La Commission de Surveillance des Jeux de l’île de Man (GSC) a intensifié son combat contre le marché noir en s’associant avec les autorités turques. En juillet 2026, la GSC a annoncé qu’elle aidait la Turquie en alertant les opérateurs sur les interdictions étrangères, ce qui permet aux autorités turques d’appliquer leurs règles d’accès au marché. Un rapport récent de la Direction Générale de l’Administration de la Loterie Nationale (MPi) a révélé que plus de 5 000 sites web situés sur l’île de Man ont été bloqués car ils ciblaient les joueurs turcs.
Ce rapport indique qu’au total, 84 585 sites web ont été bloqués dans 70 pays, plus de la moitié étant basés aux États-Unis. La collaboration avec la Turquie n’est que le dernier volet des efforts continus de la GSC pour travailler avec des régulateurs du monde entier. Selon le site web de la Commission, elle a déjà coopéré avec la Gambling Commission du Royaume-Uni, la Malta Gaming Authority et Spillemyndigheden, l’autorité danoise des jeux.
Dans une déclaration, la GSC a affirmé : « Cette coopération démontre la volonté de la GSC d’aider ses homologues dans d’autres juridictions à lutter contre l’activité de jeu illégal et à protéger l’intégrité et la réputation du cadre réglementaire de l’île de Man. La GSC s’efforce également de prendre des mesures pour garantir la suppression rapide des sites prétendant illégalement détenir une licence GSC et qui pourraient sembler être basés ou opérés par l’île de Man via le routage IP. »
La collaboration mondiale est souvent citée comme un outil essentiel pour lutter contre le marché noir. Les opérateurs non licenciés pénètrent les marchés à partir de sites offshore, comme l’a découvert le rapport de la MPi. La stratégie de blocage des fournisseurs d’accès internet ou des adresses IP n’est pas sans rappeler l’approche récemment adoptée en France par l’ANJ pour empêcher l’accès aux marchés de prédiction.
Dans ses efforts pour combattre le marché noir, la Commission de l’île de Man a également créé une Division du Renseignement et de l’Exécution, qui permettra, selon elle, une spécialisation accrue dans l’identification et le traitement des activités de jeu illégal. Cibler la source du trafic et s’en prendre aux FAI et aux adresses IP est souvent l’ultime étape avant de se concentrer sur les processeurs de paiement, un processus beaucoup plus ardu. Cela étant dit, la Turquie n’a pas hésité à prendre des mesures agressives contre le secteur de la fintech.
La collaboration s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus large du président Recep Erdoğan, qui tient une promesse de campagne faite lors des dernières élections. Les autorités ont ciblé l’économie numérique dans son ensemble dans le cadre de cette répression, s’attaquant au secteur de la fintech et aux comptes de réseaux sociaux qui promeuvent des plateformes de jeux illégaux, ce qui a entraîné le blocage de 2105 comptes de réseaux sociaux.
La répression a commencé en octobre 2025 avec l’introduction du plan d’action du gouvernement AKP visant à éliminer le jeu illégal et à tenir les promesses faites par Erdoğan lors des dernières élections générales en Turquie. Le Conseil de Renseignement Financier de MASAK a également été installé pour surveiller les transactions et intervenir contre les cyber-mulets, les faux comptes et les entreprises frauduleuses liées aux opérateurs illégaux.
Ce contexte économique est essentiel pour comprendre la collaboration entre l’île de Man et la Turquie. Alors que la GSC voit dans cette alliance une méthode efficace pour restaurer l’ordre sur le marché, certains experts estiment que des efforts plus ciblés sur les réseaux financiers restent nécessaires. Tandis qu’une voix critique pourrait souligner que bloquer des sites ne résout pas le problème fondamental de la demande des joueurs.
D’autres pays pourraient emboîter le pas, mais la question reste de savoir si un simple blocage d’accès suffit à endiguer le problème. Les débats continuent de faire rage dans l’industrie, car de nombreux régulateurs se demandent si des mesures aussi drastiques ne risquent pas de déplacer plutôt que de résoudre le problème. Toutefois, les résultats de ces actions pourraient encourager des alliances similaires, renforçant la collaboration internationale contre le marché noir des jeux en ligne.

Bernard Leroy est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos virtuels. Il a débuté sa carrière il y a + de 10 ans en écrivant des articles sur les stratégies de poker et de blackjack e ligne pour différents sites web spécialisés.
