À partir du 1er avril, les opérateurs du marché néerlandais de l’iGaming devront faire face à des coûts plus élevés pour renouveler leur licence ou modifier leurs offres, en raison des nouvelles réglementations établies par le secrétaire d’État à la Justice et à la Sécurité des Pays-Bas, Arno Rutte. Le tarif pour une nouvelle licence de jeu en ligne passera de 48 000 € à 61 300 €, tandis que le coût pour apporter des modifications à une licence existante augmentera de 8 000 € à 10 200 €.
Ces ajustements tarifaires sont justifiés par la nécessité de couvrir les frais de fonctionnement de l’autorité néerlandaise des jeux, la Kansspelautoriteit (KSA), dont 83,5 % des coûts sont liés aux ressources humaines et 16,5 % aux dépenses matérielles. « En raison des augmentations de salaires et de prix et de l’indexation qui en découle, les frais de traitement des demandes sont ajustés », a précisé le Journal officiel du gouvernement.
Pour les casinos en ligne ayant intégré le marché réglementé dès son lancement, la fin de l’année marquera l’expiration de leurs licences. Ces acteurs devront donc s’acquitter des nouveaux frais s’ils souhaitent déposer une nouvelle demande de licence. Les modifications des frais de licence concernent également les jeux de hasard non occasionnels qui passent de 28 000 € à 35 800 €, tandis que les grands jeux de hasard occasionnels (dotés d’un prix total supérieur à 500 000 €) verront leurs frais passer de 24 000 € à 30 600 €.
Parallèlement, ces augmentations des frais de licence s’inscrivent dans un contexte de hausse du taux d’imposition sur le marché néerlandais au cours des deux dernières années. En effet, il a grimpé à 37,8 % au début de cette année, contre 34,2 % l’année précédente et 30,5 % l’année encore avant. Le secteur du jeu aux Pays-Bas se trouve ainsi dans un environnement fiscal et réglementaire de plus en plus exigeant.
Cette semaine, la KSA a également annoncé son programme de supervision pour 2026, mettant en lumière cinq thèmes clés pour l’année à venir : la lutte contre les opérateurs de jeux illégaux, la protection des groupes vulnérables, la supervision du devoir de diligence, la surveillance de la publicité et le respect de la loi sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (Wwft).
Certains observateurs du marché estiment que ces augmentations de frais sont nécessaires pour maintenir un cadre de régulation robuste et efficace. « Il est essentiel que nous puissions financer adéquatement les opérations de la KSA pour assurer une surveillance continue et protéger les consommateurs », pensaient-ils.
Cependant, tous ne partagent pas cet avis. D’autres acteurs du marché craignent que la hausse des coûts ne décourage de nouveaux entrants et n’alourdisse la charge financière des opérateurs existants. « À un moment où le marché de l’iGaming est en pleine expansion, des coûts supplémentaires pourraient freiner l’innovation et limiter la diversité des offres disponibles pour les joueurs », avançait-on dans certains cercles.
L’impact de ces nouvelles mesures sur le marché néerlandais de l’iGaming reste à évaluer. Si d’un côté, elles sont mises en œuvre pour renforcer la régulation et la protection des consommateurs, de l’autre, elles pourraient créer des obstacles pour les opérateurs qui cherchent à entrer ou à se maintenir sur le marché. En somme, la balance entre régulation et compétitivité du marché continuera d’être un défi pour les autorités et les opérateurs dans les années à venir.
