L’Institut de la Santé Publique de Croatie, HZJZ, a confirmé avoir enregistré plus de 11 200 citoyens dans le « Registar Igraca », le nouveau système d’auto-exclusion du jeu en Croatie. Depuis son lancement en novembre 2025, ce registre centralisé représente un pilier fondamental de la réforme des lois sur le jeu menée par le gouvernement HDZ sous la direction du Premier ministre Andrej Plenković.
Ce système a remplacé l’approche fragmentée de la Croatie concernant l’auto-exclusion, où les clients devaient demander un blocage distinct auprès de chaque opérateur de jeux. Désormais, une seule inscription s’applique à tous les opérateurs de jeux en ligne et terrestres licenciés en Croatie, offrant ainsi une solution unifiée pour ceux cherchant à restreindre leur accès aux jeux de hasard.
Le cadre a été formalisé le 30 juillet lorsque le Ministère de la Santé a introduit sa première ordonnance régissant le fonctionnement du registre, tout en définissant les responsabilités des entreprises de jeux et des institutions participantes. Les Croates peuvent demander à être exclus via la plateforme de services numériques e-Građani du gouvernement ou avec le soutien des opérateurs de jeux et des institutions sociales et de santé autorisées. Les joueurs peuvent s’exclure pour des durées allant de trois mois à une exclusion permanente.
Les chiffres initiaux montrent une tendance vers des restrictions à long terme. En date du 25 mai, le registre comptait 9 615 personnes, dont près de 90 % avaient choisi une exclusion permanente. Parmi ces demandes, 3 605 ont été soumises par le biais des opérateurs de jeux, tandis que la majorité l’a été via e-Građani. À ce moment-là, 1 536 personnes avaient demandé à être retirées du registre après la période d’exclusion applicable.
L’institut considère cette adoption comme une preuve de la demande pour un système national permettant aux gens de limiter leur accès au jeu. Cette initiative intervient alors que les autorités croates intensifient leur attention sur les dommages liés aux jeux et l’accessibilité des paris et jeux en ligne. Les données du HZJZ estiment que 1,7 % des adultes croates souffrent de problèmes de jeu avec des conséquences graves, tandis qu’un autre 3,1 % montre des problèmes modérés et 2,7 % affichent des niveaux inférieurs de dommages liés au jeu.
L’institut a également mis en évidence les risques parmi les jeunes. Une recherche ESPAD pour 2024 a révélé que 23 % des étudiants croates âgés de 15 et 16 ans avaient joué au cours de l’année précédente, dont 14 % en ligne. Le HZJZ insiste sur le fait que l’auto-exclusion n’est pas un substitut au traitement professionnel mais constitue une mesure préventive permettant aux individus de bloquer leur accès au marché réglementé des jeux de hasard en Croatie.
Le gouvernement HDZ a souligné l’importance des orientations du HZJZ dans la poursuite de la réforme des lois sur le jeu en Croatie, cherchant à élaborer des mesures spécifiques et des contrôles pour protéger les jeunes contre l’exposition aux jeux de hasard. Cependant, certains sceptiques soulignent que l’auto-exclusion ne résout pas les racines profondes des problèmes de jeu. Ils estiment qu’une éducation préventive et des campagnes de sensibilisation sont essentielles pour accompagner ces mesures légales.
Dans un environnement où la ligne est fine entre régulation et liberté individuelle, la Croatie semble vouloir jouer la carte de la responsabilité sociale. En offrant une solution centralisée, elle espère réduire les méfaits liés au jeu tout en maintenant l’intégrité du marché. Mais certains observateurs se demandent si l’efficacité de ce système dépendra des ressources allouées pour son suivi et son évaluation continue. L’approche croate pourrait bien devenir un modèle pour d’autres pays confrontés à des défis similaires dans le secteur des jeux de hasard.
