Le 2 juin 2026, la Commission du Développement Économique de la Chambre des Députés du Brésil a mis en lumière les conséquences des paris en ligne sur l’économie nationale et la santé publique, révélant des divergences significatives dans les positions au sein du pays.
Lors d’une audience publique, des représentants du gouvernement, des législateurs du parti au pouvoir et de l’opposition, des agences de protection des consommateurs, ainsi que des associations représentant l’industrie des paris réglementée se sont rencontrés.
Les législateurs favorables à des mesures plus strictes, y compris l’interdiction totale des paris dans tout le pays, s’opposaient aux représentants du gouvernement et de l’industrie des paris, qui soulignaient l’importance de renforcer le cadre réglementaire pour lutter contre le marché noir.
Points clés de l’audience sur les paris à la Chambre des Députés
Au cours de la session, le Ministère de la Santé (MS) a rapporté que la demande de services de santé mentale dans le Système de Santé Unifié (SUS) en raison des problèmes liés aux jeux en ligne a augmenté de 137 % au cours des cinq dernières années.
Marcelo Kimati Dias, directeur du Département de la Santé Mentale, de l’Alcool et d’autres Drogues, a mentionné que le gouvernement a créé un point d’accès numérique sur la plateforme Meu SUS Digital incluant un outil d’auto-évaluation et un mécanisme d’orientation pour les individus montrant des signes d’addiction au jeu.
Par ailleurs, les données présentées par le Ministère des Finances (MF) ont révélé que 31 millions de numéros d’identification fiscale (CPF) sont enregistrés sur des plateformes de paris autorisées. Les pertes des parieurs en 2025 ont été estimées à environ 37 milliards de réais brésiliens (R$37 milliards).
Leandro Lucchesi, Coordonnateur Général de la Réglementation au Secrétariat des Prix et des Paris du Ministère des Finances (SPA-MF), a soutenu que la réglementation a rendu le marché plus transparent et permis la création d’outils de surveillance.
Lucchesi a mis en avant des mesures telles que l’auto-exclusion centralisée, les limites de dépenses fixées par les utilisateurs eux-mêmes, la classification des risques des jeux, et la révision des caractéristiques de conception potentiellement manipulatrices comme l’effet « presque gagné » et les « pertes déguisées en gains ».
En revanche, Johnatan Faraj, Directeur Général de Procon-DF, a décrit les parieurs comme des consommateurs très vulnérables et a critiqué les stratégies publicitaires qui promeuvent l’idée de profits faciles. Faraj a soutenu que les opérateurs devraient être tenus de divulguer clairement les pourcentages de perte réels et a remis en question les plateformes qui bloquent les utilisateurs générant systématiquement des profits.
Défendant le secteur réglementé, Ana Bárbara Costa Teixeira, Directrice des Relations Gouvernementales chez ABRAJOGO, a déclaré que la plupart des parieurs participent de manière récréative et que le principal problème réside chez les opérateurs illégaux. Elle a également souligné la suppression de plus de 48,000 sites illégaux et le blocage de 600 comptes liés au blanchiment d’argent.
À la fin de l’audience, la Commission du Développement Économique a annoncé qu’elle demanderait des informations supplémentaires au Ministère des Finances, au SPA et à la Banque Centrale concernant les données du marché, les recettes fiscales, les dépenses des parieurs, et les méthodologies utilisées par le gouvernement avant de convoquer une autre audience publique.
« En réalité, il est difficile d’éliminer le jeu, mais nous devons créer des mécanismes pour protéger une partie de la population qui reste vulnérable et fournir des orientations. C’est l’une des responsabilités de cette Chambre et de cette Commission, et cela reflète l’esprit de cette audience publique », a déclaré le député fédéral Vander Loubet à la clôture de la réunion.
Ce débat souligne les tensions entre l’expansion économique potentielle offerte par un marché des paris en ligne réglementé et les préoccupations croissantes en matière de santé publique et de protection des consommateurs. Pour certains, l’évolution de la régulation peut conduire à une meilleure gestion des risques et à une croissance saine du secteur. Pour d’autres, le risque de dépendance et de comportement financier imprudent exige une intervention plus stricte. Le défi reste de trouver un équilibre qui protège les plus vulnérables tout en permettant au secteur de prospérer de manière responsable.
