Depuis la régulation du marché iGaming en août 2022, le ministère du Commerce extérieur et du Tourisme (Mincetur) a signalé une réduction de 40 % des activités de jeux d’argent illégaux en ligne au Pérou en mai 2025. Cependant, malgré ces progrès, des questions subsistent quant à l’efficacité de la réglementation pour éradiquer complètement le secteur non licencié.
Gonzalo Pérez, PDG d’Apuesta Total, a exprimé son avis sur la situation actuelle, en soulignant que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour lutter efficacement contre le jeu illégal. Il a déclaré que la concurrence informelle crée un déséquilibre inquiétant et insisté sur la nécessité pour le régulateur de jouer un rôle plus actif dans la sensibilisation du public. « Il devrait y avoir une large campagne pour informer le public sur les plateformes autorisées. L’éducation de la part du régulateur est essentielle. »
Pablo Viana de RetaBet a également mis en lumière les problèmes causés par la lourdeur bureaucratique résultant de réglementations strictes, qui mènent à une concurrence déloyale. Bien que Mincetur ait des outils, comme l’interdiction faite aux fournisseurs certifiés de proposer leurs jeux à des opérateurs illégaux, il souligne que les joueurs remarquent rapidement quand leur budget est impacté. Avec la taxe sur la consommation sélective, les opérateurs régulés se trouvent désavantagés par rapport aux plateformes qui ne paient pas d’impôts ni n’investissent dans la technologie, et qui peuvent donc offrir des conditions plus compétitives.
Selon lui, « une régulation excessive finit par récompenser ceux qui ne se conforment pas. Il existe une ligne très fine qui, si elle est franchie, encourage le jeu illégal. La régulation est nécessaire, mais sans sacrifier la compétitivité. »
Interrogé sur les mesures à appliquer aux fournisseurs de paiement et de contenu pour les empêcher de continuer à alimenter le marché illégal, Gonzalo Pérez a salué la stratégie de Mincetur de faire pression sur les fournisseurs certifiés pour qu’ils n’offrent pas leurs produits à des plateformes non autorisées, sous peine d’être bloqués. Il a conclu que c’est une mesure intéressante et efficace, soulignant que ce n’est pas juste qu’une opération formelle et informelle ait accès au même contenu, et que c’est l’une des façons les plus efficaces de bloquer le jeu illégal.
Le contexte politique instable au Pérou, suite à la destitution de l’ancienne présidente Dina Boluarte en octobre dernier, complique encore la situation. Naviguer dans cette volatilité politique pourrait être crucial alors que le pays continue d’évoluer son cadre de jeu, avec la clarté fiscale toujours recherchée par de nombreux acteurs du marché. Une clarté spécifique est requise concernant le taux ISC, qui est la taxe sur la consommation sélective appliquée à chaque mise effectuée.
Certains experts suggèrent que, malgré les défis actuels, la régulation pourrait encore être affinée pour mieux équilibrer la lutte contre les opérations illégales tout en permettant aux opérateurs licenciés de rester compétitifs. D’autres estiment que le renforcement de la technologie et la coopération internationale pourraient également jouer un rôle crucial dans cette bataille continue. En fin de compte, la clé réside dans la capacité du Pérou à créer un environnement réglementaire qui soutient les opérateurs légitimes tout en fermant les portes aux activités illégales qui profitent des lacunes actuelles.

Bernard Leroy est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos virtuels. Il a débuté sa carrière il y a + de 10 ans en écrivant des articles sur les stratégies de poker et de blackjack e ligne pour différents sites web spécialisés.
