La présidente de la Commission européenne renforce les lois de l’UE pour protéger les mineurs en ligne

La Commission européenne prévoit de présenter ses plans pour imposer un âge minimum à l’échelle européenne pour les plateformes de médias sociaux et introduire de nouvelles protections et obligations obligatoires pour les enfants en ligne.

Au cœur des préoccupations se trouvent la protection et les droits des enfants en ligne, un sujet prioritaire pour la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Elle s’est affirmée comme la principale défenseure en Europe de l’application de règles plus strictes aux plateformes en ligne et aux environnements numériques.

Comme annoncé, von der Leyen devrait révéler les propositions de la Commission sur la protection en ligne des enfants dans l’ensemble de l’Union européenne lors de son discours sur l’état de l’Union le 16 septembre, alors qu’elle s’apprête à accueillir les députés européens de retour à Strasbourg après les vacances d’été.

La présidente de la Commission a déjà exprimé son soutien en faveur de l’introduction « d’un délai pour les moins de 16 ans souhaitant s’engager sur les plateformes de médias sociaux ». Ces propositions devraient approfondir ce soutien.

Appels à l’action des États de l’UE

Des inquiétudes ont été soulevées par plusieurs groupes politiques quant à savoir si les plateformes en ligne et de médias sociaux disposent des capacités techniques et de la compétence légale nécessaires pour protéger les enfants des contenus nuisibles, des interactions dangereuses ou des désordres en ligne émergents.

Le mécanisme juridique pour une interdiction à l’échelle de l’UE des moins de 16 ans n’a pas encore été défini. Cependant, le cadre devrait établir un seuil d’âge minimum, un consentement parental obligatoire pour les utilisateurs mineurs et une norme commune de vérification de l’âge pour les plateformes en ligne.

Dans les États membres de l’UE, le débat sur une interdiction des médias sociaux pour les moins de 16 ans se poursuit. La France, l’Espagne, l’Allemagne, le Danemark et la Grèce se sont tous engagés à introduire des restrictions, la France devant devenir le premier État membre à mettre en œuvre de nouvelles règles à partir du 16 septembre, suivie de l’Espagne.

N’étant plus membre de l’Union, le Royaume-Uni prévoit d’introduire sa propre interdiction, qui sera appliquée à partir du printemps 2027 sous une législation signée par le Premier ministre sortant, Keir Starmer. Toutefois, les mesures ont été critiquées par les partis d’opposition comme un exemple de dépassement des prérogatives du gouvernement travailliste et une atteinte aux libertés des adolescents britanniques.

Lois et devoirs communs

Les propositions arrivent alors que la protection des enfants en ligne est devenue l’une des questions centrales de la politique numérique à travers l’Union, attirant le soutien de groupes politiques de la fois au Parlement européen et dans les gouvernements nationaux.

Les préoccupations concernant l’exposition des enfants à des contenus nuisibles, le cyberharcèlement, la prédation en ligne et le design addictif des plateformes de médias sociaux ont fait évoluer le débat des normes volontaires de l’industrie vers des protections statutaires.

L’attention se porte désormais sur le 13 juillet, lorsque le Parlement européen et la Commission recevront les conclusions d’un panel consultatif indépendant établi par von der Leyen pour évaluer comment les enfants devraient être mieux protégés en ligne.

Ce panel publiera des recommandations sur la vérification de l’âge, les contrôles parentaux, les commandes de plateforme et les garanties numériques élargies, fournissant la base politique des propositions législatives de la Commission prévues pour septembre.

En parallèle des nouvelles restrictions, la Commission continue de faire progresser son application européenne de vérification de l’âge, qu’elle a confirmé en avril être « prête à être déployée à travers le bloc ».

Conçue pour offrir une norme européenne commune permettant de prouver l’âge d’un utilisateur en ligne, l’application permet aux citoyens de vérifier leur âge sans divulguer d’informations personnelles inutiles, permettant ainsi aux plateformes d’appliquer des restrictions d’âge tout en préservant la confidentialité des utilisateurs.

La Commission a déclaré que la technologie est anonyme et respectueuse de la vie privée, compatible avec tous les appareils et totalement open source, permettant aux États membres de l’UE et aux pays partenaires d’intégrer le système dans leurs propres cadres d’identité numérique.

Alors que Bruxelles cherche une solution européenne commune, la régulation des plateformes numériques et de la publicité qu’elles véhiculent – y compris la publicité pour les jeux en ligne – sera soumise à un examen accru alors que les décideurs cherchent à établir des normes cohérentes de protection des enfants à travers le bloc.

Cependant, certains observateurs craignent que ces nouvelles mesures n’étouffent l’innovation et la liberté d’expression, en particulier dans les pays où les industries numériques sont en plein essor. L’idée de restreindre l’accès des jeunes aux plateformes en ligne pourrait paraître prudente, mais elle pourrait également limiter leurs compétences numériques et leur capacité à naviguer dans un monde de plus en plus connecté.

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