Le 1er juillet 2026, le Bangladesh a officiellement mis en œuvre une interdiction globale des jeux d’argent en ligne, des paris sportifs et des réseaux de jeux numériques grâce à la promulgation de la loi sur la prévention du jeu de hasard, 2026. Cette législation remplace l’ancien Public Gambling Act de 1867, marquant ainsi une étape majeure dans la régulation des activités de jeu dans le pays.
Selon l’agence de presse officielle du pays, BSS News, cette nouvelle loi a été publiée dans le journal officiel et a reçu l’assentiment du Président. Elle introduit des définitions légales spécifiques pour le jeu en ligne, les paris sportifs, les casinos virtuels, le jeu via VPN, les transactions en cryptomonnaies, la manipulation de matchs, et d’autres infractions liées aux jeux numériques. Les personnes qui enfreignent cette loi encourent désormais des peines sévères.
Les tribunaux disposent désormais du pouvoir de confisquer des comptes bancaires, des comptes de services financiers mobiles (MFS), des portefeuilles numériques, des actifs en cryptomonnaies, des serveurs, des domaines, des cartes SIM, des téléphones portables, des ordinateurs, et autres équipements utilisés dans les activités de jeu. L’objectif de cette nouvelle loi est de combler les lacunes laissées par la législation précédente, qui avaient permis la prolifération du secteur des jeux d’argent non autorisé. Cette initiative a été menée par le ministère de l’Intérieur du Bangladesh, sous la direction du ministre Salahuddin Ahmed.
Ahmed a précédemment souligné que la mise à jour de la loi et une approche de tolérance zéro étaient essentielles pour « sauver la jeunesse de la destruction ». Les publicités pour le jeu, les parrainages et le marketing d’affiliation sont désormais criminalisés au Bangladesh. Les autorités sont habilitées à geler et confisquer des comptes bancaires, des portefeuilles numériques, des actifs en cryptomonnaies, des serveurs et d’autres propriétés liées aux opérations de jeu.
Pour détecter et prévenir le jeu en ligne, le gouvernement du pays s’appuiera sur l’intelligence artificielle, l’inspection approfondie des paquets, les systèmes de surveillance des transactions et l’analyse des données. Une base de données nationale de liste noire numérique, un système de liaison NID-SIM-MFS, une vérification biométrique et une vérification basée sur la reconnaissance faciale seront également introduits.
Les infractions organisées de jeu ou de blanchiment d’argent via des SIM factices, des comptes MFS frauduleux ou des cryptomonnaies sont désormais passibles de peines d’emprisonnement allant jusqu’à 10 ans et d’une amende pouvant atteindre BDT50 millions (environ 355 000 €). L’exploitation d’une plateforme de jeu en ligne peut entraîner une peine de prison allant jusqu’à sept ans et une amende de BDT50 millions, tandis que les infractions liées au jeu en ligne peuvent entraîner une peine d’emprisonnement de cinq ans ou une amende de BDT1 million. Pour les infractions de jeu conventionnelles, les peines peuvent atteindre deux ans d’emprisonnement, une amende de BDT200 000 ou les deux.
Toutes les infractions en vertu de cette loi sont reconnues, non libérables sous caution et non composables, avec les Cyber Tribunals responsables des affaires liées à la cybercriminalité. Le ministère des Affaires intérieures du Bangladesh, le ministère des Postes, des Télécommunications et de la Technologie de l’information, la Commission de régulation des télécommunications du Bangladesh, la Banque du Bangladesh, l’Unité de renseignement financier du Bangladesh, la Commission électorale, le Département d’investigation criminelle, l’Agence nationale de cybersécurité, et d’autres ministères et agences concernés seront chargés de mettre en œuvre la loi.
Cependant, certains opposants à la loi mettent en avant que des interdictions aussi strictes pourraient pousser les activités de jeu dans la clandestinité, rendant leur régulation encore plus difficile. Ils soutiennent que des plateformes de jeu réglementées et autorisées pourraient, au contraire, apporter des recettes fiscales importantes et créer des emplois, tout en permettant un contrôle plus strict des pratiques de jeu responsables.
Ce débat souligne un dilemme persistant dans la législation du jeu dans de nombreux pays : comment réguler efficacement un secteur tout en minimisant les effets négatifs associés, tels que l’addiction au jeu, sans pour autant sacrifier les avantages économiques potentiels. Le Bangladesh, en adoptant une position ferme, espère toutefois protéger ses citoyens des effets destructeurs du jeu non régulé.

Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.
