique et l’interaction humaine. Cette approche équilibrée pourrait bien définir l’avenir du marketing dans l’industrie du jeu en ligne.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
