Le 15 janvier 2026, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu un jugement défavorable à Malte, remettant en question la stabilité juridique recherchée par le pays autour du projet de loi 55. Ce verdict affaiblit certaines protections jusque-là associées à l’installation à Malte.
Dans cette affaire, deux directeurs de la société Titanium, qui détient une licence à Malte mais pas en Autriche, ont été mis en cause. Un joueur autrichien leur a reproché d’être responsables des pertes de jeu qu’il a subies en utilisant les services de l’entreprise depuis l’Autriche. Arguant que l’affaire relevait des tribunaux maltais, où les directeurs ne peuvent être tenus responsables de telles pertes, ils ont été confrontés à une décision de la CJUE, saisie par la Cour suprême autrichienne, les obligeant à comparaître devant un tribunal autrichien.
Cette décision crée un précédent pour de nombreux litiges en cours concernant des joueurs européens interagissant avec des opérateurs licenciés à Malte, notamment en Allemagne et en Suède. Elle alimente les critiques selon lesquelles le projet de loi 55 compromet l’harmonisation des cadres européens et des processus judiciaires, même si Malte soutient que son cadre réglementaire en matière de jeux est conforme aux principes de la CJUE.
La décision de la CJUE pourrait inciter les joueurs européens à engager des poursuites judiciaires en s’appuyant sur les lois de leur pays d’origine, remettant en cause la coexistence des deux cadres. Les opérateurs pourraient craindre de perdre la protection internationale autrefois garantie par la loi maltaise sur les jeux. Le manque de clarté persiste quant à l’application future du projet de loi 55.
Selon l’Avocat général de la CJUE, des mesures pourraient être prises pour permettre aux autorités internationales de geler les actifs des sociétés basées à Malte en cas d’infractions locales, via l’utilisation du règlement sur l’Ordonnance européenne de saisie conservatoire des comptes bancaires (OESC).
Le gouvernement maltais défend fermement le projet de loi 55, inscrit à l’article 56A du Gaming Act, qu’il considère comme essentiel pour protéger l’intégrité de son cadre réglementaire et permettre aux titulaires de licences de proposer leurs services au sein de l’UE. Bien que le projet de loi 55 permette aux tribunaux maltais de refuser l’exécution de jugements ou de sanctions étrangers, Malte affirme qu’aucun conflit lié aux jeux en ligne n’a justifié l’application de ces règles jusqu’à présent.
Cependant, certains experts du secteur estiment que cette décision pourrait renforcer la coopération judiciaire européenne et établir des normes plus cohérentes à l’échelle continentale. Une voix parmi d’autres dans l’industrie souligne que l’harmonisation est inévitable pour garantir une concurrence loyale et protéger les consommateurs européens. L’issue de cette affaire pourrait inciter d’autres pays à ajuster leurs réglementations pour s’aligner sur les décisions de la CJUE.
À long terme, la question majeure reste de savoir comment les différentes juridictions européennes concilieront leurs cadres législatifs pour éviter des litiges prolongés. Certains prévoient que cela pourrait mener à des réformes plus larges au sein de l’UE concernant les directives sur les jeux d’argent, favorisant ainsi un marché plus intégré et transparent. Toutefois, Malte persiste dans sa volonté de défendre la souveraineté de son cadre légal face aux défis posés par cette décision européenne.
Dans ce contexte, il sera crucial pour les opérateurs basés à Malte de réévaluer leur position sur le marché européen et d’adapter leurs stratégies en conséquence. Les analystes soulignent que la clarté réglementaire et la capacité à opérer dans un environnement juridique prévisible sont primordiales pour la pérennité des entreprises dans ce secteur en constante évolution. Les débats sur ce sujet sont loin d’être clos, et les prochains mois pourraient apporter de nouveaux développements juridiques qui redéfiniront le paysage du jeu en Europe.

Bernard Leroy est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos virtuels. Il a débuté sa carrière il y a + de 10 ans en écrivant des articles sur les stratégies de poker et de blackjack e ligne pour différents sites web spécialisés.
