Le gouvernement de Malte a exprimé son soutien aux objectifs stratégiques du Budget 2028–2034 de l’Union européenne, mais s’oppose fermement à l’introduction de taxes à l’échelle de l’UE présentées au Parlement européen pour délibération. Cette position a été clairement annoncée par le Premier ministre Robert Abela lors d’un discours au Parlement de Malte, réaffirmant que la nation insulaire ne se pliera pas à l’introduction de « taxes de bloc ».
Dans le contexte actuel, le Conseil européen cherche à garantir un budget dépassant les 2 000 milliards d’euros pour le prochain cycle de financement de l’Union, qui débutera en 2028. Des discussions et propositions soumises au Parlement européen ont vu des groupes politiques à Strasbourg plaider pour la création de nouvelles sources de revenus dépassant les contributions traditionnelles des États membres.
La formation du Budget 2028–2034 est perçue comme une réingénierie fondamentale de la stratégie fiscale de l’UE, alors que le bloc tente non seulement de rembourser les dettes contractées par les programmes de relance de la COVID-19, mais surtout de traiter ce que les décideurs décrivent comme la crise croissante de compétitivité et de productivité de l’Europe.
La revitalisation de la compétitivité européenne est devenue une priorité stratégique alors que l’Union cherche une plus grande souveraineté économique et vise à renforcer la position des entreprises européennes face à leurs rivaux aux États-Unis et en Chine, notamment dans les domaines de la technologie, des services financiers et de la fabrication.
Cependant, les négociations se déroulent sur fond d’engagements financiers croissants. L’UE s’est engagée à une augmentation significative des dépenses de défense, incluant un soutien garanti de 130 milliards d’euros à l’Ukraine pour ses efforts de guerre contre la Russie, ainsi que des investissements dans la sécurité énergétique, la résilience industrielle et l’innovation technologique.
Le nouveau budget se distingue nettement des cycles de financement précédents, Bruxelles mettant de plus en plus l’accent sur la technologie, l’innovation et l’autonomie stratégique, au détriment des programmes traditionnels de développement régional et de cohésion. Le budget doit également aider les États membres à se préparer aux conséquences économiques d’une population vieillissante et à la requalification de la main-d’œuvre européenne, dans le cadre de la révolution continue de l’IA.
Pour Malte, cependant, le débat se concentre de plus en plus sur la manière dont l’Union envisage de financer ses ambitions et sur les instruments fiscaux imposés aux États membres. Abela a présenté l’opposition de Malte aux propositions de taxes à l’échelle de l’Union comme une question de principe, réitérant que « la souveraineté fiscale doit rester de la compétence exclusive des États membres » et avertissant que Malte « n’acceptera pas l’introduction de taxes au niveau de l’UE ».
Le Premier ministre maltais soutient que le budget européen devrait continuer à être financé par le cadre établi des contributions des États membres plutôt que par une imposition directe à l’échelle de l’Union. Son intervention intervient alors que Malte navigue dans une transition importante de sa relation avec les finances de l’UE. Le cycle budgétaire 2028–2034 devrait voir le pays se diriger progressivement vers un rôle de contributeur net au cycle budgétaire de l’Union, aidant à financer des programmes et des investissements conçus pour soutenir le développement et la compétitivité des autres États membres.
Abela n’a pas fait référence à une mesure fiscale spécifique actuellement en discussion à Bruxelles. Notamment, le leader maltais ne s’est pas exprimé sur une proposition soumise par le député européen roumain Victor Negrescu de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D), qui propose l’introduction d’une taxe de 1 % à 2 % sur les licences de jeu délivrées par les États membres de l’UE.
Cette proposition fait partie du débat plus large sur la création d’un nouveau « programme de ressources propres de l’UE » et suggère que les revenus liés au jeu pourraient être utilisés pour financer des initiatives paneuropéennes axées sur l’éducation, la requalification de la main-d’œuvre, la santé et les programmes de protection sociale. Bien que la mesure ait attiré le soutien de certains groupes parlementaires, elle reste à l’étude et n’a pas été adoptée comme politique officielle de l’UE.
Le jeu reste un ingrédient crucial de l’économie maltaise, avec un rapport de 2025 de la MGA détaillant que le secteur a généré 1,39 milliard d’euros de valeur ajoutée brute en 2024, un chiffre en croissance continue.
En parallèle de la proposition sur le jeu, les députés européens ont également examiné d’autres sources de revenus liées aux produits du tabac, à la gestion des déchets, à la consommation d’énergie des entreprises et aux contributions des grandes entreprises opérant au sein du marché unique.
La recherche de nouvelles recettes pour l’Union a reçu le soutien de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et de la Commission européenne, aux côtés de groupes politiques tels que l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D), les Verts/Alliance libre européenne et le bloc libéral Renouveler l’Europe.
Les partisans soutiennent que de nouveaux mécanismes de financement sont nécessaires pour rembourser les emprunts communs, soutenir les investissements stratégiques et réduire la pression sur les gouvernements nationaux pour accroître les contributions directes au budget de l’UE.
Malte, cependant, reste parmi les plus fervents défenseurs de la préservation du contrôle national sur les politiques fiscales, considérées comme un droit économique des États membres, dans lequel des blocs se forment pour contrecarrer l’expansion des taxes à l’échelle de l’Union.
Pour Abela, le débat va au-delà de la taille du budget de l’UE et touche à une question plus large de souveraineté : si Bruxelles devrait se voir accorder le pouvoir de lever des recettes directement auprès des citoyens et des entreprises européens, ou si ces pouvoirs doivent rester exclusivement entre les mains des États membres.
À l’heure actuelle, les gouvernements des 27 États membres de l’UE doivent approuver les termes et les dispositions du Budget 2028 d’ici l’été 2027, dans lequel l’ingénierie des taxes à l’échelle de l’Union est devenue le point de discorde le plus profond, divisant les États membres et les unions politiques de l’UE.

Bernard Leroy est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos virtuels. Il a débuté sa carrière il y a + de 10 ans en écrivant des articles sur les stratégies de poker et de blackjack e ligne pour différents sites web spécialisés.
